Inevitable: Birth Of Love Tome 1 (Vol.1) (( New romance, New adult, sentimentale, contemporaine)) (French Edition)

Riley

 

Pacific Heights

San Francisco

 

Ce n’est qu’en début de soirée que mon véhicule se stoppe devant le portail automatique qui cache la maison familiale. Je l’ouvre et m’engage dans l’allée de gravier en découvrant avec surprise la présence de la voiture de Vicky stationnée face au garage. Je m’arrête derrière elle avant de sortir de mon auto un peu inquiète de constater que l’habitacle de la Chevrolet de ma sœur est rempli de ses affaires personnelles. Je me précipite à l’intérieur de la maison. Après avoir jeté mon sac sur le sol, j’emprunte l’escalier en colimaçon jusqu’au second étage où se trouvent la grande pièce à vivre et la cuisine ouverte.

Assise sur le canapé, ma mère console ma sœur qui est en larmes dans ses bras.

— Qu’est-ce qui se passe ? je l’interroge quand elle lève ses yeux vers moi en me voyant apparaître sur la dernière marche.

— Kip...

Mon cœur s’emballe en écoutant ma mère évoquer le nom de l’homme que je viens de quitter après un week-end passé dans son appartement. Week-end qui a fait naître une nouvelle relation entre nous, plus profonde, plus sensuelle.

— Kip, je m’étonne. Qu’est-ce qu’il a fait ?

Ma sœur se redresse et essuie ses joues trempées avant de poser sur moi un regard reflétant son immense chagrin.

— Il est venu chercher le reste de ses affaires samedi matin.

Entendre cela me brise le cœur. J’ai passé deux jours avec lui et, à aucun moment, il ne m’a pas parlé de cela. Est-ce pour cette raison qu’il était si mal à mon arrivée ? Revoir ma sœur l’a apparemment bouleversé, lui aussi...

— Je me souviens que tu m’avais dit que tu voulais l’appeler pour lui demander de venir les récupérer. Votre rencontre a été plus compliquée que tu ne le pensais, c’est ça ?

— Oh, Riley, elle sanglote bruyamment. C’était si douloureux de le revoir.

Je traverse le salon et m’assieds à ses côtés.

— C’est très normal. Il n’y a pas si longtemps que ça que vous vous êtes séparés et tout est encore frais à ton esprit. Tes sentiments comme ta souffrance…

— J’ai essayé de faire face à cette rupture, mais c’est trop pénible. Je l’aime tellement. Je ne peux pas tirer un trait sur mon amour pour lui aussi facilement.

— Non, c’est certain.

— Je me suis totalement ridiculisée devant lui.

— Pourquoi dis-tu ça ?

— Je l’ai supplié de nous accorder une nouvelle chance...

— Il n’y a pas de mal à ça, Vicky. Tu es trop dure avec toi-même.

— Mais il en aime une autre, elle pleure plus fort.

Je sens alors un nœud se former dans ma gorge à l’écoute de ces quelques mots.

— Je... euh...

— Il prétend que tout est arrivé après notre rupture, mais comment le croire ?

―Je peux comprendre ton désarroi.

— Je te jure que si je le vois avec cette salope...

Ma tête se met violemment à tourner alors que cette injure cingle mes oreilles de haine et de mépris. J’entends ma mère protester face au langage vulgaire de ma sœur et celle-ci s’en excuse immédiatement. Salope... Je me répète ce mot inlassablement. C’est ainsi qu’elle voit la femme dont Kipling prétend être amoureux. Il lui a dit indirectement qu’il m’aimait, faisant de mon rêve le plus cher, mon pire cauchemar. Voilà qui je suis pour elle : la salope qui lui a dérobé le cœur de Kipling.

―Je suis désolée, je marmonne d’une voix déformée par mon incommensurable culpabilité.

— Mais ce n’est pas de ta faute. Pourquoi t’excuses-tu ?

Je me ressaisis immédiatement en voyant les grands yeux de ma sœur me regarder avec incompréhension.

— Je n’ai pas été assez présente ces derniers jours, j’ajoute rapidement. J’ai pensé que tu allais bien, mais j’aurais dû davantage me préoccuper de toi.

— J’ai ma part de responsabilité. J’ai voulu me montrer forte, trop forte...

