Harry Dickson - Intégrale volume I

Jean Ray · Chapitre 26 sur 38

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Harry Dickson - Intégrale volume I

Épilogue

— Pauvre Violet, sanglota Simpson. Je ne puis lui en vouloir. Elle était tout à fait sous la domination de l’autre.

— Grabowski ? demanda Harry Dickson. Celui-là je lui ai réglé son compte moi-même, d’un coup de revolver, au mo-ment où il étranglait Tom Wills.

— C’était son père, murmura Simpson.

 

ÉPILOGUE

 

— En fait, expliqua Harry Dickson, de fil en aiguille, je suis parvenu à apprendre que Miss Hawthorne était la fille d’un médecin de Liverpool, qui fut arrêté il y a quelques an-nées pour un crime sadique. Il avait assassiné un de ses pa-tients et, par un procédé connu de lui seul, avait donné à son cadavre toutes les apparences de la vie. Pourtant on recon-nut qu’il était complètement fou et, au lieu de le juger, on l’interna dans un sanatorium voisin de la ville.

» Il y a trois ans qu’il en disparut.

» Sa fille étudiait alors la médecine à Londres et était in-terne au Founding Hospital. Elle passa brillamment ses exa-mens de docteur. Mais elle était pauvre.

» Elle fut alors sans doute rejointe par son père. Elle le fit entrer à l’hôpital, où elle était employée, comme pro-secteur et comme gardien de la morgue.

 

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» Mais cela suffisait à peine à leur entretien, car la place de Sam était mal payée. Le docteur Hawthorne se rappela ses talents de sculpteur de cire.

» Mais les fous sont souvent singulièrement astucieux. Il fallait que Sam, le gardien, et le mouleur fussent des person-nages bien séparés. Grabowski naquit !

— Ainsi, demanda Tom, le docteur Hawthorne, le vieux Sam et Grabowski l’insaisissable étaient une seule et même personne ?

— Et le vieux Simpson également, grâce à un parfait masque de cire, mon garçon !

» Il découvrit que la petite maison de Mile-End, qui était très vieille, communiquait avec les égouts de Londres. Cela échauffa son imagination morbide et criminelle. Il entrevit de pouvoir se conduire en véritable homme des ténèbres. Et le coup final, ce furent les fiançailles de sa fille avec Mr. Simpson. Violet lui parla du musée de cires ! Il n’eut de cesse avant de l’avoir vu et ses parfaites connaissances des égouts de Londres lui servirent de nouveau.

» Founding Hospital n’est guère éloigné de Simpson House. Le fou repéra le boyau qui joignait leurs sous-sols et il les perfectionna.

» Une entrée condamnée, sous les dalles de la salle mor-tuaire dont il avait la garde, fut ouverte par lui et, grâce à un travail opiniâtre, il parvint en creusant et en maçonnant, à la faire communiquer avec le musée de cires.

« Et maintenant un terrible problème d’hérédité se pose : Je crois le résoudre en disant que la folie paternelle gagna la fille.

 

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» Ils résolurent de compléter cette collection de poupées par d’autres : des cadavres humains stérilisés, momifiés… Le vieil Hawthorne avait son secret !

Un secret… Était-ce seulement un secret ? Hélas !

» N’ai-je pas découvert que, vers 1830, à l’époque où le vieux Simpson devint le propriétaire du musée, beaucoup de personnes disparurent dans Londres ? Et, en examinant cer-taines poupées, Hawthorne ne découvrit-il pas que l’étrange vieillard avait, lui aussi, transformé en statues des cadavres d’hommes ?

» Je puis m’imaginer alors ce qui s’en est suivi. Haw-thorne a cru incarner l’âme démoniaque du vieil et sinistre amateur de cires. Dieu sait même s’il ne découvrit pas ses mémoires, car le musée ne possédait pas de mystères pour lui.

» Sa folie le poussa à refaire des gestes vieux d’un siècle. Il sortit le vieux carrosse, et l’attela d’un cheval qu’il mettait à l’écurie dans un des recoins perdus des égouts urbains, tandis que sa fille Violet, gagnée à sa folie, grâce à un masque accompli, devenait le cocher Smithers !

» Comment parvenaient-ils à attirer leurs victimes ? Mystère ! Les uns par l’appât de l’argent promis, les autres par la beauté de Miss Violet sans doute.

» J’ai trouvé sous le musée un petit hall secret où l’on trouvera pas mal de gens disparus, devenus d’immobiles poupées de cire : l’infortunée Daisy World en est !

— Mais, objecta Tom Wills, n’avez-vous pas déclaré lors de votre première visite que la voiture n’avait plus servi de-puis un siècle ?

 

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— Je vous l’accorde mon petit, mais je mentais. J’avais bien vu le contraire, je me gardais pourtant bien de le dire, prévoyant déjà le drame, et surtout me rappelant cet axiome de notre métier : Le silence est d’or !

 

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