Inevitable: Birth Of Love Tome 1 (Vol.1) (( New romance, New adult, sentimentale, contemporaine)) (French Edition)

Section 5

 

Kipling

Financial District

San Francisco

 

La circulation est encore chargée dans les rues du quartier d’affaires de San Francisco. Une fois n’est pas coutume, je me retrouve pris dans les embouteillages fréquents dans cette partie de la ville. Heureusement, je n’ai pas de rendez-vous ce matin. La sonnerie de mon téléphone résonne dans l’habitacle, je décroche depuis la commande au volant.

— Allô !

— Bonjour, mon grand.

— Salut, papa. Comment vas-tu ?

— Très bien. Et toi ?

— Je suis encore coincé dans les bouchons, hormis ça, tout roule.

— J’ai l’impression que c’est chose courante, malheureusement.

— Effectivement ! Quoi de neuf à la maison ?

— Rien de spécial. À dire vrai, je me demandais si tu serais disponible cette fin de semaine. J’aurais aimé que tu me rendes visite !

— Je suis désolé, papa. J’ai du boulot dans mon nouvel appart. Et puis, il y a ce match des Giants auquel je dois assister...

— Très bien...

Immédiatement, je ressens une grande culpabilité à son égard en entendant son intonation se teinter de déception. De plus, je sais parfaitement que son appel n’a rien d’anodin. Vendredi prochain sera le dixième anniversaire de la mort de ma mère et, comme tous les ans, il m’invite chez lui sans aucune raison apparente, même s’il est évident qu’il ne souhaite pas vivre ce souvenir douloureux seul.

— Papa, excuse-moi, je lui dis, rongé par le remords de ne pas avoir su répondre à son besoin de compagnie. Le match se joue vendredi soir. Je pourrais venir samedi, dans le courant de l’après-midi.

— Si tu as du travail…

— Ne t’en fais pas pour ça, je le coupe. J’aurais bien d’autres occasions de me préoccuper de ces maudits cartons.

— Merci, Kip. Je suis content de te voir.

— Moi aussi, papa.

— Comment vas-tu depuis ta séparation ?

— Bien plus serein. C’était ce qu’il y avait de mieux à faire autant pour elle que pour moi.

— Si tu n’avais plus de sentiments pour Victoria, c’était préférable.

— Je le crois également.

— Alors, je te vois samedi.

— Oui, à samedi, papa.

— Et Kip ! m’interpelle mon père, avant que je n’interrompe la conversation.

— Oui.

— Les Giants ! Vraiment ?

J’éclate de rire devant son ton désapprobateur.

— Ils affrontent les Knicks. Ce sera un sacré match. Je ne peux pas louper ça !

— Si tu le dis…

Je souris devant son manque flagrant de bonne foi tandis que je gare ma BMW au pied du bâtiment où est installé mon cabinet.

— Passe une agréable journée.

— À toi aussi, fiston.

 

**

 

À l’heure du déjeuner, je retrouve, comme tous les mardis, mon ami Stephen dans un des restaurants de Financial District. Lui et moi avons sympathisé durant nos années universitaires à l’Académie des Arts. Il a étudié le web design et, aujourd’hui, il travaille en free-lance. Ce repas hebdomadaire à l’extérieur du cabinet est le seul que je m’accorde. Le reste de mon temps, je le consacre à mon entreprise. Comme souvent, nous nous sommes donné rendez-vous à la taverne Wayfare.

— Salut Kip, m’accueille mon ami, en m’offrant une accolade chaleureuse.

— Comment vas-tu ? je m’informe, tandis que nous prenons place.

— Bien, et toi ?

— Tout baigne. Alors, ton appart ?

— C’est encore le foutoir. J’ai tellement de travail en ce moment. J’ai le temps de rien.

— Et vivre seul, ce n’est pas trop dur ?

— Franchement, non ! Les dernières semaines avec Vicky ont été si compliquées que je ne suis pas contre un peu de calme.

— Alors, tu ne regrettes pas cette rupture ?

— Certainement pas ! Je n’étais plus amoureux…

— Tu as eu raison d’être honnête avec elle.

— C’est une fille bien et sa famille est vraiment adorable. Il n’y a que ce côté-là qui me manque ; les dimanches entre nous, les matchs avec Mickael et Riley…

— Riley ? C’est la petite sœur, c’est ça ?

— Oui, c’est elle, je lui confirme, attristée à l’idée de ne plus la revoir.

— Maintenant, il ne te reste plus qu’à reprendre le cours de ta vie.

— Ou me noyer dans le travail…

— Le boulot c’est bien et, je comprends que tu bosses comme un forcené pour faire marcher ton affaire, mais tu dois aussi prendre du bon temps, t’amuser.

— Mais j’y compte bien ! Vendredi soir, je vais au stade voir les Giants avec un ami.

— Un ami ?! Je crois qu’on ne s’est pas bien compris, mon pote. Je te parle des nanas…

— Je viens de vivre sept ans en couple. J’aimerais prendre mon temps…

— Je ne te dis pas de te marier ! Tu as couché avec la même fille pendant plusieurs années. N’as-tu pas envie d’aller voir comment ça se passe ailleurs ?

— Pas du tout ! Sauter d’un plumard à un autre n’est pas du tout ce que je souhaite.

— Tu loupes quelque chose, je te jure.

— Peut-être. Je veux seulement tomber amoureux. Un truc fort, vraiment dingue.

Je devine à l’air goguenard de Stephen que ma remarque l’amuse.

— Super ! il soupire. Je ne te pensais pas si romantique.

— Je ne crois pas l’être. J’ai juste besoin de me sentir important pour quelqu’un et de ressentir la même chose pour elle.

— Alors, à cette fille qui saura ravir ton cœur...

Je trinque avec lui.

— Espérons que tu trouves rapidement.

— Mais je n’en doute pas. Je suis certain que ma femme n’est pas loin, qu’elle m’attend elle aussi, et que nous allons vivre une histoire hors normes tous les deux.

— Bon, dit Stephen, en tapotant sur la table. On mange parce que je trouve que tu racontes beaucoup de conneries quand même.

Je ricane en étudiant la carte du restaurant.

 

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