Harry Dickson - Intégrale volume I

Jean Ray · Chapitre 24 sur 38

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Harry Dickson - Intégrale volume I

Chapitre 2: Grabowski, L’insaisissable

— Ah, voici le détective qui s’éveille ! s’écria Mr. Simpson et c’est, ma foi, une question bien sensée. Le coupable c’est moi… J’ai une admiration sans bornes pour l’auteur de Vanity Fair et j’ai fait exécuter cette statue pour ma propre joie. C’est la seule fois d’ailleurs que j’ai sacrifié à cette manie familiale.

— Qui est l’auteur de cette statue ?

— Un vieux bonhomme qui travaille pour différents mu-sées du genre. Grabowski est son nom et il habite une petite maison de Fashion Street, dans Mile End.

— Je voudrais que vous fassiez condamner la porte de ce musée, dit tout à coup Miss Hawthorne, et que la pous-sière de l’oubli fasse justice de toutes ces horreurs accumu-lées.

— J’y songe, répondit Mr. Simpson. Il ne riait plus.

 

CHAPITRE 2

 

GRABOWSKI, L’INSAISISSABLE

 

En toute autre occasion, Harry Dickson se serait rendu immédiatement chez le sculpteur Grabowski, pour essayer

– 280 – d’obtenir de ce spécialiste quelques détails supplémentaires. Pourtant, en cette circonstance il ne le fit pas. Quand ils eu-rent quitté Guilford Street, Tom et lui, le détective entra dans un cabaret de Lambs Conduit Street, connu pour ses liqueurs de marque et, coup sur coup, avala deux pleins verres de whisky.

Tom, qui connaissait la sobriété du maître, ne put s’empêcher de manifester une surprise quelque peu nar-quoise.

— Les figures de cire vous ont tapé sur le système, mon-sieur Dickson, se moqua-t-il.

Harry Dickson esquissa un sourire, qui se changea aussi-tôt en grimace.

— Peut-être… Mais il y a quelque chose qui me chif-fonne davantage et que je m’explique mal pour le moment. C’est un malaise mental qui m’a saisi en face de quelques-unes de ces atroces poupées. La recherche de l’horrible est trop marquée pour ne pas admettre quelque passion morbide de la part de l’ancien collectionneur. Cet homme s’est com-plu à évoquer des scènes de meurtres, de tortures et de bou-cherie humaine.

— C’est vrai, opina Tom avec un frisson. Le vieux Simp-son ne m’aurait rien dit qui vaille, si j’avais dû vivre au temps de sa calèche et de son cocher.

» Et, Maître, à propos de cet équipage, que pensez-vous de celui que nous avons vu de nos propres yeux, et qui enle-va à notre nez et à notre barbe la belle Miss Daisy World ?

— Je ne pense rien pour l’heure. Ma logique est en ré-volte. Pour le moment, je pense à Thackeray.

 

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— Cette figure, au moins, n’était pas effrayante !

— Oui… non, mais elle me rappelle…

Tout à coup, Harry Dickson laissa retomber lourdement son poing sur la table et son regard brilla.

— Crawford ! s’écria-t-il. J’y suis ! Vous rappelez-vous Abe Crawford, le médecin des pauvres de Commercial Road ?

— Qui disparut il y a quelque temps et que l’on croit avoir été assassiné par des rôdeurs de ce quartier mal famé ? demanda Tom Wills.

— Et que ses amis surnommaient Thackeray, pour sa ressemblance étonnante avec l’auteur de Vanity Fair ! Eh bien, Tom, en regardant la statue de cire, je ne sais pourquoi je ne songeais pas à l’écrivain, mais à une autre figure entre-vue jadis… À présent je sais : je pensais à Crawford !

Harry Dickson devenait nerveux et il entraîna son com-pagnon dans la rue.

