Je pense mieux

Christel Petitcollin · Chapitre 1 sur 54

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Je pense mieux

Introduction

 

Mes très chers lecteurs,

C’est la première fois que j’écris un livre-lettre, un livre-dialogue, un livre uniquement destiné à des lecteurs qui connaissent déjà un contenu précédent, qui m’en ont parlé et qui en attendent une suite. Cet exercice d’écriture inédit est accompagné d’une sensation étrange, enthousiasmante et intimidante : j’ai plein de choses à vous raconter et j’espère qu’elles vous seront utiles, mais comme je vous connais bien maintenant, je sais aussi que vos attentes sont immenses, votre curiosité insatiable, votre expertise pointue. Vous allez scanner toutes les données que je vais vous proposer. Je m’attends à ce que ce nouveau livre, tout en apaisant votre soif de comprendre dans un premier temps, déclenche néanmoins dans un deuxième temps une nouvelle salve de questions encore plus aiguisées. Je sais aussi que votre émotivité sera au rendez-vous. Quel challenge !

 

La parution de mon livre Je pense trop a été (et est encore) une aventure extraordinaire : je n’avais jamais reçu autant d’e-mails, de posts, de textos et de lettres à propos d’un de mes livres ! Depuis sa sortie, je reçois en moyenne une dizaine de retours par semaine : vos réponses, avis et questions représentent à ce jour un volume plus important que le livre lui-même ! Alors, déjà, pour cela, laissez-moi vous exprimer ma gratitude : merci du temps que vous avez pris pour partager votre ressenti. Je voudrais aussi m’excuser de ne pas avoir répondu à tous ces courriers : j’avoue avoir été noyée sous le nombre, les nouveaux e-mails poussant les plus anciens sur la page arrière, les faisant disparaître de l’écran de l’ordinateur… Je n’ai pas encore trouvé comment mettre en place une gestion optimale de ce courrier. Je présente donc mes excuses à ceux à qui je n’ai pas répondu. J’ai écrit d’autres livres qui eux aussi génèrent de très longs courriers. Bien que je lise chaque lettre, je ne peux pas gérer autant de romans-fleuves. Quelle frustration, pour vous comme pour moi !

 

Dans votre courrier, vous m’avez exprimé vos remerciements avec beaucoup d’enthousiasme, de chaleur, d’affection aussi : certains m’appelant « chère Christel », me serrant dans leurs bras, m’embrassant… Vous avez également exprimé beaucoup de souffrance : « Après toutes ces années de galère, enfin une explication à ce que je suis ! » Certains e-mails m’ont touchée par la détresse qui s’en dégageait : « Vous m’avez sauvé du suicide ! » disaient-ils en substance. Vous avez partagé avec moi vos expériences de vie, vos déductions, mais aussi vos pérégrinations mentales (parfois sur plusieurs pages…) et enfin, vous m’avez inondée de questions…

 

Lors des consultations, nous avons pu aussi nous appuyer ensemble sur le contenu de Je pense trop, comme sur un socle, utilisant ce que vous aviez pu comprendre de vous-même pour progresser dans l’exploration de vos mécanismes mentaux. Nous avons pu échafauder des hypothèses, les vérifier ou les infirmer. Votre créativité étant au rendez-vous, vous m’avez aussi surprise et parfois émerveillée par l’utilisation constructive que vous savez faire de ces découvertes sur vous-même. Bref, je dois vous l’avouer : j’ai un plaisir immense à travailler avec vous et à continuer d’avancer dans la connaissance du fonctionnement de votre cerveau !

 

Certains d’entre vous m’ont parfois demandé quelle légitimité j’avais pour aborder ce sujet de la surefficience. Ils auraient voulu que je leur prouve qu’ayant disséqué des cerveaux, j’avais isolé le neurone, le gène ou la séquence d’ADN de la surefficience. Ils voudraient un test infaillible qui leur indique sans discussion possible qu’ils sont surefficients. Ils m’ont parfois regardée avec méfiance : comment en une seule discussion, voire en quelques mots pouvais-je savoir qu’ils n’étaient pas normo-pensants ? Difficile d’expliquer que la pensée ouistiti, qui rebondit d’une idée à l’autre comme une balle de ping-pong, apparaît généralement dès la première phrase ! Je me suis souvent retrouvée dans la position d’un botaniste tenant un gland dans la main, face à une personne suspicieuse, me demandant de lui prouver que ce gland était bien tombé d’un chêne.

 

Alors, quelle légitimité ai-je à aborder ce sujet ? Rassurez-vous : aucune ! Et c’est sans doute grâce à cela que j’ai pu aborder ce sujet d’une manière différente. Ma spécialité, c’est la communication et le développement personnel. C’est à travers vos interactions et sans rien « pathologiser » que je vous ai étudiés. Le travail que j’ai fourni pour Je pense trop est avant tout un travail d’écoute, d’observation, de documentation, puis d’analyse, de regroupement et de recoupement des données et pour finir de synthèse. Les sociologues appellent ces échanges où on recueille de l’information sans chercher à orienter les réponses « des entretiens qualitatifs ». Et cela fait vingt ans que je passe mes journées en entretiens qualitatifs ! En fait, c’est vous qui avez écrit Je pense trop et c’est pour cela que vous vous y êtes si bien reconnus de la première à la dernière page.

 

Cette fois encore, je vous ai écoutés, observés, questionnés. J’ai étudié autant que faire se peut votre abondant courrier, entendu vos interrogations, compris vos préoccupations et exploré avec vous les solutions. Je me suis aussi copieusement documentée. Ce nouveau livre est en grande partie le vôtre, écrit avec votre collaboration active et enthousiaste. Merci à vous tous pour l’abondance et la richesse de vos apports à ce nouveau livre.

 

Paradoxalement, bien que ce livre soit essentiellement composé de vos éléments, j’espère bien vous surprendre et vous offrir des sources de cogitation inédites ! J’ai choisi de vous emmener sur des chemins différents de ceux ordinairement empruntés dans les livres et les articles que j’ai pu lire sur la surdouance. J’ai plein de pistes à vous proposer : l’autisme, le jumeau perdu, le chamanisme, la physique quantique, les chimpanzés… Je vous conseille de lire les ouvrages indiqués dans ma bibliographie : vous y trouverez un prolongement et un approfondissement des pistes que je vous propose. Je vais aussi répondre à certaines de vos questions – sur votre hyperémotivité, sur vos rapports avec le monde du travail, sur l’amour… – et à certaines questions que vous oubliez de vous poser : sur l’argent, sur les obligations sociales incontournables, sur la nécessaire réciprocité dans les échanges humains… Comme à mon habitude, je vous ai concocté un cheminement cohérent d’une page à l’autre et je vous demande d’accepter de me suivre dans ma progression. Je sais aussi d’avance que certains d’entre vous ne pourront pas s’empêcher de butiner dans ces pages en diagonale !

 

Mais, avant tout, je voudrais une nouvelle fois vous remercier de tout mon cœur pour votre confiance, vous qui tenez ce nouveau livre entre vos mains. J’ai tant de choses à vous dire, ne perdons pas de temps. En route !

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