Inevitable: Birth Of Love Tome 1 (Vol.1) (( New romance, New adult, sentimentale, contemporaine)) (French Edition)
Riley
Pacific Heights
San Francisco
Le jour qui suit notre dîner aux saveurs japonaises, je dors tard. Il est plus de 11 h quand je me décide enfin à quitter mon lit. La maison est calme tandis que je grimpe les marches qui me conduisent au troisième étage. Je pénètre dans la cuisine et me sers un verre de jus d’orange frais que ma mère a dû presser ce matin. Je récupère une pomme dans la corbeille de fruits et croque dedans quand mon téléphone se met à vibrer près de moi. Je souris en découvrant l’identité de mon interlocuteur.
— Coucou !
— Je n’ai pas le droit à la vidéo aujourd’hui ?
— Je viens de sortir du lit.
— Et donc ?
— Donc, pas d’appel vidéo !
— Riley, Riley, Riley… Tu ne garderas pas ce secret bien longtemps, je peux te le garantir.
Je manque de m’étouffer avec mon fruit en entendant ces quelques mots qui ressemblent davantage à un avertissement qu’à une simple plaisanterie.
— Es-tu au bureau ? je l’interroge bêtement, afin de ne pas avoir à répondre à ses douteuses provocations.
— Malheureusement ! Je n’aurais pas été contre l’idée de faire la grasse matinée, moi aussi. Je t’ai dit de rester hier soir. Je me serais plus facilement laissé tenter avec toi dans les parages...
Je me racle la gorge afin de reprendre un peu de constance.
— Je ne crois pas que ça aurait été judicieux. Dois-je te rappeler que tu as un cabinet à faire tourner ?
— Tu n’es pas drôle, Riley ! J’ai beaucoup de travail et j’espérais que tu me donnerais la motivation nécessaire pour supporter cette dure journée de labeur. Que me reste-t-il ? Je ne peux même pas me consoler en me disant que je te verrais ce soir.
— On peut déjeuner ensemble, si tu veux ?
— Ma jolie amazone. Tu sais comment me parler...
— Je commence également à te connaître ! Je ne suis pas stupide, Kip. Tu ne m’as appelée que dans ce but. Tu es si doué et moi, tellement naïve que tu arrives à faire en sorte que ce soit moi qui le propose.
Je l’entends éclater de rire dans le téléphone.
— Je fais ce que je veux de toi !
— Sauf me garder à dormir, apparemment...
— Je ne m’avoue pas vaincu. J’ai encore des arguments à avancer avant de jeter l’éponge.
— Tu envisages qu’il soit possible que tu renonces ? je feinte d’être outrée.
— À dire vrai, j’ai pleinement confiance en mes atouts. J’attends simplement que tu sois prête à les entendre.
— Tu me vois comme une petite chose fragile qu’un rien effraie ?
— Absolument pas ! Cependant, je préfère y aller en douceur. Je n’ai pas envie de louper le coche.
— Je vais devoir me préparer si tu veux que nous déjeunions ensemble.
— Je m’occupe de réserver une table. Je t’envoie un message pour te dire où nous nous retrouvons.
— Entendu.
— À tout à l’heure.
— Bye.
**
Kipling m’a invitée dans un restaurant très charmant qui se trouve non loin de son travail. Nous avons vécu un agréable moment. Cependant, l’attraction entre nous devient de plus en plus vive et, à force de nous voir de façon aussi régulière, il ne fait aucun doute que nous aurons du mal à rester raisonnables bien longtemps. Kip a passé notre repas à me contempler, à me sourire, et ce genre d’attention me charme. J’ai tant rêvé de cet homme que j’aime passionnément, et voir son attirance pour moi accroître de jour en jour me comble de bonheur. Si je mets de côté les conséquences que cette vérité pourrait avoir sur ma relation avec ma sœur. Mon meilleur ami a sûrement raison : ne dois-je pas nous donner une chance de voir comment se déroulerait une histoire entre nous ?
Je me gare en bas de chez moi à l’heure. Tyler va arriver d’une minute à l’autre pour que nous nous préparions pour notre soirée. Avant de sortir de ma voiture, je prends mon téléphone et rédige un message à l’attention de Kip.
« Encore merci pour ce déjeuner. Tout était parfait. J’espère ne pas t’avoir trop distrait dans ton travail. Je ne voudrais pas que tu perdes ton cabinet parce que je monopolise tes pensées. »
Je ris tandis que j’appuie sur « envoyez ». Je sors de ma voiture et pousse la porte d’entrée quand j’entends sa réponse arriver.
« Je viens de mettre la clef sous la porte par ta faute. Toute mon imagination ne vise qu’à une seule chose, trouver le moyen de te faire passer la nuit avec moi... »
Je rougis face à l’écran de mon téléphone.
