Inevitable: Birth Of Love Tome 1 (Vol.1) (( New romance, New adult, sentimentale, contemporaine)) (French Edition)
Riley
Pacific Heights
San Francisco
Je pousse la porte de la maison familiale toujours en vociférant après moi-même. Mais que m’a-t-il passé par la tête en lui proposant de venir chez moi ce soir ? Tout ce que je désire est de m’éloigner de Kip et non de l’inviter à faire trempette avec moi. Je n’ai clairement plus conscience de rien lorsque je suis en sa compagnie. Tyler a raison. Je dois mettre de la distance entre nous si je ne veux pas finir dans ses bras. Je n’ai visiblement aucune volonté quand il s’agit de l’homme dont je suis éperdument amoureuse. Cet état de fait peut rapidement se retourner contre moi si je ne me montre pas plus prudente.
Arrivée dans ma chambre à coucher, je m’étends sur le lit en soufflant quand la sonnerie de mon mobile retentit dans la pièce. L’identité du destinataire de cet appel est probablement mon meilleur ami vu que je lui ai téléphoné sur le chemin du retour.
— Ty, je m’exclame, en décrochant à la hâte. Tu dois absolument me sauver la vie.
— Qu’est-ce qui se passe ?
— J’ai fait une énorme erreur…
— C’est-à-dire ?
— J’ai invité Kipling à dîner chez moi ce soir.
―Merde ! Riley...
— Je ne sais pas ce qui m’a pris.
— Tu es amoureuse tout simplement et tu veux te rapprocher de lui ! Il n’y a rien de compliqué à piger là-dedans !
— Hors de question ! Pas de rapprochement !!! Viens manger avec nous, s’il te plaît.
— Quoi !?
— Ça ferait moins romantique si tu étais présent.
— Non, tu te débrouilles. Tu lui as filé un rencard, assumes maintenant !
— Mais, Tyler…
Je ne peux rien ajouter d’autre, mon meilleur ami m’a raccroché au nez.
— Il se moque de moi, je mugis, en jetant mon téléphone sur mon lit.
**
Voilà une heure que je tourne en rond dans ma chambre ! Une heure à ruminer ma colère contre Ty de m’avoir lâchement laissée tomber, à appréhender l’arrivée de Kipling et le déroulement de notre soirée. Il m’a envoyé un message, il y a une bonne demi-heure maintenant, pour m’avertir qu’il quitte son bureau et qu’il me rejoint après un rapide passage par son appartement. C’est alors que la sonnette résonne dans la maison.
La respiration emballée, le cœur battant à tout rompre, je descends les quelques marches qui me séparent de la porte d’entrée. La main tremblante, j’active la poignée. Sur le seuil se tient mon visiteur, un sublime sourire sur les lèvres. Un sourire chaleureux et rassurant qui m’apaise instantanément.
— Bonsoir.
Kipling tend son bras vers moi et je découvre avec surprise de magnifiques roses dans sa main.
— C’est pour toi, me dit Kip, d’une voix légèrement hésitante.
Sentir son malaise devant le simple fait de m’offrir un bouquet de fleurs me fait sourire.
— Elles sont sublimes, merci beaucoup, je le remercie, en récupérant mon cadeau.
Je le contemple lorsque Kipling se penche vers moi. Je me tourne dans sa direction, un peu stupéfaite par cette proximité. Nos visages se trouvent si proches l’un de l’autre que je sens la douceur de son souffle contre ma peau. Délicatement, il vient presser ses lèvres à la commissure des miennes.
— Merci de m’avoir invité ce soir. J’avais très envie de te voir.
— Ça me fait plaisir. Entre. Je vais les mettre dans un vase.
Je commence mon ascension vers le deuxième étage et fonce tête baissée dans la cuisine où je me lance à la recherche d’un vase.
— Alors, tu as passé un bon après-midi ?
— Oh oui !
Il se penche sur le plan de travail, juste à côté de moi.
— Tu t’es baignée ?
— J’ai surtout préparé notre soirée.
— D’accord.
