Harry Dickson - Intégrale volume I

Jean Ray · Chapitre 20 sur 38

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Harry Dickson - Intégrale volume I

Chapitre 4: L’incendie, le Monstre et le Parapluie

— Mais à vous entendre, maître, s’énerva le jeune homme, on dirait que vous saviez qui allait venir inspecter la maison !

— Oui, Tom, je le savais mais ce que j’ignorais, c’était sa retraite, donc celle de Cedar Street. Et ce que je sais aussi, c’est que l’homme qui est entré aujourd’hui dans le jardin de l’usine n’est pas celui qui a essayé d’y pénétrer la veille et l’avant-veille.

— Mais nous savons où il se trouve ! s’écria impétueu-sement Tom Wills.

— Et je crains fort que, malgré nos armes relativement faibles contre la chose qui est sortie de la nuit, nous n’ayons à l’y relancer, mon ami.

— Je veux y retourner, déclara fermement le jeune homme, même si tout l’enfer se trouvait réuni dans ce parc ! Maintenant, maître, avez-vous la moindre idée de l’homme que j’ai vu et suivi jusqu’à Cedar Street ?

— Certainement, c’est l’assassin que nous cherchons !

 

CHAPITRE 4

 

L’INCENDIE, LE MONSTRE ET LE PARAPLUIE

 

Tom Wills considéra son maître d’un air effaré.

C’était la première fois que la personnalité mystérieuse du criminel avait été mise en avant, depuis le début de cette troublante affaire.

 

– 220 –

Il allait répondre, quand soudain une vive émotion se manifesta parmi les derniers consommateurs de la terrasse et les rares passants à cette heure tardive.

On les vit tous lever la tête et regarder fixement du côté de l’ouest. Une brusque aurore y rougeoyait au-dessus des toits – et de seconde en seconde son éclat s’accroissait.

— Le feu ! Le feu ! cria-t-on de toutes parts.

— À quelle usine ?

Les incendies des filatures sont particulièrement violents et la première idée qui s’était emparée de la foule, c’est qu’une usine était en flammes.

— Quelle usine ? Mais il n’y en a pas de ce côté ?

Une stridente sonnerie éclata dans l’ombre et on vit l’autopompe municipale, toute flambante de cuivres frottés, traverser la place à vive allure. Une limousine la suivait à pe-tite distance.

Soudain, cette voiture ralentit et vint se ranger contre la terrasse du café où Harry Dickson et Tom Wills étaient assis.

— Dieu soit loué, Dickson… je vous ai vus installés ici ! Venez-vous ?

— Voir le feu ?

— Et quel feu ! On dirait que la ville entière est en flammes. C’est curieux, cet après-midi encore nous avons parlé de l’immeuble qui se trouve en ce moment être en proie à un incendie particulièrement étendu. C’est la maison Seagrave !

 

– 221 –

Tom constata à la crispation du visage de son maître que la nouvelle l’avait fortement ému. Ils s’engouffrèrent tous deux dans la spacieuse voiture qui prit aussitôt le large, écartant une foule accourant de tous côtés, à bruyants coups de klaxon.

— Comment cela s’est-il produit ! demanda le détective.

— Je ne sais si on pourra l’expliquer jamais. Le veilleur de nuit, Keans, qui se trouvait à l’angle de Cedar Street, a vu la rue brusquement s’illuminer. En même temps, il a aperçu une immense flamme s’élever au-dessus des murailles du parc. Il s’est mis à courir pour atteindre le poste télépho-nique le plus proche, ce qui est tout au plus à deux cents mètres. Il n’y était pas encore arrivé que le parc tout entier et une partie de la maison Seagrave n’étaient plus qu’un bra-sier. « Comme si on avait allumé une mer de pétrole à l’intérieur », tels sont ses propres mots.

On était encore assez loin du lieu du sinistre et déjà les rues étaient complètement embrasées de la rouge clarté. Malgré le roulement du moteur, on entendait à l’intérieur de la limousine le rugissement des flammes lointaines. La foule débouchait de tous côtés et devenait de plus en plus dense.

