Inevitable: Birth Of Love Tome 1 (Vol.1) (( New romance, New adult, sentimentale, contemporaine)) (French Edition)
Kipling
Laurel Heights
San Francisco
Comme nous l’avons convenu avec Vicky, je me gare aux abords de la petite maison de ville dans laquelle se trouve notre ancien appartement en début de matinée. J’appréhende cette rencontre, mais surtout, la réaction de mon ex-compagne. Aujourd’hui, elle est profondément convaincue que j’ai une autre femme dans ma vie, ce qui est partiellement exact. Tout ce que je veux éviter pour le moment est que Vicky se montre trop curieuse concernant cette nouvelle idylle, et la garder la plus éloignée de Riley.
J’ai honte de mon attitude, mais j’ai été soulagé lorsqu’elle m’a appris que sa sœur avait annulé leur sortie au cinéma. Mon ambition la plus tenace est de préserver leur relation, de la garder intacte. Cependant, Riley est extrêmement mal quand il est question de ce que nous vivons elle et moi. Voir Vicky ne pourrait qu’amplifier son mal-être, et même la pousser à mettre de la distance entre nous. Je dois avant tout éviter cela. Plus nous passerons de temps tous les deux, plus elle se liera à moi. J’espère que de cette manière, renoncer à notre histoire lui sera impossible. Je désire plus que tout que nous vivions notre relation librement. Je dois savoir si, comme je me plais à le penser, elle est cette femme indispensable à mon bonheur, celle avec qui se dessine mon avenir.
Après avoir quitté ma voiture, j’avance jusqu’à la porte d’entrée commune à tous les locataires. Je la pousse et monte au premier étage. Là, je toque à la porte d’entrée. Des bruits de pas m’apprennent que Vicky arrive pour m’ouvrir. Le verrou clique, elle apparaît sur le seuil.
— Bonjour, Vicky, je dis, gêné de me retrouver devant elle.
— Salut !
Elle m’examine de la tête aux pieds.
— Entre...
Je lui emboîte le pas et découvre avec étonnement qu’un inhabituel désordre règne à l’intérieur.
— J’ai eu beaucoup de travail et peu de motivation pour ranger.
— Tu n’as pas à te justifier.
— Et toi, comment se passe ton emménagement ?
— Bien.
— Tu te plais dans cet appart où tu ne voulais pas vivre avec moi ?
— Je pense qu’il serait plus sain que je prenne mes affaires et que je m’en aille. Tu es en colère et je le comprends tout à fait. Rien ne sert d’envenimer davantage les choses.
— Je n’arrive pas à croire que tu te sois réveillé un beau matin et que tes sentiments se soient brusquement envolés, Kip ! crie Vicky, signe flagrant qu’elle est à fleur de peau.
— Ce n’est pas ce qui s’est produit. Le temps les a amoindris. Un jour, il a fallu que j’affronte cette vérité.
— Tu n’as rien fait du tout ! Tu t’es enfermé dans ton travail pour la fuir.
— C’est vrai, tu as raison. J’ai fait preuve de lâcheté. Mais j’ai aussi de l’affection pour toi et la perspective de te blesser ne m’enchantait pas. J’aimais le côté réconfortant de notre vie, ce cocon familial auquel j’avais l’impression d’appartenir. Cependant, ce n’était pas juste pour toi. Alors oui, cette discussion que nous avons eue tous les deux m’a donné l’opportunité de mettre un terme à ce mensonge.
— Tu restais avec moi à cause de ton petit confort et de ma famille ! C’est ce que tu es en train de me dire ?
— Je te demande pardon. Tu sais comment la mort de ma mère m’a affecté, comme j’ai souffert de mon statut d’enfant unique. Vous voir toi et les tiens… J’aime énormément ta famille, l’entente et la proximité qui règnent entre vous. Les matchs avec ton père, les dimanches en famille, tout me manque, mais je devais être sincère avec toi. Tu m’as fait beaucoup de bien quand nous nous sommes rencontrés. Je venais de perdre ma mère. J’étais malheureux et mon père se renfermait dans sa propre souffrance. Toi, tes parents, Riley, vous m’avez permis de me sentir moins seul et pour ça je tiendrais toujours à toi, mais tu mérites d’être davantage aimée.
Soudain Vicky fait un pas vers moi avant de se suspendre à mon cou et de m’embrasser avec une fougue qui ne lui est pas habituelle. Je pose mes mains sur ses hanches pour la repousser, mais elle s’accroche plus fermement à moi.
— Vicky, je marmonne contre sa bouche, en essayant de l’éloigner de moi.
— Laisse-moi être différente, je t’en prie. On peut s’accorder une chance de vivre notre histoire plus passionnément. J’ai compris ce que tu désires, Kip. Donne-moi l’opportunité de te l’offrir.
Je la saisis par les épaules et la fais reculer.
— Arrête ! Je n’ai pas envie de te faire du mal. Pourquoi m’obliges-tu à te rejeter ?
―Je t’aime, Kip. J’ai besoin de toi.
— Ce n’est pas mon cas. Je ne veux pas me montrer rude avec toi.
Son regard se durcit subitement. Elle se rue sur moi et se met à me frapper avec toute la force que cette vive douleur lui accorde.
— Il y a une autre femme ! elle braille. Espèce d’enfoiré !
Ses poings s’abattent en rafale sur mon torse.
— Si je te croise avec ta salope, je te jure que je la tue, pauvre con.
— Tu es ridicule, Vicky, je me crispe, en la retenant. Qu’attends-tu de moi ? Que je reste avec toi alors que je ne t’aime pas ? J’ai été correct et respectueux, et ton attitude est grotesque. Je comprends que tu sois malheureuse. Crois-moi, je le regrette profondément, mais je n’avais plus le choix !
— Tu mens ! Tu en aimes une autre !
— Oui ! je m’époumone. Mais je l’ai réalisé après notre séparation.
Elle se précipite vers le salon et en revient avec une boîte en carton qu’elle jette sur moi.
— Tire-toi de chez moi !!!
Je rassemble mes affaires et quitte les lieux sur-le-champ.
OceanofPDF.com