Inevitable: Birth Of Love Tome 1 (Vol.1) (( New romance, New adult, sentimentale, contemporaine)) (French Edition)

Riley

Aéroport de New Ark

New York

 

La salle d’embarquement du vol 545 d’American Airlines à destination de New York est comme je le craignais en cette période de vacances estivales, pleine à craquer. Bree et moi progressons péniblement au milieu de la foule des accompagnants venus saluer proches et amis avant leur départ imminent.

— Alors, tu vois ! Je ne t’ai pas fait rater ton vol ma râleuse, me taquine ma colocataire, tandis que nous arrivons à proximité du comptoir d’embarquement.

— Nous n’en étions pas loin…

Elle m’enlace chaleureusement.

— Toi et ton obsession de l’heure allez me manquer.

— Toi aussi, tu vas me manquer.

— Tu es prudente ! Écoute bien les instructions de l’hôtesse et ne parle pas aux inconnus !

Je la relâche en levant les yeux au ciel.

— N’importe quoi !

— Essaie de bien t’amuser. Lâche-toi un peu, m’exhorte Bree, avec un grand sérieux.

— Ma sœur semble vouloir jouer les débauchées pour se remettre de sa rupture avec Kipling alors, je vais certainement devoir suivre le mouvement...

— C’est une bonne chose. Tu es trop sage !

« Dernier appel pour le vol 545 à destination de San Francisco, l’embarquement se déroule, porte-B ».

— Il faut que je me sauve.

J’embrasse mon amie.

— Tu me téléphones pour me prévenir que tu es arrivée.

— Promis.

Je rejoins l’hôtesse installée derrière son guichet et lui présente mon billet ainsi que mon passeport.

— Vous n’avez pas de bagages à faire enregistrer, mademoiselle ?

— Non, c’est bon.

— Très bien. Vous pouvez y aller. Je vous souhaite un agréable vol.

— Merci.

Je pénètre dans le corridor conduisant à la porte de l’avion et salue la jeune femme qui accueille les passagers à l’entrée de l’appareil.

— Bonjour, mademoiselle.

— Bonjour.

Elle jette un coup d’œil à la carte d’embarquement que je lui tends.

— Suivez-moi. Je vais vous indiquer à votre place.

— Je vous remercie.

Je la suis à travers les allées jusqu’à une rangée de fauteuils où une jeune femme dans la trentaine avec une très jolie chevelure blonde, et un homme qui pourrait être mon grand-père sont déjà installés. Veillant à ne pas les déranger, je prends place sur ce fauteuil qui sera le mien pour les trois prochaines heures.

Ayant chez mes parents, toutes les affaires qui me seront nécessaires, j’ai pour seul bagage mon sac à main. Je sors mes écouteurs que je relie à mon téléphone et lance une playlist de Linkin Park avant de retomber contre le dossier et de laisser la musique m’emporter. J’espère ainsi chasser ces pensées qui m’embrument le cerveau depuis que ma sœur m’a annoncé sa rupture avec Kipling. Je ne comprends toujours pas les raisons qui les ont conduits à cette situation. À mes yeux, ils représentaient le couple parfait, complice et harmonieux et, de toute évidence, je me suis fourvoyée.

Il est vrai que je ne les ai pas vus depuis un long moment et ce lien qui les unissait s’est probablement dégradé au cours mon absence. Après seulement quelques minutes à bavarder avec ma sœur, j’ai compris qu’elle est profondément marquée par cette surprenante séparation et que ce sera le sujet de discussion de l’été. Cette éventualité ne me réjouit pas plus que cela. Cependant, je veux être un soutien pour mon aînée, comme elle l’a toujours été pour moi, lors de mon choix d’orientation ou dans mon besoin d’éloignement par exemple. À l’époque, mes proches, Kipling y compris, s’étaient fermement opposés à mon départ pour New York. Seule Vicky avait réellement cherché à comprendre les raisons qui me motivaient à m’en aller, m’apportant son appui. Bien évidemment, je ne lui avais rien révélé sur la principale cause de mon besoin de partir, qui n’était autre que mon amour inconditionnel pour son petit ami, Kipling. Comment en suis-je arrivée à devoir mettre quelques milliers de kilomètres entre lui et moi ? Je l’ignore encore…

Ma sœur et Kipling avaient fait connaissance alors qu’ils faisaient leurs études supérieures. Elle était en droit à l’université de San Francisco. Lui apprenait l’architecture à l’Académie des Arts. La première fois où je l’ai rencontré, j’avais quinze ans, et l’amour ou les garçons étaient le cadet de mes soucis. Sa bonne humeur naturelle et son côté serviable avaient rapidement fait de lui un membre à part entier de la famille Reed et, comme nous étions un clan très soudé, nos rencontres étaient très fréquentes.

