Inevitable: Birth Of Love Tome 1 (Vol.1) (( New romance, New adult, sentimentale, contemporaine)) (French Edition)

Riley

 

Nob Hill

San Francisco

 

L’établissement de restauration gastronomique où travaille Tyler se trouve sur Pine Street dans le quartier de Nob Hill au nord-est de San Francisco. Je suis sciemment venue en fin de service. Ainsi mon meilleur ami sera plus disponible pour bavarder avec moi. Avec la période estivale, il est évident qu’il n’aura pas un instant à m’accorder si je me présente pour le voir pendant le rush du déjeuner. À mon arrivée sur place, il m’invite à m’installer à la terrasse du restaurant. Celle-ci compte une bonne dizaine de tables et la plupart sont libres en ce début d’après-midi. Je profite de l’ombre naturelle qu’offre l’imposant palmier dressé en son centre.

Je sirote mon verre de thé glacé, commandé un peu plus tôt auprès de l’un des serveurs, quand Tyler arrive enfin. Il dépose un baiser sur mon front avant de s’asseoir sur la chaise en rotin voisine de la mienne.

— Comment tu vas, fillette ?

— Pas trop mal...

— Houla ! Ton rencard avec Kip ne s’est pas passé comme tu l’espérais ?

— Eh bien, ça n’avait rien de romantique donc je suppose que si.

— Alors, quel est le problème dans ce cas ?

— Je ne sais pas. Je crois que Kipling envisage les choses différemment entre nous…

— Je te l’avais dit !

— Mais, je lui ai fait plus ou moins comprendre que ce ne sera jamais possible de le considérer autrement que comme le copain de Vicky.

— Riley, souffle Ty désespérément. Tu te rends compte que ce mec, dont tu prétends être folle amoureuse depuis des années, est prêt à tenter sa chance avec toi et tu le repousses !

— Je ne peux pas faire ça à Vicky, je me lamente. Comment pourrait-elle comprendre que nous puissions être ensemble Kip et moi ?

— Il y a un vrai risque qu’elle le vive mal, c’est une réalité. Mais si ton amour pour lui est si fort, tu te dois de prendre ce foutu risque !

— Ty…

— Je te connais par cœur. Pour toi, le fait qu’il soit possible que tu puisses être à l’origine de la souffrance de ta sœur, c’est tout bonnement impensable. Tu es bien trop altruiste. Tu feras toujours passer les sentiments des autres avant les tiens, quitte à te rendre malheureuse. Seulement, on parle d’un mec dont tu n’arrives pas à te détacher, là !!

Je sens deux larmes rouler sur mes joues.

— Tu viens de vivre quatre ans loin de tout le monde pour tenter de l’oublier et tu n’y es même pas parvenue ! Comment envisages-tu les choses pour toi maintenant ? Tu vas renoncer à cet amour ?

— Je n’ai fait que de le fuir. Il est peut-être temps que j’essaie vraiment de passer à autre chose, que je donne une nouvelle direction à ma vie. J’ai fait une erreur en acceptant de me rapprocher de lui. Ce week-end, je dois l’aider dans son appart, mais après ça, je ne le reverrai plus !

— Tu fais une connerie, fillette ! Vis ton histoire avec ce mec, vois ce que ça donne. Peut-être te rendras-tu compte que tu l’as trop idéalisé et que, tout naturellement, tes sentiments s’envoleront.

— J’en doute vraiment. Il est merveilleux cet homme.

— Bon sang, s’impatiente Tyler. Lâche-toi, Riley ! Tu n’es là que pour deux mois. Vis cette aventure et prends une décision lorsqu’il sera l’heure de retourner à ta vie à New York. À ce moment, tu seras où est ton avenir et tu feras le bon choix. Mais tant que tu n’auras pas vécu cette relation comme tu l’as fantasmée, tu n’avanceras pas, j’en ai bien peur...

— Mais, si je ne peux plus renoncer à lui ?