— Rien, dans le maintien de la poupée peinte, ne me rappelait les poses favorites de Thackeray, ainsi que nous le représentent tableaux et gravures, mais j’ai vu ainsi le doc-teur Crawford, assis dans son fauteuil de consultation, quand toute la lie de Londres venait se faire soigner à l’œil chez ce savant philanthrope !

— À moins que Grabowski ne l’ait pris pour modèle, suggéra Tom Wills.

— Cette supposition est admissible, concéda Harry Dickson. Il faudra que j’aille lui rendre visite, mais aupara-

 

– 282 – vant je désire glaner quelques renseignements sur sa per-sonne.

Ils se firent conduire au British Muséum et furent immé-diatement introduits auprès du secrétaire général.

— Grabowski… Grabowski. Attendez donc, murmura le fonctionnaire en réfléchissant. En effet, cet homme a travail-lé pour nous à maintes reprises. Je vais faire venir Mallows, l’aide-conservateur qui doit avoir été le plus en contact avec lui. Moi-même, je ne crois pas l’avoir jamais entrevu.

Mallows arriva après un appel téléphonique et la même question lui fut posée.

— Damné Grabowski ! répondit Mallows en riant. C’est un bon ouvrier, c’est même un artiste. Il a quelques fois tra-vaillé pour nous, et nous en avons été très satisfaits. C’est à peu près tout ce que je puis vous dire à son sujet.

— Quelle sorte d’homme est-ce ?

Le visage de Mallows refléta une vive perplexité.

— À vrai dire, sir, je n’en sais rien ! Il a été chargé de faire quelques copies de groupes historiques, ici, et il s’en est parfaitement acquitté. Seulement il avait une manie : pen-dant les heures où il travailla ici, il ne voulut pas être déran-gé, disant qu’il avait un secret. Comme il était honnête, on l’a laissé faire. Je crois n’avoir jamais vu son visage… Non, ni les gardiens non plus. On lui avait donné un coupe-file pour aller et venir dans les galeries où il avait à faire, et ja-mais on n’eut à s’en plaindre. Je crois que c’est un homme d’âge ; lorsqu’il avait achevé un travail, un homme de peine arrivait, avec un véhicule quelconque, pour le livrer et pour

 

– 283 – toucher les honoraires, qui étaient toujours modestes, car Grabowski ne se montrait jamais bien exigeant.

Harry Dickson semblait mécontent et Mallows s’en aperçut.

— Je crois que c’est un homme d’âge, dit-il, pour l’avoir vu passer une fois, par un mauvais temps comme celui d’aujourd’hui, habillé d’un manteau luisant d’eau et presque complètement dissimulé sous un énorme parapluie.

» Mais vous pourrez obtenir de plus amples renseigne-ments sur lui en vous adressant au Founding Hospital. Je crois que, de temps à autre, il y prend des moulages pour le service des collections anatomiques.

— Va pour Founding Hospital ! conclut Harry Dickson.

Il ne desserra pas les dents pendant le trajet, mais son élève put voir à ses mains fébriles, aux rides de son front, qu’une sourde impatience le travaillait.

Or, l’interrogatoire qu’il fit subir à quelques membres du personnel de l’hôpital n’eut pas des résultats plus précis que celui de Mr. Mallows.

— Le plus souvent nous envoyons une lettre au domicile de Grabowski, quand nous avons besoin de ses services, ré-pondit le médecin-chef. Comme il travaille sur des sujets dé-cédés, il ne doit être présent qu’à la morgue. Allons voir le vieux Sam, qui préside aux lugubres destinées de l’asile des morts.

La morgue de l’hôpital était une salle ronde très mo-derne, et ne rappelant en rien les hideux réduits coutumiers. Un vaste frigorifique y entretenait une température polaire dans laquelle se mouvait un homme à l’aspect morose et dis-

– 284 – tant, que le guide présenta aux détectives comme le vieux Sam, garçon de salle et gardien des morts.