« Avec toi ?! Nous avions parlé de chez toi. Tu es extrêmement prétentieux ! »
« Un peu de prétention ne peut pas faire de mal ! Riley, sois prudente ce soir, s’il te plaît. »
« Promis. Travaille bien. Je t’embrasse. »
« Amuse-toi bien, ma chipie. »
Je viens de prendre connaissance de ce dernier message quand on toque à la porte. Je cours dans l’escalier et l’ouvre avec entrain.
— Coucou, je m’exclame avant d’embrasser bruyamment Tyler.
— Eh bien ! Tu es en meilleure forme qu’hier. Que t’arrive-t-il ?
— Disons que j’ai décidé de suivre ton conseil et j’en suis heureuse.
— Il était temps. Vous vous êtes envoyés en l’air ?
— Bien sûr que non ! On avance en douceur.
— C’est bien ! Profite de la vie, ma chérie. Elle est bien trop courte pour que tu te perdes ton temps.
Nous prenons alors la direction de ma chambre afin de nous habiller pour ce soir.
**
Tyler et moi avons dîné en ville avant de retrouver ses amis dans ce pub où nous avons rendez-vous, et ce moment échangé avec mon meilleur ami a été des plus plaisants. Je me sens détendue et particulièrement heureuse depuis que j’ai fait le choix de me laisser charmer par Kipling. Je sais à quel point mon attachement pour lui est tenace et sincère. Je prends beaucoup de plaisir à découvrir la teneur de ses sentiments à mon égard. Je n’oublie pas les mises en garde de Tyler. Il a parfaitement raison en me demandant de me montrer relativement méfiante. Après tout, Kipling vient de mettre un terme à une relation qui a duré sept ans, et son désir n’est peut-être pas de se relancer dans une histoire sérieuse aussi rapidement. Je dois donc garder à l’esprit que ses intentions sont charnelles. Et si cela s’avère exact, que dois-je faire ? Vivre l’instant le plus intensément possible ou tirer un trait sur notre idylle, refusant que Kip soit l’homme d’une seule nuit, alors que je le veux pour le reste de mon existence ?
Le Jamber Wine Pub est bondé à cette heure tardive de la soirée. Nous avons déjà eu l’occasion de venir dans cet établissement avec Tyler, je le trouve extrêmement sympathique. L’accès au pub se fait par la cour privative, cachée par une imposante façade en bois. Ici, de nombreuses tables sont positionnées au milieu de la verdure et des plantes. Un toit, en toile, décoré d’une dizaine de lumières colorées, donne un côté chaleureux et cosy à cette terrasse. Par chance, les amis de Tyler ont réussi à avoir une place dans ce bel endroit. La table où me traîne Tyler est occupée par pas moins de quatre hommes. Je me sens immédiatement bien seule et vraiment ridicule à l’approche de ces spécimens surdimensionnés, aussi bien en taille qu’en muscles.
— Salut, les gars, les salue Tyler tandis que nous arrivons à leur hauteur.
Les conversations cessent entre eux. Ils se tournent vers nous.
— Salut, ils nous accueillent en cœur.
Tyler pose son bras sur mon épaule.
— Je vous présente Riley…
— Enfin, s’écrie l’un des garçons. Fillette, il nous parle de toi sans arrêt.
Je ris.
— C’est vrai, me dit son voisin de droite. C’est ma chérie par ci, ma chérie par là.
— Bon, vous avez fini, râle mon meilleur ami. Riley, je te présente Dean, Cliff, Matt et Ethan.
Il m’indique ses amis tour à tour.
— Je suis ravie de vous rencontrer.
Ethan qui est le plus proche de moi tire la chaise libre près de lui.
— Installe-toi, Riley.
— Merci, je dis poliment, en acceptant sa proposition.
Mon nouveau voisin a un physique très avantageux, je dois bien le reconnaître. J’évalue son âge dans la vingtaine. Sa chevelure est blonde, comme celle de Tyler. Il a de grands yeux marron, une barbe de quelques jours et une peau caramélisée par le soleil de Californie.
Tyler, qui s’assit près de moi, nous commande à boire. En quelques minutes, la serveuse m’apporte mon cosmo et je commence à le siroter en écoutant les conversations de mes compagnons de soirée, jusqu’à ce qu’Ethan s’intéresse à moi.
— Alors, que fais-tu dans la vie ?
— J’étudie l’histoire de l’art.
— C’est une filière intéressante. Où en es-tu dans ton cursus ?
— Je viens de valider ma licence. J’entre en master.
— Cool ! Tu souhaites continuer après?