Enfin, ils furent dans les parages de l’incendie.

C’était sinistre et grandiose tout à la fois. Les murailles du parc semblaient être celles d’un four gigantesque, d’où d’énormes trombes de feu s’élançaient vers le ciel. Des mil-liards d’étincelles et de tisons enflammés voyageaient haut dans les airs. Une chaleur atroce tenait les spectateurs et même les pompiers à distance.

Ces derniers ne pouvaient que préserver les habitations voisines ; bien que celles-ci fussent encore à bonne distance

– 222 – du foyer, leurs façades et leurs toitures étaient brûlantes et l’eau des triples lances s’évaporait à leur contact.

— Il ne restera plus rien de toute l’habitation, murmura Mr. Sherwood en regardant d’un œil désolé les progrès de l’incendie.

Tom Wills se souvint que, quelques minutes auparavant, son maître et lui avaient décidé de faire une seconde incur-sion dans la place mystérieuse.

Il n’en souffla mot pourtant et regarda le détective du coin de l’œil.

Celui-ci avait quitté la voiture et, le dos contre la carros-serie, regardait la gigantesque marée de flammes et de fu-mée. Jamais son visage n’avait été plus impénétrable.

De l’autre côté de la muraille d’enceinte, on entendait le craquement des arbres dévorés par le feu : l’éclatement des troncs centenaires prenait des ampleurs de coups de canon.

— Que pensez-vous de cela, Dickson ? demanda Sher-wood… Malveillance ?

— N’en doutez pas, répondit le détective, cet incendie jaillit de plus de vingt foyers à la fois, et des foyers rudement bien préparés en effet.

— Que de choses en une semaine ! gémit le policier.

Il se tourna soudainement vers son ami, un éclair d’appréhension dans les yeux.

— Et… si toutes ces choses… se tenaient, Dickson ?

— J’en suis absolument convaincu, dit froidement le dé-tective.

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— Heu… et qu’en pensez-vous ?

— Chut, je ne pense rien, c’est-à-dire que je pense aussi peu que possible. Et puis il ne faudrait pas crier cela sur les toits !

Il fit signe à Tom Wills.

— Regardez donc si vous n’apercevez pas des figures de connaissance parmi les spectateurs, mon garçon.

— Baste, je connais à peine trois ou quatre personnes d’ici ! riposta avec insouciance le jeune homme.

— C’est bien pour cela que je vous le demande, Tom, tous les gens de Preston que vous connaissez ont de l’importance pour nous.

Tom comprit et fit à son maître un signe d’intelligence.

— C’est vrai, j’irai faire un tour dans la foule !

Cette dernière avait été repoussée assez loin du brasier par un cordon d’agents de police et de volontaires, vivement formé. La limousine du chef de la police s’isolait, non loin d’une pompe de secours qui envoyait d’inutiles jets d’eau dans cet océan de feu.

Tout à coup, un agent en bicyclette arriva en trombe.

— Le chef ! monsieur Sherwood ! hurlait-il hors de lui.

— Ici ! par ici… Que vous arrive-t-il, Waters ? cria Mr. Sherwood.

L’homme, violemment ému, resta un moment sans pou-voir dire un mot. Enfin il gémit d’une voix rauque :

— C’est hideux !

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— Quoi, mais quoi, parlez donc ! s’impatienta le chef.

— Derrière la muraille d’ouest, il y avait une petite pompe auxiliaire qui avait pris poste, actionnée par trois hommes. Le lieutenant des pompiers me pria de leur porter un ordre. Vu l’inutilité de leur présence en cet endroit, ils de-vaient prendre position à côté des autres appareils, au sud. J’y allai immédiatement et j’y vis la pompe qui n’était pas en action. Jugez de ma stupeur, Mr Sherwood en voyant les trois hommes couchés par terre. Je crus d’abord à quelque accident causé par l’asphyxie, car le vent rabattait pas mal de fumée de ce côté. Mais… c’est épouvantable, je regrette de l’avoir vu : ils n’avaient plus de tête ! Oui, chef, les têtes ont été arrachées du corps… entendez-vous, arrachées !