— Je ne lui ai jamais adressé la parole à votre Grabows-ki, grogna Sam, car ce n’est pas nécessaire pour le service. Je ne m’occupe pas de ce qu’il fait, parce que je n’en ai ja-mais reçu l’ordre. Je ne l’ai jamais vu que de dos, parce que je n’ai jamais été curieux de voir son visage. C’est tout ce que je sais.

Là-dessus, Mr. Sam tourna le dos et continua à vaquer à ses sinistres occupations.

— Vous ne tirerez pas davantage de Sam, dit le médecin, mais c’est déjà énorme. Je ne crois pas qu’il en ait jamais dit autant de toute sa vie ; il est devenu presque aussi muet que ceux qu’il a pour mission de garder !

Comme ils se retrouvaient sur le parvis de l’établissement, Tom Wills tira son maître par un pan de son manteau.

— Nous sommes ici à deux pas de Guilford Street, dit-il. Pourquoi ne retournerions-nous pas chez Mr. Simpson pour lui en demander davantage sur Grabowski ?

» Tenez, le voici qui s’apprête à monter en auto avec sa fiancée.

Le jeune romancier les avait vus venir, car il remit pied sur le trottoir et les attendit en souriant.

— Je n’ose pas vous demander si vous apportez déjà la solution du mystère, fit-il en leur tendant la main.

 

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— Je voudrais obtenir de vous un unique renseigne-ment, monsieur Simpson, dit le détective. Pouvez-vous me décrire Grabowski ?

— Grabowski, le mouleur de cire ? Mais… diable, c’est étrange ce que vous me demandez là ! Je n’ai jamais vu le bonhomme ! Cela doit vous étonner, mais que je vous ex-plique…

— Pardon, intervint tout à coup Miss Hawthorne, que je vous explique, moi ! C’est moi qui eus l’idée d’offrir la statue en cire de Thackeray au musée de mon fiancé, monsieur Dickson. Je travaille quelquefois au Founding Hospital, et c’est là que j’appris l’existence d’un mouleur de qualité. Je suis en assez bons termes avec le vieux Sam, le gardien de la morgue, le seul qui soit en contact avec le mouleur. Je lui fis part de mon désir.

» C’est bon, grogna ce vieil ours, vous aurez votre man-nequin. Et je l’ai eu. Ce fut Sam qui l’apporta à Guilford Street, et qui donna l’adresse de Grabowski, où je devais lui faire parvenir le chèque réglant ses honoraires. Depuis, mon fiancé a écrit à deux reprises à Grabowski pour lui demander de menus travaux de réparation, mais il n’a même pas dai-gné lui répondre.

 

*

* *

 

Dans Fashion Street, une des rues sans joie de Mile-End, se trouve une petite maison, qui diffère des monotones de-meures bourgeoises avoisinantes par son étage bas, ses gros

 

– 286 – murs de pierre de taille et le bout de jardin, clôturé par une grille de fer forgé, qui la précède.

Cet après-midi-là, un coin de rideau se souleva à l’étage et quelqu’un regarda dans la rue, toute bruissante de pluie. Quelqu’un qui aurait levé les yeux vers cette fenêtre n’aurait pu voir le visage aux aguets, mais bien une main maigre et jaune qui tremblait un peu.

Dans la rue, une automobile, roulant au pas, s’arrêta et deux gentlemen en descendirent, s’orientèrent un instant et se dirigèrent vers la maison.

Aussitôt, le rideau retomba et, au moment où les nou-veaux venus poussèrent la grille et tirèrent la sonnette, plus rien ne bougeait à l’intérieur.

Une autre auto arriva, tournant le coin opposé et deux hommes en descendirent à leur tour : Goodfield, le surinten-dant du Yard et un inspecteur.

Ils rejoignirent Harry Dickson et Tom Wills devant la porte close.