Et voilà comment j’étais tombée amoureuse de Kip… en douceur… Ces sentiments que je refoule depuis des années se sont imposés à moi progressivement. Notre entente était très bonne. Nous avions une passion commune pour le baseball, une aisance à parler de tout et de rien, une belle alchimie opérait lorsque nous passions du temps ensemble. Mais très vite, nos bavardages et ces marrades prirent un autre sens pour moi. Nous ne discutions plus, je buvais littéralement ses paroles. Nous ne rigolions plus, j’écoutais le son lumineux de son rire, le plus beau qu’il m’a été donné d’entendre. Mon cœur battait la chamade à l’approche de nos repas de famille et je comptais les jours qui m’en séparaient. Si cela avait pu me paraître anodin et stupide dans un premier temps, cela avait rapidement mué en une véritable souffrance pour moi. Convaincue que cela ne resterait qu’une lubie passagère dont j’apprendrais à plaisanter avec le temps, j’avais décidé de prendre mon mal en patience. Mais les mois, les années passant, n’avaient eu que pour effet de confirmer et même d’accroître cet attachement que j’éprouvais à son égard. Alors, entre ma douleur de nourrir un amour à sens unique pour le fiancé de ma sœur, la honte de moi-même qui ne faisait qu’amplifier, et mon incapacité à passer à autre chose, j’avais bouclé mes valises et pris mon envol pour New York.

Et me voilà de retour à San Francisco…

 

**

L’appareil qui me conduit de New York à San Francisco se pose sur la piste à l’heure du déjeuner. Je me hâte de le quitter. Ma sœur s’est gentiment proposée pour venir me chercher pendant sa pause et nous ne disposons que de peu de temps pour manger avant qu’elle ne me dépose à la maison.

Comme convenu entre nous la veille, Vicky m’attend dans l’un des nombreux restaurants que compte l’aéroport. Cette petite brasserie, à la décoration typique de ce genre d’établissement de restauration rapide, se trouve aux abords d’une des portes d’accès non loin du parking.

À mon arrivée, ma sœur a le regard rivé sur l’écran de son téléphone. Je la surprends en la serrant contre moi avant de déposer un baiser bruyant sur sa joue.

— Coucou !

— Je suis si heureuse de te voir.

Avec enthousiasme, elle abandonne sa chaise et me prend dans ses bras, m’étreignant fermement.

— Ma petite sœur, rit Vick en sautillant sur ses pieds comme une folle.

— Eh bien, tu es en forme, je constate, alors que nous trouvons place autour de notre table qui longe le mur de vitres qui nous offre une vue sur les pistes.

— J’attendais avec impatience ton retour. J’avais tellement besoin de toi, de te retrouver.

Sa mine subitement triste et torturée m’arrache un soupir reflétant la souffrance que je ressens en la voyant si peinée.

— Tu aurais dû m’en parler plus tôt !

— Pour que tu te précipites ici ! ? J’ai voulu que tu finisses ton année sereinement. Tu es là et je me sens bien mieux maintenant que ma précieuse Riley est enfin de retour.

— Seulement pour deux mois…

— C’est déjà très bien.

La serveuse nous apporte le repas qu’elle a préalablement commandé.

— Ça te convient ? elle s’empresse de me demander.

Je découvre mon assiette garnie d’un gigantesque hamburger accompagné de sa portion de frites.

— Attends, tu rigoles ! ? Il est terrible !

— J’ai pensé que ça te donnerait le courage nécessaire pour avaler la cuisine diététique de maman pendant les prochaines semaines.

Je ris.

— Alors, tout m’a manqué, sauf ça !

— Imagine, notre pauvre papa doit supporter ça à longueur d’année.

— Mmm, je m’extasie, en dégustant mon succulent repas. Je vais m’occuper de lui. Les Giants jouent ce week-end, nous irons nous goinfrer de pizza.

— C’est bien. Il va être content de passer ce moment avec toi.

— Ça fait une éternité que nous n’avons pas été au stade tous les deux.

— Tu sais qu’il a voulu m’amener la semaine dernière.

Je m’esclaffe.

— C’est pas vrai ! Il a osé te faire une telle proposition ! ?

— D’ordinaire, il y va avec Kipling et je crois qu’il n’avait pas envie de s’y rendre seul.

— Je vois. Comment te sens-tu par rapport à cette histoire ?

— Il y a des moments plus difficiles que d’autres.

— Tu as eu de ses nouvelles ?

— Pas depuis qu’il a quitté l’appartement ! De toute façon, je n’en veux pas.

— Ce qui est parfaitement compréhensif !

— J’ai réuni un carton d’affaires qu’il a oublié lors de son déménagement et je ne suis pas pressée de l’appeler pour lui demander de venir les chercher.

— Je…

Ma mauvaise conscience revient me tyranniser alors que je m’apprête à lui proposer de me charger de cette besogne qui paraît la rebuter. Pourtant mon intention est noble. Je ne désire que secourir ma sœur, et certainement pas trouver un moyen particulièrement sordide de le rencontrer à nouveau.

 — Je m’en occuperai, si tu veux ?

— Nous verrons ça plus tard. Pour le moment, célébrons nos retrouvailles.

Elle tend son verre de soda dans ma direction. Je récupère le mien avant de trinquer avec elle.

— À tes vacances, ma Riley.

— Oui, à notre été !

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