— Effectivement ! Je veux obtenir mon doctorat.
— Waouh ! Tu n’en as pas fini avec les cours…
Je rigole franchement.
— C’est le moins que l’on puisse dire. Et toi, que fais-tu ?
— Je bosse dans l’événementiel pour la ville de San Francisco.
— C’est bien ça ! Que fais-tu précisément ?
— J’organise surtout les concerts et les festivals.
J’écarquille les yeux en entendant sa réponse.
— Ethan, je t’en prie, dis-moi que tu t’occupes du prochain concert de Metallica.
— Tu es fan ?
— Comment ne pas l’être ? Ils sont géniaux.
— Ce n’est pas ce que j’écoute le plus, mais il faut bien avouer qu’ils sont bourrés de talent. Malheureusement, je ne m’en suis pas occupé, désolé.
Je hausse les épaules.
— Tant pis pour moi !
Très vite, bavarder avec Ethan devient d’une grande facilité. Il me raconte quelques-uns des plus importants concerts qu’il a organisés et je lui parle de ma vie d’étudiante à New York. Les minutes défilent au gré des verres qui s’enchaînent et des discussions qui vont bon train. Tyler m’a souvent présenté ses connaissances et, comme chaque fois, je ne suis pas déçue. Il a cette nature très sociable qui lui vaut d’être toujours très entouré. Moi, je suis plus solitaire. Lorsque lui ou Bree m’entraînent dans les fêtes qu’ils fréquentent assidûment, je n’ai pas de mal à m’intéresser aux gens autour de moi, à me fondre dans la masse, mais je ne cours pas après la popularité. Nous quittons le pub peu après une heure du matin. Dean et Cliff nous disent au revoir au pied du bar. Quant à Matt et Ethan, qui sont frères, ils nous accompagnent jusqu’au véhicule de Ty. Lui et Matt marchent quelques pas devant nous, alors qu’Ethan me tient compagnie.
— Je pourrais éventuellement te contacter si j’ai un concert susceptible de te plaire. Maintenant que j’en sais un peu plus sur tes goûts musicaux.
— Eh bien, je ne serais pas contre assister à un live avant de repartir pour Columbia alors, je ne dis pas non.
— Tu veux bien me donner ton numéro dans ce cas ?
— Bien sûr.
Il me tend son téléphone afin que j’y enregistre mes coordonnées et lui rend son portable une fois que c’est fait.
— Voilà !
Arrivé près de la voiture de Tyler, Ethan s’approche et m’embrasse pour me saluer.
— À très vite, Riley.
— À bientôt, Ethan.
Tyler m’ouvre la portière de son véhicule avant d’en faire le tour pour prendre place derrière le volant puis démarre.
— As-tu passé une bonne soirée ? s’empresse de m’interroger Tyler alors que nous roulons depuis quelques secondes.
— Une très bonne soirée ! Tes amis sont vraiment sympathiques.
— Tu as bien bavardé avec Ethan, non ?
— Exact !
— Et tu lui as donné ton numéro, me fait constater mon ami.
— Je t’arrête tout de suite ! Il doit voir s’il y a un concert qui pourrait me plaire avant que je ne parte pour New York, rien de plus.
— OK ! Tu dors à la maison ? J’ai la flemme de rouler jusqu’à chez toi.
— Pas de problème. J’avais prévenu mes parents que ça serait sûrement le cas.
Je reste silencieuse un moment, tapotant nerveusement sur ma jupe.
— Tu peux me dire ce qui te tracasse, fillette ?
— Tu crois qu’il est trop tard pour que je lui écrive un message.
— À Ethan ?
— Mais non, à Kipling.
Il rit de sa bêtise.
— Pourquoi veux-tu lui envoyer un SMS ?
— Seulement pour lui dire que je vais bien, que je rentre avec toi...
— Il doit probablement dormir, mais il le lira à son réveil et ça le rassura, j’imagine.
— Oui, tu as raison.
Je m’empare de mon portable et rédige mon message.
« Je suppose que tu dois dormir. J’ai passé une très bonne soirée, Tyler me ramène. Je reste chez lui cette nuit. Je t’appelle demain. »
À ma grande surprise, une notification arrive presque immédiatement.
« Merci pour ton message ! Je vais pouvoir dormir, l’esprit tranquille. Tu dors chez un autre homme alors que tu refuses de passer la nuit “ chez moi ” ? Je ne sais vraiment pas comment je dois le prendre... J’attendrais ton appel avec impatience. Je t’embrasse mon amazone. Fais de beaux rêves. »
« Je suis impardonnable. Je te téléphone à mon réveil et toujours pas en vidéo. Toi aussi, fais de beaux rêves. »
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