Inevitable: Birth Of Love Tome 1 (Vol.1) (( New romance, New adult, sentimentale, contemporaine)) (French Edition)
Riley
Mission Bay
San Francisco
Voilà enfin le week-end ! En ce samedi matin, je me rends chez Kipling où nous devons débuter les travaux d’aménagement pour son nouvel appartement. L’idée de passer les deux prochains jours en sa compagnie m’enchante.
C’est en chantonnant que je franchis le pas de sa porte. Comme je m’en doute, je le trouve dans son salon qu’il a partiellement vidé. Les meubles restants ont été recouverts par des bâches de protection.
— Coucou !
— Coucou, mon amazone !
— Eh bien, tu as bien bossé ce matin.
— Eh oui !
Il observe avec attention la tenue que j’ai revêtue pour l’occasion. Un sourire se dessine sur ses lèvres.
— Jolie salopette.
— Merci. On s’y met ?
— Nous pourrions prendre un café d’abord…
— Nous n’avons même pas commencé que tu souhaites déjà faire une pause ? je lâche, dépitée.
— Le fait que tu arrives seulement maintenant ne veut pas dire que ma journée vient de débuter. Tu l’as dit toi-même, j’ai bien travaillé ce matin.
— Bon, bon, d’accord ! Allons prendre un café !
Kipling me rejoint et passe son bras sur mes épaules avant de m’attirer dans la cuisine.
— Merci de venir m’aider.
Il dépose un baiser sur ma tempe.
— Ça me fait plaisir.
**
Finalement, notre journée à réaliser ses travaux de décoration se passe à ravir. Nous avançons relativement vite dans la peinture des murs du salon et cette activité s’avère plus amusante avec Kipling. L’ambiance est joviale et complice entre nous et je prends beaucoup de plaisir à me rapprocher de lui. Je l’ai trouvé un peu perdu dans ses pensées à mon arrivée. Il est resté très silencieux quand nous avons bu ce café dans la cuisine. J’ai donc fait un pas vers lui et déposé un baiser sur sa joue, et je lui ai demandé ce qui le tracassait. Pour toute réponse, il m’a pris dans ses bras et m’a gardé contre lui quelques instants avant que nous nous mettions au travail.
Assise sur le sol, je m’applique à peindre les bords quand Kipling m’interpelle depuis le haut de son échelle.
— Quoi ?
— Tyler et toi vous discutez vraiment de tout ?
— Oui. Pourquoi me demandes-tu ça ?
— Tu lui as parlé de moi ?
— Effectivement, mais je te l’ai déjà dit.
— Mais lui as-tu parlé de nous ?
— Kip, où veux-tu en venir exactement ?
— Que pense-t-il du fait que notre relation est ?
Je ris sous cape en entendant son hésitation dans sa voix. Ce n’est clairement pas dans ses habitudes de se montrer si incertain, et son manque d’assurance est assez cocasse.
— Évoluée ? je dis pour voler à son secours.
Il me remercie d’un sourire tendre.
— Il n’en pense rien de mal. Selon lui, je dois vivre les choses comme je le désire. Tyler n’est pas du genre à juger les gens.
— Je vois.
— Peut-être devrais-tu appliquer tes propres conseils et suivre ton instinct !
— Tu as probablement raison.
— Je peux me remettre au travail, c’est bon ?
— Ce n’est pas de ma faute si tu n’es pas capable de faire deux choses à la fois, il se moque.
— Est-ce bien prudent de ta part de me provoquer alors que tu es perché sur ton échelle ?
Il rit avant de se remettre à l’œuvre. J’en fais de même.
Ce n’est qu’en début de soirée que Kipling m’invite à arrêter afin que nous mangions un morceau. Il nous commande un repas au traiteur chinois tandis que j’entreprends d’ordonner notre chantier.
Quand le livreur nous apporte notre dîner, j’ai l’estomac dans les talons. Je m’empresse donc de déballer le contenu de notre sac et dresser nos assiettes. Kipling lui s’active à nous ouvrir une bouteille de vin.
— Tu me parais très fatigué, je lui dis, alors qu’il remplit deux verres.
— J’ai pas mal de boulot et c’est difficile de trouver le temps de souffler.
— Ce n’était peut-être pas le moment opportun pour nous lancer dans ces travaux.
Kip s’approche et m’embrasse dans le cou.
— Mais bien sûr que si. Tu as eu raison de me pousser à le faire. Sinon, tu serais revenue l’été prochain et tu aurais trouvé mon appart dans le même état…
Je ne relève pas son allusion à mon retour à San Francisco l’année suivante, car il me rappelle que je ne suis ici que pour quelques semaines. Pour le moment, je veux vivre cet été avec insouciance et mon départ pour New York est la dernière de mes préoccupations. Cela dit, je me demande si cette réflexion n’est pas une indication sur la raison qui l’a rendu pensif toute la journée. Nous nous sommes vus la veille au soir et je ne l’ai pas trouvé si songeur. Qu’a-t-il pu se passer depuis pour qu’il soit subitement si taciturne ?
— Je me rends compte que c’était très égoïste de ma part de m’absenter si longtemps. J’aurais dû faire l’effort de revenir plus souvent. Ce n’était pas bien d’agir comme je l’ai fait.
— Tu sais que la disparition de ma mère a été difficile à surmonter pour moi. J’aimais passer du temps, près toi et de ta famille. Ça m’aidait à retrouver un peu de cet esprit familial que sa mort a emporté avec elle. Depuis son décès, mon père est cloisonné dans son malheur. Je n’ai pas seulement perdu ma maman, j’ai perdu mon foyer. Votre présence à tous m’a été très précieuse. Tu as toujours su me faire rire et ces petits instants que nous avons partagés tous les deux étaient vraiment importants pour moi…
Je fais un pas vers lui et pose ma main sur sa joue afin de le forcer à me regarder. Ses yeux sont remplis d’une profonde tristesse que je n’avais jamais décelée chez lui. Sa soudaine vulnérabilité me frappe violemment et un besoin viscéral de l’apaiser s’anime en moi.
— Kipling, est-ce que tu m’en veux d’être partie.
Il l’admet d’un mouvement de la tête tandis qu’une larme lui échappe
— Je n’avais pas réalisé que c’était le cas jusqu’à ce que tu reviennes. Ne va surtout pas penser que je suis en colère après toi. Ce n’est pas ça ! C’est très compliqué. Je ne comprends pas moi-même ce qui m’arrive depuis que je t’ai retrouvée. J’ai cette douloureuse impression que tu m’as laissé sur le bord de la route, que tu nous as volé du temps en partant.
— Du temps pour quoi ?
— Pour que nous en arrivions là où nous en sommes maintenant peut-être...
Il expire longuement.
— Je ne sais pas, c’est si confus dans mon esprit. Je ne m’attendais pas à vivre ça avec toi.
— Je ne me sauverai plus comme ça a été le cas. Je t’en fais la promesse. Je regrette que mon départ t’ait été pénible, mais j’en avais vraiment besoin. Aujourd’hui, je suis là et je ne vais pas t’abandonner.
— Je viendrais te chercher si ça se produit, tu as ma parole !
Je ris avant de l’embrasser avec douceur.
— Ne me tente pas ! L’idée de te voir débarquer à New York et me mettre de force dans un avion est séduisante. Je vais avoir du mal à résister…
OceanofPDF.com