Inevitable: Birth Of Love Tome 1 (Vol.1) (( New romance, New adult, sentimentale, contemporaine)) (French Edition)
Kipling
Mission Bay
San Francisco
Ce dimanche m’a paru interminable. Après une grasse matinée bien méritée, j’ai consacré une bonne partie de mon temps au rangement de mes cartons. Je voulais que l’état de mon appartement soit un minimum correct avant l’arrivée de Riley. Hier soir, elle m’a prévenu qu’elle me rendrait visite en fin de journée. Il ne fait aucun doute que ses parents comptaient sur sa présence pour un repas de dimanche en famille.
Vicky et moi-même avions pour habitude de nous joindre à eux pour ce rendez-vous dominical sauf qu’aujourd’hui, je ne suis plus le bienvenu sous le toit de la famille Reed. Je regrette ces instants passés en leur compagnie. Mickael et Melinda sont des gens chaleureux et agréables. J’aimais avoir ma place dans leur foyer. Et puis, il y a ma petite amazone. Je me souviendrais toute ma vie du jour de notre première rencontre. Vicky et moi étions en couple depuis trois mois et à l’arrivée des beaux jours, ses parents avaient organisé un barbecue auquel ils m’avaient convié dans le but de faire la connaissance du nouveau petit ami de leur fille aînée. Je m’étais donc rendu au domicile des Reed vers midi. Vicky m’avait accueilli et présenté à sa mère qui s’était montrée très gentille avec moi. Ensuite, nous étions descendus dans le jardin où se trouvait le reste de sa famille. Son père s’occupait des grillades tandis que Riley et Tyler s’envoyaient quelques balles un peu plus loin. Quand Vicky les avait interpellés pour qu’ils nous saluent, ma chipie avait posé ses grands yeux sur moi alors qu’elle s’apprêtait à frapper à la batte, mais l’intervention de sa sœur l’ayant perturbée, elle avait manqué la balle que venait de lui jeter Ty. Celle-ci s’était écrasée violemment sur son nez.
Une notification m’annonçant l’arrivée d’un message texte me fait revenir à l’instant présent. Je récupère mon téléphone et j’en prends connaissance.
« Je suis en bas de ton immeuble. »
Je manipule un instant mon mobile et compose le numéro de Riley.
— Salut.
— Salut, chipie. Je t’ouvre.
J’actionne l’interphone pour lui débloquer les sas d’entrée.
— C’est au cinquième.
— OK ! Je monte.
Je raccroche avant d’ouvrir la porte de mon logement. Quelques minutes plus tard, elle apparaît sur le palier.
— Bonjour, Kipling.
La tête légèrement penchée, je l’admire tandis qu’elle marche vers moi et encore une fois, je la trouve resplendissante. Comme toujours, elle est élégamment vêtue avec cette jupe ample et son chemisier noué à la taille. Sa belle chevelure fauve tombe en cascade sur ses épaules dans un mouvement ondulé.
— Comment vas-tu ?
— Très bien. Et toi ?
— Super ! Je songeais à toi justement, je lui dis, en l’invitant à entrer.
— Peut-être parce que tu savais que je venais...
— À vrai dire, je pensais à la première fois où nous nous sommes vus tous les deux.
Son visage plonge dans ses mains pour y cacher le malaise que ce souvenir éveille en elle.
— Oh non !
Je rigole joyeusement.
— Ma pauvre Riley ! Il a fallu un moment avant que le saignement s’arrête.
— La honte…
— Au moins, je m’en rappelle parfaitement bien.
— Je vois le genre : « Ah oui, c’est Riley, cette fille maladroite ayant pris une balle de baseball dans le nez... »
— Ce n’est pas ainsi que je me le remémore.
Elle se met à se dandiner sur ses pieds.
— Tu me fais visiter ?
— Si mademoiselle veut bien me suivre.
Je la guide à travers le couloir relativement court qui ouvre sur la cuisine fermée, le salon en face de nous et un autre corridor sur notre droite. Nous entrons dans la pièce sur notre gauche.