— Venez, Dickson ! hurla Mr. Sherwood hors de lui, en s’élançant au pas de course.

— Un instant, lui cria le détective, êtes-vous armé au moins ?

Sherwood fit volte-face d’un air mécontent.

— Naturellement, j’ai mon revolver !

— Pourquoi pas une sarbacane, mon ami ? Y a-t-il parmi vos hommes des gens armés d’un fusil ?

— Oui, les cyclistes !

— Dans ce cas, rappelez l’agent Waters.

Le chef connaissait trop Dickson pour ignorer que tout geste, toute parole du détective avait sa raison d’être ; il obéit et l’agent accourut à son ordre. Ils contournèrent le mur tout en restant à une distance respectueuse de la zone enflammée.

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La voiture-pompe était abandonnée au bord du trottoir et, à la terrible clarté de l’incendie, Harry Dickson et ses compagnons virent les dépouilles mutilées des infortunés sa-peurs.

— Waters a raison, balbutia le chef avec un recul horri-fié, les têtes de ces malheureuses victimes n’ont pas été cou-pées mais littéralement arrachées. Voilà un crime qui dé-passe mon entendement, et le vôtre aussi sans doute, Dick-son ?

— Pas tout à fait… À propos, Sherwood, où se trouve le square le plus proche de l’endroit où nous sommes ?

— Ce sont les West Gardens de Preston.

— C’est un peu loin, un kilomètre à vol d’oiseau, mur-mura le détective.

— Il y a un petit jardin public à deux cents mètres d’ici, un tout petit parc vieillot qui ne compte pas vingt arbres, si je puis prendre la liberté de vous le signaler, intervint l’agent Waters.

— Sont-ils grands, vos arbres ? demanda Harry Dickson.

— Quant à cela, oui, Sir, ils sont très vieux.

— J’espère qu’il n’y aura pas de noctambules attardés dans ses allées ?

— En tout autre moment ce serait certainement le cas, mais maintenant tout Preston regarde brûler Seagrave House, remarqua judicieusement l’agent.

— J’en suis bien aise, sinon le nombre de têtes arra-chées pourrait augmenter !

 

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— Dieu du ciel, que dites-vous là, Dickson ! s’écria Mr. Sherwood quelle bête infernale se trouve donc lâchée dans notre malheureuse ville ?

— J’espère que vous ne la verrez que lorsqu’elle aura deux ou trois balles de fusil dans la tête, répliqua gravement le détective. Donnez-moi votre fusil, Waters, et marchez der-rière moi, mais sans trop vous éloigner toutefois.

Ledit jardin public n’était pas loin. Ils avaient à peine fait quelques pas que ses arbres devinrent visibles, éclairés par le reflet des flammes furieuses.

Arrivé à son orée, Harry Dickson fit halte et regarda les hautes frondaisons avec appréhension.

— En aucun cas, n’avancez sous les arbres, ordonna-t-il à voix basse.

Dans l’air immobile de la nuit, les feuilles semblaient en zinc découpé, aucun friselis n’agitait les sombres ramures.

— Il faudra pourtant que je le décide à se montrer, grommela le détective.

— Waters, cria-t-il après un moment de réflexion, arra-chez quelques petits piquets de bois, faisant office de tuteurs à ces quelques jeunes arbustes que j’aperçois à nos côtés, et arrachez-moi également tout ce que vous trouvez sous la main d’herbes sèches sur la pelouse.

Sherwood regarda les étranges préparatifs sans mot dire, visiblement inquiet et ne comprenant pas.

Cela ne dura guère pourtant, car une clarté se fit en son esprit, quand il vit le détective assujettir de grosses poignées

 

– 227 – d’herbes sèches au bout des bâtons et enflammer son briquet à essence.

— Vous allez jeter des brandons dans les arbres ! s’écria-t-il.

