Inevitable: Birth Of Love Tome 1 (Vol.1) (( New romance, New adult, sentimentale, contemporaine)) (French Edition)

Kipling

 

Mission Bay

San Francisco

 

Je traverse les rues de San Francisco à une allure qui frôle aisément les limites de l’illégalité tandis que je regagne mon domicile où m’attend déjà ma jolie Riley. Elle vient de m’envoyer un message pour me prévenir qu’elle patiente sur mon parking. Ce serait mentir que prétendre que son appel ne m’a pas surpris. Son attitude de la veille m’a clairement fait comprendre qu’elle ne peut envisager notre relation sous un jour bien différent, plus intime, et cela m’attriste vraiment. Je ne lui en veux absolument pas. Sa situation est des plus délicates. Cependant, je le supporte très mal, car je vois bien dans son regard cette pointe de malice, ce tourbillon de désir qui m’emporte avec lui. Je ne la laisse pas indifférente et, même si cette réalité est des plus surprenantes, compte tenu du fait qu’il s’agit de Riley, de ma chère petite Riley. C’est une évidence que nous pouvons rejeter, ni l’un ni l’autre. Je ne peux nier que cette belle adolescente que j’ai connue est devenue une femme séduisante et captivante.

Je m’engage sur le stationnement de mon immeuble et repère immédiatement sa voiture. Elle est adossée contre sa portière. Je me gare derrière et sors prestement. Je comprends alors qu’elle est au téléphone. Je m’approche.

— Couc…,

Je ne peux finir ma phrase, ses doigts fins viennent se presser contre mes lèvres. Elle les fait courir doucement sur ma bouche tandis que nous nous regardons tendrement.

— Non, je sors avec Ty, demain soir. Oui, si tu veux. Un ciné, ça me branche bien. OK ! Je t’appelle demain. Moi aussi, je t’aime.

Elle raccroche et ses jolis yeux se voilent de tristesse.

— C’était Vicky.

— OK !

Nous nous jaugeons un instant puis elle m’embrasse délicatement sur la joue.

— J’espère que tu as faim. J’ai dévalisé le restaurant japonais, me dit Riley, avec amusement, en agitant le sac qui contient notre repas devant moi.

— J’ai une faim de loup.

Je passe devant elle, en capturant sa main par la même occasion. Elle se laisse guider jusqu’à mon appartement. Une fois chez moi, elle fonce directement dans la cuisine. Je la suis.

— J’ai pris du vin blanc. Peux-tu ouvrir la bouteille s’il te plaît ?

Je la récupère et m’active à m’acquitter de la tâche qu’elle vient de me confier.

— Alors, qu’as-tu fait aujourd’hui ?

— Je suis sortie avec Ty. Nous avons fait les boutiques.

— Et tu as fait des trouvailles intéressantes ?

— C’est surtout Tyler qui avait besoin de se vêtir. Nous avons une soirée demain avec quelques-uns de ses amis et visiblement, il veut être élégant.

— Qu’allez-vous faire ?

— Boire un verre à ce qu’il m’a dit.

— D’accord.

— Je pense que l’on peut passer à table.

— On pourrait aller sur le balcon, qu’en dis-tu ?

— Que c’est une très bonne idée !

Les mains chargées de notre repas, nous avançons jusqu’à la terrasse où l’on s’installe pour déguster nos sushis.

— Merci pour ce dîner.

— Il n’y a pas de quoi.

Après avoir avalé quelques bouchées, je m’affale sur le canapé de jardin, mon verre de vin à la main. Je l’observe tandis qu’elle mange avec appétit.

Du bout des doigts, je viens flatter son bras dénudé et cette caresse a l’effet escompté. Elle se tend légèrement à mon contact, ce qui me fait sourire. Je l’attire autant qu’elle m’intrigue et plus nous passons de temps ensemble, plus il lui est difficile de me le cacher. Est-ce pour cette raison qu’elle s’est montrée si catégorique hier soir ? Selon elle, je serai toujours l’homme qui a vécu des années durant en couple avec sa sœur aînée, mais qui cherche-t-elle à convaincre avec ses paroles ? Elle ou moi ? Je comprends parfaitement l’aspect délicat de sa situation. Vicky et elle sont très proches. Même la distance n’a pas altéré leur complicité, et je la mets dans une position litigieuse. Si Vicky a encore des sentiments pour moi, tout cela n’arrange pas nos affaires.

— Donc, tu n’es pas libre demain et après-demain ?

— Oui, c’est ça.

— Je vais devoir attendre deux jours pour te revoir, c’est ce que tu es en train de m’expliquer, je lui dis très sérieusement pour la bousculer un peu.

Je désire tellement qu’elle se révèle à moi, qu’elle se montre charmeuse et joueuse comme elle peut l’être quand elle se laisse aller à la séduction.

— Il faut être réactif, monsieur Baker. Si mes soirées sont prises, c’est probablement que tu n’as pas su te les approprier en temps voulu.

Je glousse en l’écoutant.

— Donc oui, je ne serai libre que dans deux jours.

— Et puis-je espérer que tu m’accordes les suivantes ?

— Les suivantes ?

— Sans exception !

— Ma famille va finir par se demander si je suis vraiment revenue à San Francisco…

— Je peux consentir à une soirée sur deux, même si l’idée de te partager ne me plaît absolument pas.

— Merci de te montrer conciliant. J’apprécie.

— Je n’ai pas l’intention d’en prendre l’habitude.

— Ah non ?

Elle se risque enfin à une œillade dans ma direction et son regard à cet instant pétille de malice.

Je secoue la tête en souriant.

— Et c’est entièrement de ta faute !

— De ma faute ? elle s’insurge. Mais je n’ai rien fait…

— Rien de mal, je te l’accorde. Tu es juste Riley, mais tu vois, ça suffit amplement à devenir très vite dépendant.

Ses yeux se dérobent soudainement ce qui me fait rire.

— Ne change surtout pas. Tu es parfaite telle que tu es et c’est un vrai bonheur d’être près de toi.

— Je n’ai pas envie d’être différente, encore moins avec toi.

Je me redresse légèrement et dépose un baiser sous son oreille.

―Je vais nous resservir du vin, je la préviens, en prenant nos verres.

— Merci, Kipling.

 

OceanofPDF.com