— On n’ouvre pas ? demanda Goodfield. Cela ne m’étonne guère. Les renseignements que j’ai pu glaner sur l’habitant sont pour le moins déconcertants :

» Grabowski est régulièrement inscrit à cette adresse depuis deux ans, mais personne ne se rappelle l’avoir jamais vu. Les voisins ne se souviennent même pas avoir jamais aperçu de la lumière aux fenêtres. Les taxes ont été réglées chez le receveur du quartier, très régulièrement, mais on ne peut dire comment ni par qui. L’employé comptable, croit que ce fut par lettre chargée.

 

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» Tout cela concorde avec ce que vous m’avez déclaré ce midi, monsieur Dickson. En tout cas, je me suis fait déli-vrer un ordre de perquisition en due forme.

» Puisqu’on n’ouvre pas, nous entrerons par nos propres moyens.

Le trousseau de clés apporté par l’inspecteur s’avéra suf-fisant pour faire fonctionner la serrure, sans qu’il fût néces-saire de la forcer.

La maison n’était pas grande : trois pièces au rez-de-chaussée, complètement nues ; quatre chambres à l’étage, meublées bien pauvrement.

Pourtant, ce n’était pas l’abandon complet : une propre-té relative régnait ; le lit semblait servir, les quelques usten-siles de cuisine étaient bien entretenus. Il n’y avait ni gaz ni électricité, mais deux bonnes lampes à pétrole encore à moi-tié remplies et un réchaud à alcool au réservoir garni.

La pièce qui paraissait servir de chambre de travail ou de bureau attira particulièrement l’attention des détectives, et de Harry Dickson en particulier.

Sur la longue table de bois blanc se trouvaient quelques échantillons de cire et une boîte de couleurs vives. Mais il n’y traînait pas le moindre bout de papier.

Harry Dickson examina le foyer, froid et noir, en retira une poignée de cendres friables.

— Voici des cendres de papier toutes fraîches ; il y a une heure à peine, c’était encore une feuille de papier bulle. Elle a été brûlée avec soin et puis réduite en menus fragments qui ne révéleront rien à l’examen le plus minutieux.

 

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Il se tourna vers Goodfield.

— Depuis quand vos hommes surveillent-ils la maison, Good ? demanda-t-il.

— Depuis midi, c’est-à-dire quelques minutes après avoir reçu votre coup de téléphone, fut la réponse.

— Et ils n’ont vu entrer ni sortir personne, n’est-il pas vrai ? Je regrette fort de n’avoir pas été immédiatement sur place… Ah ! un homme s’est trouvé tout près de cette fe-nêtre : voyez cette trace d’eau de pluie toute fraîche.

» L’homme était ici, il n’y a pas une demi-heure, sinon l’humidité se serait évaporée déjà. Reste à savoir où il se cache, ou plutôt comment il est sorti.

Aussitôt, l’exploration de la maison fut reprise avec une ardeur sans pareille.

Elle amena la découverte d’un grenier complètement vide et d’une petite cave où stagnait un pied d’eau.

Les policiers allaient se retirer bredouilles, quand Harry Dickson se pencha sur l’eau trouble du souterrain et se mit à la flairer.

— Cette eau est singulièrement lourde et fétide, dit-il tout à coup… Tiens qu’est-ce que cela ?

Il allongea la main et retira, flottant entre deux eaux, un gros morceau de journal, qu’il déplia aussitôt.

— Un Daily Express vieux de trois jours, murmura-t-il. Je suppose que l’habitant ne s’est pas amusé à l’y abandonner intentionnellement. Ah !… Je n’avais pas songé à cela… Ce serait rudement ingénieux.

 

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Il se tourna vers l’inspecteur qui assistait à la perquisi-tion.

— Je vois que vous portez des bottes, Morran. Veuillez patauger un peu dans ce bouillon et sonder les dalles du pied ; une grille, par exemple, ferait bien mon affaire !

— Une grille ? marmotta Goodfield. Pourquoi cela ? En-fin, Morran, faites ce que l’on vous dit… Mais une grille, pal-sambleu, je me demande ce qu’elle viendrait faire ici, encas-trée dans ces dalles noyées.

