Inevitable: Birth Of Love Tome 1 (Vol.1) (( New romance, New adult, sentimentale, contemporaine)) (French Edition)

Riley

 

Mission Bay

San Francisco

 

Assise autour de la table de bar qui se trouve dans la cuisine de Kipling, je fais courir mes doigts sur le rebord de mon verre tout en contemplant mon hôte en pleine préparation de notre dîner. Je souris en le voyant chercher de manière hasardeuse les ustensiles et autres ingrédients qui lui sont nécessaires.

— Ce n’est pas toi qui as organisé tes placards ? je me moque gentiment.

Il lève ses jolis yeux guillerets vers moi.

— Chut ! Ce n’est pas très aimable de ta part de rire de moi.

— Certainement, ça n’en est pas moins drôle.

— Veux-tu que je te serve un autre verre ?

— Non, merci. Ce ne serait pas raisonnable. Je dois conduire pour retourner chez moi.

— Tu peux toujours rester ici, me dit Kip, avec une grande assurance.

Je sens une vague de chaleur me parcourir et semer sur son passage de fines particules moites au creux de mes seins ainsi que le long de ma nuque devant la perspective de dormir chez lui.

— Je doute que ce soit une bonne idée.

— Comme tu voudras.

Après quelques secondes d’un silence pesant, il se racle la gorge et reprend la parole.

— Alors, prévois-tu de retourner au stade avec ton père dans les prochaines semaines ?

— Il nous a acheté des billets pour le match qui aura lieu dans quinze jours.

— D’accord. Et comment va-t-il ?

— Il est en forme. Il s’entraîne comme un fou pour son marathon.

— Je me souviens qu’il m’en avait parlé. C’est pour bientôt, non ?

— À la fin de ce mois.

— Il le fait avec ton oncle, c’est ça ?

— Tout à fait. Il m’a proposé de le faire avec eux, il a perdu l’esprit…

— Je ne vois pas pourquoi. Tu es parfaitement capable de faire ce marathon et je pense cette initiative excellente. Tu devrais le faire.

— Inscris-toi, « Monsieur, je trouve cette idée géniale », je marmonne un peu vexée qu’il m’exhorte à accepter l’offre de mon père.

Une nouvelle fois, il porte son regard vers moi.

— Tu as toujours mauvais caractère à ce que je constate.

— Excuse-moi ! Je n’ai jamais eu un sale caractère…

— Tu es boudeuse quand même.

— Je trouve ton jugement un peu catégorique.

— Je ne vois pas ça comme un aspect de ta personnalité vraiment insupportable. Cela alimente cette part de mystère que j’apprécie chez toi.

— Je n’ai pas l’impression d’être mystérieuse.

— Si, je t’assure ! Ce n’est pas une mince affaire de deviner ce qui se passe dans ta jolie petite tête.

— Il n’y a rien à comprendre.

— Je suis persuadé du contraire.

Je l’observe curieusement quand il abandonne le plan de travail pour venir se positionner face à moi et prendre appui sur la table.

— Je suis convaincu que tes grands yeux cachent de jolis secrets, il me dit, en les scrutant avec insistance comme s’ils allaient soudainement se révéler à lui.

— Je t’assure que tu te méprends. Je suis juste Riley.

— Et rien que ça te rend incroyablement intéressante « juste Riley ».

Entre sa façon de me contempler, son sourire charmeur, l’intonation de sa voix outrageusement sensuelle et bien sûr, le fait que je suis totalement amoureuse de cet homme, je me retrouve avec le cœur tambourinant dans ma poitrine et la gorge ravagée par la sécheresse qui découle de mon excitation grandissante.

— Euh… je balbutie péniblement. Je veux bien un autre verre...

Un rictus passe furtivement sur ses lèvres avant qu’il s’empare de mon verre. Je reçois le bref contact que son geste crée entre nous comme un éclair en pleine poitrine.

— Il n’y a qu’à demander.

En quelques secondes, j’ai un nouveau mojito dans les mains.

— Merci.

— Merci à toi. Je suis très heureux que tu sois là.

J’avale une gorgée de mon cocktail tandis que Kipling retourne à la préparation de notre repas.

— Parle-moi de ta vie à New York.

— Il n’y a pas grand-chose à en dire.

— C’est bien ce que j’avance : tu es un livre ouvert, il m’asticote gentiment.

— Je ne sais pas tellement quoi t’apprendre.

— Tu vis en colocation dans un logement universitaire, c’est ça ?

— Oui, avec Bree. C’est une fille gentille et assez drôle.

— La cohabitation se passe bien ?

— Très bien, même. Nous nous entendons à merveille sauf pour le respect des horaires, c’est une vraie catastrophe.

— J’en déduis que tu aimes la ponctualité.

— Je déteste attendre et malheureusement, c’est régulièrement le cas avec Bree. Mais sinon, elle est super !

— Tant mieux. Et tu sors souvent ?

— Bree s’arrange toujours pour m’embarquer dans des plans loufoques, mais j’ai un emploi du temps relativement chargé entre mes cours et mon job.

— Tu travailles ? Que fais-tu ?

— Rien de palpitant. Je sers des cafés dans un Starbucks pour me faire un peu d’argent. Ainsi, je vis moins aux crochets de mes parents. Ils déboursent déjà des sommes importantes pour mes études et mon logement.

— C’est très honorable de ta part.

Je porte une nouvelle fois ma boisson à ma bouche.

— Attention ! Je vais devoir t’allonger dans mon lit si tu continues à boire de la sorte.

Je manque de m’étouffer avec le contenu de mon verre. L’alcool me brûle la gorge sur son passage pendant que Kipling s’amuse du déplorable spectacle que je lui offre. Encore une fois, je me tourne en ridicule devant lui. Je me sens m’empourprer de nouveau.

— Je crois que je n’avais pas réalisé à quel point tu m’avais manqué, Riley.

— C’est long quatre ans…

— Beaucoup trop ! Tu n’as pas intérêt à te sauver sinon, je viens te retrouver moi-même à New York.

— Je ne veux plus disparaître.

Il devient subitement très sérieux.

— Tu as enfin trouvé ce que tu étais parti chercher à l’autre bout du pays ?

— Il n’y a rien que je désire là-bas, tout ce qui est nécessaire à mon bonheur est ici même.

— Alors, pourquoi cette absence ?

— Peut-être que j’espérais revenir assez forte pour assumer mes choix et donner la bonne direction à mon avenir.

Il glousse.

— Et après, elle ose me dire qu’elle n’est pas énigmatique...

Je rigole avec lui.

— Il est important de garder une part de secret, tu ne crois pas ?

— D’ordinaire, je serais d’accord avec toi.

— D’ordinaire ?

Il pose ses mains sur le plan de travail avant de me jauger avec une troublante intensité.

— En ce qui nous concerne, je n’aime pas l’idée que tu aies des secrets pour moi et je n’ai pas envie d’en avoir pour toi. Je ne saisis pas bien pourquoi, mais c’est ce que tu me fais éprouver depuis le soir où je t’ai revue au stade. Tu es partie, tu nous as laissés et je n’ai jamais su pourquoi. Aujourd’hui, j’ai la sensation que je dois te percer à jour pour m’assurer que tu ne le feras plus. Je ne le supporterais pas. Te retrouver a été une grande joie et je ne veux pas que tu coupes court à mon bonheur.

 

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