Je m’occupe de remplir le récipient avec mes roses sans jamais lever les yeux vers lui. Cette nouvelle approche entre nous me met profondément dans l’inconfort et ma température corporelle ne cesse de grimper en flèche au gré du regard incisif de l’homme assis en face de moi.
— Tout va bien ?
— Bien sûr.
— Tu es certaine de cela ?
— Mais oui…
— Tu ne sembles pas très à l’aise. Est-ce que cela vient du fait que je sois ici ? Tu te sens coupable par rapport à Vicky ?
— Je n’ai pas à me sentir ainsi. Nous ne faisons rien de mal. Elle ne m’a jamais dit qu’elle ne voulait pas que l’on se parle toi et moi.
— Que l’on se parle, répète mon invité sur un ton que je devine déçu.
J’acquiesce d’un mouvement de tête.
— Comment s’est passée ta journée de travail ? je me renseigne pour orienter notre conversation dans une direction différente.
— Comme toutes les autres. J’avais hâte de venir te rejoindre.
Je lui fais un sourire discret.
— Tu ne m’as pas dit. Où sont tes parents ?
— Mon père a amené ma mère dans un Bed & Breakfast près de la baie de Carmel pour fêter leur anniversaire de rencontre.
— C’est donc une escapade romantique.
— Exact.
— Depuis combien d’années se connaissent-ils maintenant ?
— Vingt-huit ans.
— C’est joli.
— Oui, c’est vrai ! Surtout quand tu vois que leur amour est encore aussi vif.
— J’ai toujours trouvé très belle la façon dont ils s’aiment.
— Je suis tout à fait d’accord avec toi. Veux-tu quelque chose à boire ?
— Une bière, si tu as.
— Oui.
Je pose mon bouquet de roses au salon et reviens à la cuisine pour prendre deux bières dans le réfrigérateur. Kipling s’installe autour de la table de bar. Je le sers avant de prendre place à ses côtés.
— C’est ça que tu cherches ?
Je relève la tête en entendant sa question qui me laissait perplexe.
— Pardon ?
— C’est une histoire d’amour comme la leur que tu veux vivre ? C’est pour cette raison que tu prends le temps de te lancer dans une relation sérieuse ?
— Je te trouve extrêmement curieux !
— J’avais osé penser que nous étions proches tous les deux. N’est-ce pas le genre de conversation que deux amis peuvent avoir entre eux ? Tu ne discutes jamais de ça avec Tyler ?
— Je parle de tout avec lui, mais nous nous connaissons depuis le jardin d’enfants. Et puis, il est gay…
Kip a un rire franc.
— Et comme je ne le suis pas, nous ne nous pouvons pas aborder des sujets plus personnels.
— Si, mais, c’est délicat.
— Et pourquoi ça ?
— Avec Ty, la situation ne pourra jamais être ambiguë.
— Et entre nous, si ?
Je sens un violent feu de joues me ravager le visage. Je baisse immédiatement les yeux espérant ainsi le camoufler.
— Bien sûr que non. Tu es le copain de Vicky, je marmonne, d’une voix qui monte dans les aigus tant ma gorge est entortillée.
— Étais ! il me reprend, sans attendre. C’est du passé maintenant.
— Tu demeureras l’homme qu’elle a aimé pendant sept longues années et qu’elle aime encore, d’ailleurs.
— Oui, j’imagine que je serai toujours cet homme-là…
Je déglutis douloureusement en entendant la tristesse dans son énonciation.
— As-tu eu le temps de t’occuper de tout ce dont nous avons besoin pour les travaux de ton appartement ?
Ma question n’est qu’une diversion pour orienter cette conversation sur un thème moins sensible. Mais aussi pour chasser ce malaise qui prend rapidement possession des lieux.
— Oui, j’ai tout ce qui nous sera nécessaire.
— Super ! On pourrait aller profiter dans le jardin. Qu’en dis-tu ?
— D’accord, je te suis !
J’en fais de même et me dirige vers l’escalier. Kip m’emboîte le pas, la mine découragée et ce constat me blesse plus que je ne l’aurais pensé.
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