Il achevait à peine que Morran criait qu’il avait trouvé la grille !

Il plongea la main dans l’eau grasse, tâtonna quelque temps.

— Et voici un gros anneau… Je le tire ?

— Mais faites donc ! ordonna Goodfield.

Le policier fit un effort et, aussitôt, un gros bouillonne-ment naquit à ses pieds, créant un remous qui agita l’onde stagnante.

Celle-ci se mit à baisser immédiatement et, en quelques minutes, les dalles apparurent, puis la grille, qui recouvrait une ouverture carrée.

— Le mystère est éclairci pour ce qui est des allées et venues de l’habitant, déclara Harry Dickson. Par cette ouver-ture, nous entrons en communication avec les égouts de Londres. C’est-à-dire un fantastique monde souterrain où nous chercherons en vain le sieur Grabowski. Ce fragment de journal a été apporté par les eaux montantes, actionnées par

 

– 290 – un système de valves assez grossier, mais ingénieux tout de même.

— Irons-nous faire un tour là-dedans ? demanda Good-field, en considérant avec dégoût l’ouverture béante d’où montait une atroce odeur de moisi.

— Pour quoi faire ? Une promenade de plusieurs kilo-mètres sous Londres ? Inutile, déclara Harry Dickson. N’empêche que nous venons de faire une trouvaille d’importance :

» Grabowski est un personnage énigmatique qui ne dé-sire pas être connu ; ses raisons doivent donc être des plus louches. Ensuite, nous lui avons enlevé un abri, une retraite, car je suppose qu’il ne mettra plus les pieds dans une maison qu’il doit savoir surveillée à l’heure qu’il est…

Tout à coup Dickson se pencha sur la grille.

Il en retira un morceau d’étoffe boueuse qu’il se mit à examiner à la clarté de sa lampe électrique.

— Un morceau de soie… de la belle soie, murmura-t-il, et d’une couleur pas ordinaire, puisqu’elle présente toutes les couleurs de l’arc-en-ciel…

— L’arc-en-ciel ! s’écria Tom Wills, mais Daisy World le représentait précisément dans la revue de Drury Lane !

— Un bon point Tom, un gros bon point ! s’écria Harry Dickson. La pauvre fille aurait donc passé par ce bouge ? Aïe… Voici des taches que nos chimistes du Yard reconnaî-tront aisément : c’est du sang.

Un peu d’angoisse planait sur les hommes. Ils venaient de se souvenir de la riante apparition de la divette, de ses

– 291 – yeux lumineux, de son opulente chevelure blonde, de sa voix « toute en bonbons anglais, douce et aigrelette », de son rire espiègle, de l’adoration qui montait vers elle de la foule ac-courue chaque soir pour l’applaudir dans ses rôles.

— Du sang ! marmotta Goodfield. Cela sent le crime à dix pas.

— Un couteau qu’on essuie, dit Harry Dickson. En voici la trace : la lame est menue et très longue… J’y suis : un bis-touri !

Tout en parlant, le détective avait fait le tour de la cave et, soudain, ses compagnons l’entendirent rire ironiquement.

— La compagnie d’électricité pourrait faire un beau pro-cès en dommages et intérêts à l’habitant de cette maison ! s’exclama-t-il en déplaçant avec effort un gros moellon légè-rement en saillie sur le reste de la muraille. Voyez donc ! Ce bon Grabowski empruntait du courant à une canalisation ex-térieure.

Il montra deux minces câbles isolés, plongeant dans la muraille, et une prise de courant d’où partait un long fil aboutissant à une forte lampe, dite baladeuse.

— Je suppose que le véritable atelier de Grabowski était cette cave, dit-il. Électricité à discrétion et le tout-à-l’égout ! Aha !… La cachette dans le mur n’a pas tout révélé.

En effet, un second effort du détective amena de l’excavation une large dalle de marbre qui se rabattait comme une table.

— Une table de dissection ! s’écria Tom Wills avec hor-reur.

 

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