— Comme tu peux le voir, il s’agit de la cuisine...
— Elle est vraiment superbe ! Tu ne projettes pas d’y faire des travaux ?
— Non, je la garde intacte.
— Tu fais bien. L’îlot central est grand et fonctionnel. J’aime beaucoup les meubles de couleur prune, c’est très original. Et la table de bar est parfaite pour prendre le petit-déjeuner.
— Donc tu valides ?
— Oui, pas de chantier à prévoir ici !
Son ton enjoué m’arrache un rictus.
— Rendons-nous au salon si tu veux bien. Je pense que tu y trouveras de quoi t’occuper.
— Je te suis.
Nous franchissons la courte distance jusqu’à de l’espace de vie.
— Tu as une vue absolument incroyable !
Je suis son regard qui se porte sur l’extérieur et, plus précisément sur le panorama qui se pavane sous nos yeux conquis. La baie de San Francisco s’étale devant nous alors que le Golden Gate patauge fièrement en son sein.
— Je dois admettre que c’est elle qui m’a fait craquer.
— Je te comprends.
— Pour le reste, ce n’est pas terrible.
Elle scrute les alentours avec intention.
— Ce n’est pas très harmonieux et d’une grande simplicité. C’est très dommage, il y a un beau potentiel.
Je m’accoude au chambranle et la regarde examiner les quatre coins de la pièce avec minutie.
— Eh bien, nous allons faire en sorte de remédier à ce problème dans ce cas, je m’amuse.
— Et le reste de l’appartement ?
Elle passe devant moi et prend la direction du couloir desservant la partie nuit avec une aisance qui me fait glousser.
— C’est ta chambre ? elle me questionne, en posant sa main sur la poignée.
— Tu verras bien.
Elle la tourne et pousse doucement la porte. Elle découvre l’endroit où j’ai installé une table à dessin, un bureau et un petit canapé.
— C’est là que tu travailles…
— Effectivement !
Immédiatement, elle trottine jusqu’à mes croquis posés sur ma planche à dessiner.
Elle entreprend de fouiller mes esquisses.
— Tes plans sont là ?
Son attention est captée par l’une d’entre elles.
— C’est quoi ça ? m’interroge Riley, en me montrant une feuille sur laquelle était représentée une belle demeure victorienne. C’est pour ton boulot ?
— Non, c’est un projet personnel.
Je la rejoins en deux pas.
— En réalité, ce que tu as entre tes mains, ce sont les plans de ma future maison.
— Tu te construis une maison ?
— Pas encore. C’est pour plus tard.
Je lui fais un clin d’œil.
— Quand j’aurai quelqu’un pour y vivre avec moi.
— C’est un joli projet.
— Celui qui me tient le plus à cœur ! J’ai toujours rêvé d’un lieu comme celui-là pour y fonder ma famille.
— C’est un bel endroit pour ça, c’est évident.
— On continue la visite ?
— D’accord !
Je coule ma main dans la sienne et l’attire jusqu’à ma chambre à coucher. La voir ici, dans cet endroit intime, me fait me sentir étrangement nerveux. Je perçois très clairement sa propre fébrilité. Elle m’abandonne rapidement faisant mine d’admirer le paysage extérieur.
— Tu as un petit balcon là aussi.
— Oui, c’est sympathique.
— La pièce est grande et lumineuse et ce bleu est très doux. Tu veux faire des modifications ?
— Non, je la garde en l’état.
— OK ! Tu as un dressing et une salle de bains ici ?
— Exact.
— Il ne fait aucun doute que tu as pris une bonne décision en investissant dans cet appartement. Excellent choix !
— Tu crois ?
— Oh oui ! Je l’aime beaucoup.
— Que dirais-tu de nous asseoir autour d’un verre pour étudier les plans que j’ai réalisés pour le salon ?
— Volontiers.
— Est-ce que tu me ferais le plaisir de rester avec moi pour le dîner également ?
— Je vais seulement en aviser mes parents, mais j’accepte.
— Merci.
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