Inevitable: Birth Of Love Tome 1 (Vol.1) (( New romance, New adult, sentimentale, contemporaine)) (French Edition)
Riley
Hard Rock Hotel
Cancún, Mexique
Je raccroche rapidement en voyant mon meilleur ami sortir de la salle de bains, une simple serviette fixée autour des hanches. Je bondis du lit, laissant choir mon téléphone sur les draps, et me retrouve face à lui. Il me scrute en plissant des yeux.
— Mon amazone ? Rien que ça !
— Ty, je rouspète, en me rendant dans la pièce d’eau. Il m’a toujours appelée ainsi.
— C’était mignon lorsque tu avais quinze ans, mais aujourd’hui ce surnom prend un tout autre sens, non ?
Tyler entre à son tour. Agacée, je le repousse.
— Tu es ridicule.
— Tu sais que je t’aime et je veille toujours à ce que tu ailles bien. Je ne suis pas du genre à juger qui que ce soit. Cela dit, je m’inquiète pour toi. Je ne veux pas que tu sois malheureuse.
— Pour que je le sois, il faudrait que j’attende quelque chose de Kipling et ce n’est absolument pas le cas.
— Je trouve son attitude étrange. Pourquoi a-t-il soudainement besoin de se rapprocher de toi ? Tu ne l’as pas vu depuis une éternité. Pourquoi te revoir est subitement une nécessité ?
— Il doit se sentir seul, je présume...
— Eh bien, je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée qu’il trouve de la compagnie auprès de toi. Comment penses-tu que le vivrait Vicky si elle savait que vous vous êtes rapprochés tous les deux ?
— On ne fait que discuter, rien de plus...
— Pour le moment ! Riley, il t’appelle tous les jours, il souhaite sortir avec toi ! Je te le dis comme je le pense, la prochaine étape est de te mettre dans son plumard !
— N’importe quoi ! je m’emporte, avec une brusquerie qui ne m’est pas coutumière.
— C’est un mec avant tout !
— Je veux que tu t’en ailles maintenant, je lui ordonne plus durement, harassée par cette conversation qui n’a aucun sens selon moi.
— OK ! OK !
Il capitule, les mains levées vers le ciel.
— J’ai compris. On aborde plus ce sujet !
— Merci !
Je le scrute avec sérieux tandis qu’il avance vers la porte.
— N’oublie pas que ta sœur est amoureuse de lui, c’est tout.
J’exhale mon ras-le-bol bruyamment.
— Je t’attends dans la chambre !
**
Comme prévu initialement, Tyler et moi descendons dîner au restaurant de l’hôtel. Nous sommes installés sur la terrasse de celui-ci et la vue que nous avons sur l’océan est saisissante. Mes efforts pour mettre de côté cette dérangeante conversation entre mon ami et moi s’avèrent être un échec total. Je ne cesse de ressasser ses propos concernant les intentions de Kipling envers moi. Je veux plus que tout ne pas y prêter la moindre importance. Malgré cela, ses mots ne me quittent plus : « la prochaine étape est de te mettre dans son plumard ».
Je sais que penser ainsi est ridicule, que Kipling n’a pas ce genre d’attirance pour moi. Cependant, la petite Riley, bien cachée au fond de moi, celle-là même qui a souffert toutes ces années de cet amour interdit, de cette réalité qui lui rappelait chaque jour que Kipling était amoureux de Vicky, qu’il ne voyait qu’en elle une jeune fille attachante et amusante, ne peut s’empêcher de rêver.
Et si c’était vrai ? Si Kipling éprouvait une attirance pour moi aujourd’hui ?
— Tu es avec moi ?
La voix puissante de Tyler me force à remettre mes interrogations à plus tard.
— Pardon...
— Excuse-moi pour tout à l’heure, il me dit penaud. Je n’aurais pas dû me montrer aussi insistant.
J’ai un léger mouvement d’épaule.
— J’ai peur pour toi, pour ton petit cœur en guimauve. Tu es une romantique et je sais que lorsque tu tomberas réellement amoureuse. Quand tu auras trouvé cet homme auprès duquel tu voudras bâtir ta vie. Tu te jetteras à corps perdu dans cette relation, donnant tout ce que tu as, ce que tu es, et te battant comme une lionne pour que cela fonctionne, que rien n’entrave ton bonheur. C’est une jolie et une noble vision de l’amour. Mais si tu ne t’entiches pas du bon mec, je vais te ramasser à la petite cuillère.
Sur le moment, je n’arrive pas à déterminer si je dois me sentir heureuse ou vexée que Ty me connaisse si bien, qu’il ait vu juste à mon sujet. Finalement, est-ce si étonnant ? Nous sommes amis depuis le jardin d’enfance. Il sait tout de moi, tout comme je sais tout de lui. Une amitié si belle, si intime, est une vraie force pour affronter mon quotidien. Quoi qu’il puisse m’arriver, qu’importe ce que je peux ressentir, je sais que Ty est là, qu’il sera toujours présent pour moi. Sans que je les retienne, deux larmes naissent au coin de mes yeux et roulent sur mes joues.
— Riley, chuchote Tyler, confus de me voir dans cet état. Je ne voulais pas...
— C’est à cause de lui que j’ai quitté San Francisco, je lui avoue dans un sanglot laborieusement retenu.
— Quoi ?
Dans un élan de courage, je lève la tête vers Tyler, plonge mon regard dans le sien et m’y accroche comme à une bouée de sauvetage. Enfin, je trouve la force nécessaire de lui révéler ce secret que je garde enfoui au plus profond de mon cœur depuis des années.
— Je suis partie pour New York parce que j’ai toujours été amoureuse de Kip, que je souffrais trop de le voir avec Vicky.
