Inevitable: Birth Of Love Tome 1 (Vol.1) (( New romance, New adult, sentimentale, contemporaine)) (French Edition)
Kipling
Mission Bay
San Francisco
Je passe la porte de mon appartement, situé à quelques pas de la baie de San Francisco en début de soirée. Ma journée de travail m’a paru extrêmement longue et pénible, conséquence des températures caniculaires qui s’abattent sur la Californie.
J’expire avec lassitude, jetant ma besace à terre en constatant le désordre qui règne ici. J’ai emménagé le week-end précédent et mes affaires personnelles jonchent encore le sol. Rien n’a trouvé sa place en ces lieux. Tous les soirs, je m’encourage silencieusement à déballer mes cartons et tous les soirs, je me laisse aller sur mon canapé de cuir blanc, éreinté de ces dures journées à bosser comme un forcené pour faire prospérer mon affaire. Pourtant, il me tarde de rentrer dans un endroit ordonné et aménagé à mon goût.
J’ai eu un véritable coup de cœur pour cet appartement qui a un très beau potentiel. Un ami, agent immobilier, m’en a parlé quelques semaines auparavant. Étant donné qu’il m’en a longuement vanté les atouts, je lui ai concédé de m’en faire la visite, et le moins que l’on puisse dire est que je n’ai pas été déçu de cette initiative.
Un appartement... Voilà le facteur déclencheur de ma rupture avec Vicky.
À la suite de cette première visite, j’ai pris contact avec ma banque pour connaître mes possibilités d’emprunts. Rapidement, ma conseillère m’a demandé si je souhaitais contracter ce crédit à mon nom et ma réponse a été d’un « oui » si naturel qu’il en était déconcertant... Oui, je voulais acheter seul, mais surtout, je voulais vivre seul, sans elle ! L’évidence était là et une multitude de questions se sont imposées à moi. Pourquoi me sentais-je mieux seul qu’avec elle ? Pourquoi après sept ans de vie commune, je n’avais toujours pas eu envie ni de la demander en mariage ni de lui faire un enfant ? La réponse était simple : Vicky n’était pas la femme avec qui je voulais bâtir mon avenir. J’ai fui cette vérité dans mon travail, car un peu lâchement, je n’ai pas osé pas faire ce premier pas qui conduirait à notre séparation.
Mais très vite, elle a perçu ce changement très net dans mon attitude et m’a contraint à une conversation qui est devenue vite houleuse. Elle m’a questionné sans relâche sur les raisons de mon soudain désintérêt pour elle, pour nous. Je n’ai pas tergiversé longtemps, et je lui ai exposé mon manque d’attachement. C’est ainsi qu’un lundi soir, j’ai été contraint de quitter notre petit appartement du centre de San Francisco pour m’installer temporairement à l’hôtel. Mon premier appel a été pour mon ami. Je me suis empressé de lui faire une proposition d’achat pour ce logement. Les anciens propriétaires étant pris à la gorge et donc, pressés de vendre, nous avons fait en sorte que la transaction se fasse au plus vite.
La sonnerie de mon téléphone m’oblige à rouvrir les paupières alors que le sommeil semble vouloir m’emporter. Je souris en constatant que l’appel provient de Riley. Je décroche.
— Alors, comment est l’eau ? je me renseigne, en la découvrant avec les cheveux trempés.
— Chaude, presque trop d’ailleurs.
— Et les cocktails ?
Elle rit.
— Délicieux.
— J’espère que tu n’en as pas abusé…
— Cette remarque est relativement déplacée de ta part, tu ne penses pas ?
— Dois-je te rappeler que tu te trouves à Cancún, ville balnéaire qui regorge de types venus pour faire la fête et profiter de jolies jeunes femmes dans ton genre ? Il faut que tu te montres prudente.
— Je ne suis pas seule. Vicky est là et Ty aussi.
— Où es-tu précisément ?
— Dans notre chambre. Ty est sous la douche et Vicky est..., elle marmonne, confuse.
— Riley ?
— Elle est au bar de l’hôtel...
Son attitude embrouillée me pousse à insister et découvrir ce qu’elle veut me cacher.
— Et qu’est-ce qu’elle y fait ?
— Elle prend un verre.
— Tu es réticente à m’en dire davantage. Pourtant quelque chose me laisse penser qu’elle fait bien plus que de boire un verre.
— Je ne sais pas. C’est étrange de parler de ça avec toi, Kipling.
— Je ne suis plus avec ta sœur. Je me moque qu’elle flirte ou encore qu’elle rencontre d’autres hommes. Je ne lui souhaite pas de mal, bien au contraire. Cela dit, pour ma part, notre histoire appartient bel et bien au passé.
— Je ne crois pas que ce soit son cas...
— Malheureusement, je n’y peux rien. Nous avons vécu sept ans ensemble. J’imagine que la séparation est dure à encaisser. Cependant, je ne pouvais plus continuer à jouer la comédie plus longtemps. J’avais envie d’avancer dans ma vie et ce n’était pas à ses côtés que je voulais le faire.
— Mais, c’est si soudain...
— Non, ma Chipie, ça ne l’est pas. J’ai vu mes sentiments pour ta sœur perdre leur intensité progressivement. J’ai naïvement cru que ça ne durerait pas, mais je me suis trompé.
— Pourquoi les choses se sont déroulées ainsi ?
— Je pense que j’aimais sincèrement Vicky, mais que ce n’était pas un amour assez fort, assez passionné, qui pourrait résister au temps, aux épreuves que la vie peut nous infliger au fil des ans.
— Alors, tu ne regrettes pas de l’avoir quittée ?
— Bien sûr que non ! Pourquoi me demandes-tu ça ? Riley, lui as-tu dit que nous nous parlions tous les deux ?
— Pas du tout ! Tyler est le seul à être au courant.
— J’imagine qu’il ne voit pas cela d’un bon œil.
— Pour être franche, il se questionne sur ce qui te motive, je ne vais pas te le cacher !
— Rien de plus que ce que je t’ai déjà dit : je tiens à toi et le fait que mon histoire avec Vicky soit finie ne change rien à ça.
Riley me remercie d’un sourire troublé.
— Es-tu encore au travail ?
— Non, je suis chez moi.
— Tu portes toujours ton joli costume...
— Je n’ai pas trouvé le courage de passer autre chose. Je suis mort.
— Tu devrais probablement te reposer.
— Ce serait bien. Le problème est que j’ai une quantité de cartons à déballer. Je ne cesse de repousser l’échéance, mais il va bien falloir que je m’y colle.
— Les joies de l’emménagement.
— Je dois refaire la décoration aussi.
— Ce qui doit être très compliqué pour toi vu que tu es architecte.
— Ce ne sont pas les idées qui manquent, mais le courage de les réaliser.
— Je pourrais t’aider si tu veux.
— Vraiment ? Tu ferais ça pour moi ?
— Je pense pouvoir me montrer utile. Avec Bree, ma colocataire, nous avons repeint notre appartement.
— Voilà un CV impressionnant. Je t’engage !
— Super ! Kip, Tyler vient de sortir de la salle de bains, je dois y aller. Nous allons dîner.
— Juste tous les deux ?
— Oui.
— OK ! Sois sage !
— Promis. À plus.
— À plus tard, mon amazone.
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