— En effet ! Allez-y, Waters, comme si vous lanciez le javelot et plantez-moi cette flèche allumée en plein dans ce grand hêtre pourpre ! cria Dickson.

Le javelot enflammé partit en sifflant, décrivit une rouge parabole et s’enfonça dans la nuit des feuilles. On entendit un léger grésillement, mais ce fut tout.

— À recommencer, déclara le détective, essayez donc l’arbre voisin, Waters !

Une seconde lance de feu partit mais s’éteignit en tou-chant le but.

— Toute chose en trois, murmura Mr. Sherwood en voyant filer le troisième brandon.

Celui-ci était mieux envoyé et resta coincé entre deux branches sèches qui aussitôt prirent feu.

Une flamme commençait à se dérouler en une spirale rose quand, soudain, Waters poussa un cri d’épouvante.

— Là… là… oh, quelle chose effroyable !

Harry Dickson jura sourdement car seul l’agent avait en-trevu l’apparition.

Mais un violent craquement dans l’arbre les fit reculer et, en même temps, un sourd roulement de tonnerre éclata.

 

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— L’orage ! s’écria Mr. Sherwood, et le ciel est plein d’étoiles.

— Cet orage ne vise que nous seuls, gronda Dickson, re-culez, le voici qui s’approche. Attention !

Il était bien inutile d’avertir les policiers qui s’étaient tout à coup mis à courir en poussant des exclamations terri-fiées.

Sur une branche basse, une figure démoniaque venait de surgir.

Le reflet de l’incendie éclairait un masque d’épouvante, à la bouche démesurée, ouverte sur des crocs monstrueux, tandis qu’un regard de tigre couva le détective au moment où il levait son fusil.

À la même seconde, la monstruosité se ramassa sur elle-même pour bondir. Deux détonations éclatèrent et Dickson reçut une poussée en pleine poitrine qui l’envoya rouler à vingt pas.

Déjà, il fermait les yeux, croyant à sa fin proche, mais rien ne bougea. Il se remit sur pied, un peu meurtri par le choc.

Un corps trapu et velu gisait à quelque distance, secoué de spasmes hideux.

— Arrivez, cria le détective, la bête a son compte.

Sherwood et Waters approchèrent en hésitant.

— Seigneur, je ne savais pas que de pareilles créatures existaient sur la terre, frémit le chef de la police.

 

– 229 –

— C’est un orang-lord, expliqua Dickson en regardant avec horreur l’agonie du formidable quadrumane, un homme des bois de la mystérieuse forêt malaise…

— Et cela est venu à Preston ? gémit Mr. Sherwood.

— Avec quelques autres mystères de la maison Seagrave qui resteront à jamais des mystères, répondit Harry Dickson.

— Alors c’est lui l’assassin… balbutia Mr. Sherwood.

— Des trois pompiers ? Certainement !

— Non, non, des autres, vous savez bien !

— Allons donc, Sherwood, ne dites pas de bêtises, ripos-ta Harry Dickson, un orang-lord n’a besoin que de ses ef-froyables mains pour occire un homme : il ne lui faut aucun couteau pour leur ouvrir le ventre.

— Il faudra pourtant que je trouve l’homme responsable du séjour en notre ville de ce monstre criminel ! s’écria le po-licier.

— D’accord, mais en agissant de la sorte, vous aurez fait faire un rude pas à l’affaire !

— Cela se tient, hein ? triompha Mr. Sherwood. Et l’incendie et un tas d’autres choses… oui, oui, je comprends.

— Vous m’en voyez très heureux, cher vieux, dit Harry Dickson avec un peu d’ironie.

Puis, il se tourna vers Waters qui contemplait, médusé, l’affreuse dépouille de l’homme-singe.

— Vous ferez bien d’amener la petite auto-pompe de-vant ce square, Waters, dit-il, et d’envoyer quelques jets

 

– 230 – d’eau dans les frondaisons de ces arbres qui commencent à s’illuminer comme une fête foraine, nous avons assez d’un incendie dans Preston, pour aujourd’hui !