Ty passe lentement ses mains sur son visage, prenant le temps d’assimiler l’information que je viens de lui livrer.
— Riley...
— Je suis désolée, Tyler, je pleure plus fort que je ne le voudrais.
Ma culpabilité, si grande, m’érode petit à petit. Je me sens si méprisable d’aimer Kipling.
— J’ai conscience que ce n’est pas bien. J’ai essayé de l’oublier, de renoncer à cette folie, mais sans jamais y parvenir. Alors, je me suis mis en tête de m’éloigner. Tu sais ce que l’on dit « Loin des yeux, loin du cœur... ».
— Tu n’as pas à t’excuser, ma Riley. Je n’ai pas de mal à imaginer que tu dois te sentir coupable, que ta situation est très délicate.
Le visage planté dans la paume de sa main, il m’observe curieusement.
— Tu es certaine de ce que tu ressens pour lui ?
— Je l’aime depuis mes seize ans. J’ai eu le temps de me poser la question...
— Oui, je présume. Essayons d’être rationnels une minute : supposons que j’ai vu juste le concernant et que le fait de t’avoir rencontrée le soir de ce match ait tout changé pour lui. Que ferais-tu s’il tente de se glisser entre tes cuisses ?
Je secoue frénétiquement la tête.
— Non, non, non, j’articule, paniquée par cette éventualité. Pas de Kip entre mes cuisses !
— Mais, tu le désires pourtant. Ta conscience te dit non, mais ton corps lui n’attend que ça.
— Je ne peux pas, Ty !
— Mais c’est ce que tu souhaites au fond de toi.
Son ton est plus insistant, plus incisif.
— Oui ! je finis par céder. J’ai envie de lui. Atrocement, envie de lui.
— Il n’y a pas de mystère, fillette ! Si tu le veux vraiment et que tu décides de mettre ta conscience en veilleuse, alors vas-y ! Mais si tu fais le choix de ne pas céder à la tentation, oublie-le ! Tu ne peux pas être simplement son amie en ayant ces sentiments et une telle attirance pour lui. Tu cours à la catastrophe.
— Tyler, je geins, en dissimulant mon visage entre mes mains.
La justesse des propos de Tyler m’exaspère.
— Il faut également que tu gardes à l’esprit qu’il désire peut-être coucher avec toi et pas tomber amoureux ! Il reste la possibilité qu’il te considère réellement comme une amie. Mais je ne sais pas pourquoi, je n’y crois pas tellement. Il finira par tenter sa chance avec toi, c’est sûr.
— Pourquoi en es-tu persuadé ?
— Non, mais, tu t’es vue ! il s’indigne. Au risque de me répéter, tu es belle, Riley.
Je baisse les yeux, mal à l’aise face à ces compliments que je rejette à chaque fois que Tyler les formule dans le but de me faire entendre raison.
— Regarde-moi !
J’obéis tandis qu’il me gronde.
— Il faut que tu cesses de te comparer à Vicky et à toutes les filles dans son genre. Oui, ce sont de vraies petites bombes, mais elles sont fades, elles n’ont aucune personnalité. Toi, tu es belle, tu es charmante, tu es Riley. Tout ne s’arrête pas au physique avec toi. Au-delà du fait que tu sois jolie, tu as une douceur dans l’âme qui te rend exceptionnelle. Mais tu as aussi une petite touche d’espièglerie quand tu ne te caches pas derrière tes doutes qui font qu’il est impossible de ne pas être fou de toi. Si je n’étais pas gay, nous serions déjà mariés et tu porterais probablement mon enfant à l’heure qu’il est.
Je glousse en imaginant ce scénario.
— Je te trouve très sûr de toi ! À la limite de la prétention. Qui te dit que j’aurais dit « oui » ?
— Non, mais tu m’as regardé, ma chérie ? Tu aurais foncé sans hésitation.
— Il y a de fortes chances, c’est vrai...
— Je le sais parfaitement.
Son hilarité s’estompe. Il m’observe plus sérieusement.
— Sois prudente. Fais les bons choix avec lui. Si tu es persuadée que Kipling est l’homme qu’il te faut alors, lance-toi une bonne fois pour toutes.
— Non, je ne ferai pas ça à Vicky, je l’interromps, sûre de moi.
―Un jour, elle passera à autre chose, elle trouvera un mec qu’elle épousera et qui lui fera des enfants. Et à ce moment-là, que te restera-t-il ? Des sentiments que tu n’as jamais eu le courage d’assumer. Si tu es intimement convaincue que jamais tu n’aimeras comme tu l’aimes, lui, si cet amour surpasse tous les autres, tu te le dois à toi-même ! Tu dois y réfléchir sérieusement et penser au meilleur moyen de limiter la casse.
— Je vais y songer...
— J’ai toujours apprécié ce mec. Il est cool !
— Sûrement un peu trop d’ailleurs ! Je n’ai pas pu résister.
— Il a un côté hyper sexy, c’est indéniable !
— À qui le dis-tu !? À la fin, je ne voyais que ça. Tout ce qu’il faisait, même porter une foutue bouteille de bière à ses lèvres me mettait dans tous mes états. C’était atroce !
— Je regrette que tu ne m’en aies pas parlé plus tôt. Tu as vécu ça toute seule et ça me peine de le savoir.
— Je te demande pardon, Ty. J’avais...
— Trop honte, je sais ! Je te connais par cœur et je ne t’aurais jamais jugée.
— Je m’en veux de ne pas t’avoir fait davantage confiance. Je suis ridicule.
— Quoi que tu fasses, parle-moi ! N’endure pas ça, planquée dans ton coin. Je serai là, je te soutiendrai.
— Merci. Je t’aime, Ty.
— Moi aussi, je t’aime, fillette.
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