Inevitable: Birth Of Love Tome 1 (Vol.1) (( New romance, New adult, sentimentale, contemporaine)) (French Edition)
Riley
Pacific Heights
San Francisco
Allongée sur mon lit, la couette rabattue sur mon corps, je somnole après avoir versé des flots de larmes incontrôlables une bonne partie de la journée. Cela fait maintenant trois jours que j’ai mis un terme à mon idylle naissante avec Kipling. Trois jours à me lamenter sur mon sort dès que ma famille a le dos tourné. Je profite de leur absence pour me réfugier dans ma chambre et pleurer sur mon amour perdu. Je ne compte même plus les messages vocaux ou écrits dont Kipling inonde mon téléphone. Je ne les écoute ni ne les lis d’ailleurs. Je dois me tenir le plus loin de lui, du son de sa voix, afin de ne pas flancher. Je suis déterminée à ne pas donner suite à notre relation et devenir au passage une femme méprisable aux yeux de ma sœur aînée. Ma peine est immense et souvent, au cours des dernières heures, j’ai eu envie de me réfugier dans ses bras rassurants, de lui crier que je l’aime follement. Mais la violence des mots de ma sœur vibre encore dans ma poitrine. Salope ! Voilà comment elle me qualifierait si elle savait que je suis en réalité cette femme dont Kipling s’est épris.
— Bordel, Riley !!!
L’impressionnante voix de mon meilleur ami qui vient de surgir dans ma chambre me force à me relever dans mon lit. Les yeux rougis, le visage légèrement bouffi, je prends appui contre ma tête de lit.
— Je toque à la porte comme un fou depuis vingt minutes. C’est quoi ton problème, il hurle, furieux que j’ignore qu’il frappe comme un dément depuis un bon moment.
Je fonds de nouveau en larmes, blessée par son ton contrarié.
— Ma chérie, il s’adoucit devant le spectacle que je lui livre avant de courir me rejoindre. Qu’est-ce qui se passe, bon sang ?
―J’ai dit à Kipling que nous ne devions plus nous voir, je me larmoie.
— Mais pourquoi ?
— Vicky sait qu’il y a une autre fille dans sa vie. Elle est si malheureuse, Ty. Je ne peux pas être la cause de son chagrin.
— Oh…
Ses bras se referment sur moi. Je profite de ce contact amical et le laisse me consoler.
— Je comprends que tu aies souffert de voir ta sœur dans cet état, mais regarde-toi maintenant. Es-tu certaine que c’est la bonne chose à faire ?
— Oui ! Avec Kip, c’est définitivement fini.
Pour la énième fois de la journée, mon téléphone sonne sur ma table de chevet. Tyler s’en empare.
— C’est lui…
— Je sais. Il appelle cent fois par jour.
Il garde mon portable dans sa main.
— Eh bien, eh bien... Il est accro ce pauvre mec. « Riley, je t’en supplie, ne m’abandonne pas encore une fois » ; « J’ai besoin de toi. Tu es essentielle à mon bonheur » ; « On fera face ensemble, jamais tu ne seras seule »…
— Arrête, je ne les ai pas lus, je pleurniche.
— Tu te rends compte que tu tiens ton rêve dans tes mains et que tu refuses de le vivre.
— Mon rêve ? Tu crois que je rêve que ma sœur me voit comme une salope.
— Je te parle de Kip là ! s’énerve mon ami. Oui, ça ne sera pas facile avec Vicky. Il faut lui accorder le temps d’oublier ses sentiments pour lui.
— Je ne veux plus en discuter !!!
Tyler bondit soudainement du lit en me laissant choir dessus.
— Tu me fais chier ! Je t’ai répété de bien réfléchir à ce que tu faisais avec lui et, comme d’habitude, tu agis sans mesurer les conséquences de tes actions.
— Si, justement !
— C’est faux ! Je t’ai dit de rester loin de lui si tu ne te sentais pas capable d’aller au bout de votre histoire ou de foncer, mais de te préparer à vivre des moments difficiles avec ta sœur. Finalement, tu t’es jetée dans la gueule du loup, tu as eu tout le loisir de t’apercevoir que cet homme, que tu penses être celui qui convient à ton bonheur, l’est bel et bien, et tu le rejettes à la première difficulté que tu rencontres. Tu m’énerves vraiment !!! Maintenant, lève-toi et va prendre une douche.
— Mais pourquoi ?
— Qu’est-ce que tu crois que je vais faire, Riley Reed ??? Je vais te ramasser à la petite cuillère. Je monte te faire couler un café. Bouge-toi !
J’ai un sourire timide avant de repousser ma couette et de sortir de mon lit. Je fouille dans mon dressing, prends une tenue et m’enferme dans ma salle de bains.
**
Je rejoins Tyler dans la cuisine vingt minutes plus tard. Quand j’arrive vers lui, il a le nez dans son téléphone. Deux tasses de café sont posées sur la table.
— Coucou.
Il lève ses yeux vers moi en m’entendant.
— C’est pas terrible tout ça, fillette.
— J’ai fait comme je pouvais.
— Pleurer pendant des heures n’a jamais été un conseil de beauté. Tu te sentiras mieux après un bon café.
— Merci.
Je prends place à ses côtés en le regardant avec une certaine inquiétude.
— Que veux-tu que nous fassions ?
— Je dois déjeuner avec Matt dans une demi-heure. Tu viens avec nous !
— D’accord. Comment es-tu rentré ?
— Heureusement pour moi, tes parents ont conservé la clef cachée sous le pot de fleurs.
— Je suis désolée, mais je n’avais pas vraiment envie de parler…
— Surtout pour t’entendre dire que tu as merdé ?
J’esquisse un bref sourire.
— Je sais que tu écouteras uniquement ce qui t’arrange, mais tu fais une bêtise !
— Ma seule erreur est d’avoir accepté de le voir si régulièrement, de lui avoir permis de me charmer. Je n’ai clairement pas la force de supporter une mésentente aussi violente avec ma sœur…
— Même pour un mec que tu aimes depuis tes seize ans ?
— Tu le dis toi-même, je suis trop romantique.
— Riley, il me rappelle à l’ordre. Ne te moque pas de moi.
Je passe mon bras sous le sien et me tourne vers lui.
— Malgré le fait que je te pousse à dire la vérité à ta famille, tu t’obstines à ne pas leur faire part de ton homosexualité parce que tu ne te sens pas prêt. Les choses ne sont pas tellement différentes en ce qui me concerne ; je ne suis pas prête à perdre ma sœur.
— Mais lui, oui !? Tu sembles bien accro, et vu ses messages, lui aussi.
— Je ne peux plus y penser, Ty. J’ai trop mal.
— Je trouve ça absurde !!!
— Je veux bien venir avec toi, mais nous ne parlons plus de Kipling. C’est déjà assez douloureux, je n’ai pas besoin que tu me fasses culpabiliser.
— Ce n’est pas mon intention ! Cependant, ça me rend dingue de voir que j’avais raison, tu t’es brisé le cœur.
— Je préfère briser le mien plutôt que celui de Vicky…
— Et celui de Kipling ?
Je hausse lentement les épaules.
— Il n’est pas amoureux, et il s’en rendra rapidement compte.
— Je n’en serais aussi certain à ta place…
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