Une escouade d’agents cyclistes déboucha en ce mo-ment au tournant de la rue et reçut l’ordre de seconder Wa-ters dans l’extinction du nouveau feu et dans le transport des cadavres.

Harry Dickson et Mr. Sherwood revinrent sur les pre-miers lieux du sinistre.

Le feu continuait à y faire rage, et sa puissance s’accroissait visiblement ; personne ne dormait dans Preston cette nuit et, au-delà des cordons policiers, une foule énorme moutonnait, en proie à une vive émotion.

Le détective regagna la limousine et regarda la sombre cohue lointaine.

— Je serais curieux de revoir Tom, se dit-il, j’ai dans l’idée qu’il nous apportera quelque profitable nouvelle.

Quelque temps se passa encore, et enfin il vit une sil-houette familière se détacher du cordon des agents, parle-menter encore quelques instants et accourir à toutes jambes.

— Maître, s’écria le jeune homme, j’ai vu l’agent Waters et j’ai compris notre fuite de tout à l’heure dans le parc de Seagrave House !

— Oui, mon gars, le tonnerre que nous avons entendu n’est autre que le singulier bruit qu’émet le monstre que je viens d’abattre. On affirme que ce sinistre roulement serait provoqué par les poings de la bête en fureur, se frappant le torse avec frénésie.

 

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— Nous avons bien failli perdre la tête dans cette équi-pée, tout comme les infortunés sapeurs-pompiers !

— Au rapport, Tom, quelle connaissance avez-vous ren-contrée ? demanda tout à coup le détective.

— Attendez, j’ai vu d’abord quelqu’un qui n’était connu ni de vous ni de moi, mais qui a néanmoins attiré vivement mon attention. Imaginez-vous un petit homme brun, bizar-rement habillé, au regard fuyant et mauvais, qu’on ne s’attendrait pas à trouver à Preston.

— Vous me faites languir, vilain garçon !

— Un Javanais, maître !

Harry Dickson siffla et fit signe à Sherwood de s’approcher.

— Vous avez entendu ce que mon élève vient de dire, non ? Eh bien, il a vu un Javanais ! Je suppose qu’il essayait de se défiler dans la foule.

— Oh oui, son apparition fut brève comme un éclair, il a filé comme une couleuvre dans les hautes herbes.

— Je n’ai pas connaissance de la présence d’un pareil individu dans notre ville, déclara Mr. Sherwood, et il ajouta aussitôt avec désespoir : Pas plus de celle de ce damné orang-outang !

— Pardon, orang-lord, ce n’est pas tout à fait la même chose. Les naturalistes sont fort en peine pour le classer : homme ou bête ? Je crois qu’il tient des deux, surtout en ce qui concerne leurs défauts.

 

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— Demain, dit Mr. Sherwood, je ferai battre la cité pour retrouver le Javanais, c’était certainement le gardien de la bête infernale.

— Je ne le crois pas, dit doucement Harry Dickson.

— Et pourquoi pas ?

— Un souvenir de lectures scientifiques faites jadis, et même de quelques voyages que j’ai entrepris dans la jungle de Bornéo. Jamais, Sherwood, jamais entendez-vous, un orang-lord n’a été asservi par un indigène. Il affecte envers eux sinon la colère du moins un hautain mépris. Par contre, il y a d’autres créatures qui parviennent très bien à les domi-ner et à en faire en quelque sorte un serviteur.

— Vraiment ? Et qui donc ?

— Les blancs !

— Sapristi, s’écria comiquement le chef, et il ne manque pas de blancs à Preston !

— Je ne vous le fais pas dire ! répliqua Dickson en riant.

— En fait de visages connus, dit Tom Wills, je n’ai dis-tingué que celui de Mr. Pinchery.

Harry Dickson prit un air intéressé.

— Ce bon Pinchery s’est donc dérangé comme tout le monde pour voir flamber la maison Seagrave. Et dites-moi, Tom, comment était-il ?

— Mais, comme toujours, répondit Tom étonné, il n’y a rien de bien remarquable chez ce vieux birbe !

 

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