— Tu dois affronter ta tristesse, la vivre jusqu’à ce qu’elle s’amenuise et là, tu seras en mesure de tourner la page sur votre histoire, lui explique ma mère.

— J’espère que tu as raison, car pour le moment, je ne distingue pas le bout de cet enfer.

— C’est parce que tu es amoureuse. Ça finira par passer.

— J’ai vu que ta voiture est chargée...

— Maman a pensé que ce serait mieux pour moi que je revienne à la maison quelque temps.

— Tu vas rendre ton appartement ?

— J’y ai trop de souvenirs avec lui. Ce n’est pas sain de continuer à vivre là-bas.

— Ce n’est peut-être pas une mauvaise idée.

Elle referme ses grands bras fins autour de moi.

— Je suis tellement heureuse que tu sois là, de revenir à la maison.

Je l’étreins à mon tour.

— On va bien veiller sur toi, je te le promets.

— Je t’aime, Riley.

— Moi aussi, je t’aime.

Ma sœur s’éloigne de moi et me regarde en souriant.

— C’est quoi ça ? De la peinture ? elle se renseigne, en trifouillant une mèche de mes cheveux qui en est recouverte.

— La nouvelle lubie de Ty ! Il repeint son appart et j’ai dû m’y coller aussi.

— C’est là que tu étais ?

— Oui, je murmure les yeux baissés, honteuse de lui mentir, de m’être éprise de cet homme qu’elle aime toujours, de la trahir de la plus cruelle des façons. Je vais aller prendre une douche. Tu veux que nous fassions quelque chose de spécial ce soir ?

— On pourrait se contenter de bavarder, en se gavant de crème glacée.

— J’adore ce programme.

Je laisse ma sœur en compagnie de ma mère et descends à l’étage inférieur avant de pénétrer dans ma chambre. Là, je sors mon téléphone de ma poche et d’une main tremblante, je compose le numéro de Kipling.

— Tu ne peux plus te passer de moi ?

— Kipling, je viens de rentrer chez mes parents, je lui dis, de la voix la plus calme possible. Vicky est revenue vivre à la maison, elle ne va pas bien.

Un pesant silence se fait entre nous.

— Tu aurais dû me dire que vous vous étiez vu ce week-end. Elle est vraiment mal.

— Je ne voulais pas que tu te sentes coupable.

— Étais-tu obligé de l’accabler davantage en lui révélant que tu avais rencontré quelqu’un ?

— Je ne lui ai rien dit. C’est elle qui a tiré des conclusions. Ma puce, je sais que c’est compliqué, mais il faut que nous restions soudés tous les deux.

— Compliqué ? À ses yeux, je suis une salope, je geins, en contenant mes larmes. Voilà ce que pense ma sœur de moi !

— Elle ne connaît pas la vérité...

— La vérité est encore plus abjecte que celle qu’elle imagine pour le moment. Comment ai-je pu lui faire ça ?

— Riley, mon petit cœur...

— Tais-toi, je l’implore. Ça fait trop mal Kipling.

— Viens à la maison, nous allons en parler. Nous trouverons une solution.

— Il n’y en a aucune d’envisageable ! Je dois couper court à toute cette histoire avant que les choses ne dérapent davantage.

— Non ! Ne fais pas ça.

— Je dois veiller sur ma sœur.

— Mais je te désire !

— Et moi, je ne veux pas qu’elle me déteste.

— Ça ne sera pas le cas, elle comprendra.

— Elle t’aime tellement, Kip. Jamais elle ne pourra accepter cette vérité. C’est mieux pour tout le monde.

— Je t’en prie, ne me laisse pas encore.

— Je suis sincèrement désolée, mais je ne tiendrai pas ma promesse.

— Arrête tes conneries ! il s’énerve quand son calme habituel échappe à son contrôle.

— J’ai été très heureuse de te revoir et j’ai aimé chaque instant passé auprès de toi. Au revoir, Kipling.

— Non, Riley, attends...

Je raccroche. Presque immédiatement, son joli visage réapparaît quand il m’appelle de nouveau. Je fixe l’écran en pleurant à chaudes larmes.

— Je t’aime Kip. Si tu savais comme je t’aime, je chuchote, alors que la sonnerie s’interrompt.

 

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