— Alors, ne le fais pas et laisse le temps faire son œuvre en ce qui concerne Vicky. Elle aime Kipling, c’est évident. Mais elle t’aime bien davantage et, si vous êtes faits l’un pour l’autre, elle le comprendra et l’acceptera. Ton bonheur est précieux pour elle. Et puis, elle te connaît et n’ignore pas que tu n’as pas une once de méchanceté en toi.

— Tu as sans doute raison.

— C’est une habitude, effectivement. Comment était votre dîner ?

— Un peu étrange. Il est devenu très distant. Nous avons parlé de choses banales. C’était consternant...

— Il était déçu ?

— Je crois, oui.

— Essaie de voir ce qu’il attend de toi, de vous et après, tu aviseras.

— Je vais faire en sorte de me rattraper pour hier.

— OK ! Tu es dispo demain soir ?

— Normalement. Pourquoi ?

— Je dois sortir avec des amis. Je voulais que tu viennes avec moi.

— Dans le rôle de la petite copine ou uniquement de la copine ?

— De la copine. En fait, on ira boire un verre avec un pote de longue date. Il sait que je suis gay. Il y aura son frère aussi.

— Alors, compte sur moi.

**

 

Je quitte mon meilleur ami en fin d’après-midi. Après notre petite discussion, au sujet de ma relation avec Kipling, Tyler m’a entraînée dans une virée shopping relativement sportive. Il voulait s’acheter une tenue pour notre fameuse soirée du lendemain, ce qui me fait penser qu’elle est bien plus importante qu’il ne me le dit. Nous nous sommes donc rendus dans une dizaine de boutiques avant qu’il reprenne son service au restaurant. Résultat, je suis sur les rotules. J’ai dit au revoir à Tyler à la sortie du dernier magasin de prêt-à-porter que nous avons investi et je suis remontée dans ma voiture.

Je m’apprête à démarrer avant de me raviser. Je me lance à la recherche de mon téléphone. Lorsque je l’ai retrouvé, je compose le numéro de Kipling.

— Bonsoir, Riley...

Il ne faut pas plus que ces deux simples mots pour comprendre qu’il est blessé. Le détachement dans sa voix en dit long sur son désarroi face à notre relation de plus en plus compliquée. Immédiatement, j’ai envie de pleurer. Je me mords l’intérieur de la joue pour ne pas fondre en larmes. J’ai tout fait pour instaurer cette distance entre nous, pour lui faire comprendre que rien ne se passera entre nous et, maintenant que Kipling semble avoir intégré cette idée, je le regrette amèrement.

— Riley ? insiste Kip devant mon silence qu’il doit percevoir comme surprenant vu que je suis à l’origine de ce coup de fil.

— Bonsoir. Je… euh…, j’articule lamentablement.

— Tu ne sais pas pourquoi tu m’appelles ?

— Si.

— Je t’écoute.

— En fait, je voulais te proposer de prendre un truc à manger et de venir te rejoindre chez toi.

— Je ne sais pas…

— Oh...

— Je suis encore au bureau.

— D’accord. Ce n’est pas grave, je murmure d’une voix étranglée par un sanglot. Je ne te dérange pas plus longtemps dans ce cas.

Je l’entends souffler dans le téléphone.

— Riley, Riley, Riley, qu’est-ce que je vais faire de toi ?

— Je n’en ai aucune idée. C’est à toi de voir, je le nargue devant son attitude plus docile.

— Non, mon amazone. C’est toi qui as toutes les cartes en main. Moi je reste là à te regarder mener cette partie en priant pour avoir de la chance, c’est tout.

— Je peux passer chez toi plus tard. Il est un peu tôt pour dîner.

— Tu m’accordes une heure ?

— Bien sûr. Chinois, japonais, mexicain ?

— Je me laisserais bien tenter par des sushis.

— Super ! Je m’occupe de ça, alors.

— À tout à l’heure.

— Je t’embrasse.

— Moi aussi, je t’embrasse.

 

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