Je pense mieux
Ne plus jamais être victime des manipulateurs
Nous l’avons vu avec l’anecdote de Liane Holliday : vous êtes des proies idéales pour les manipulateurs. Les comportements déviants vous prennent systématiquement de court. En raison du dysfonctionnement des fonctions exécutives de votre cerveau, vous ne pouvez gérer ni l’effet de surprise ni les situations anormales, pas plus que le stress qu’elles génèrent. Votre programmation à essayer coûte que coûte de créer du lien, même avec des gens qui ne sont que dans la domination de l’autre, est aussi un sacré handicap. Avec votre manie de donner trop de sens aux mots prononcés, vous vous faites attraper comme un lapin par les oreilles et vous adhérez à leurs discours creux et vaseux. Mais, ça c’était avant de lire ce livre, n’est-ce pas ? Vous allez faire ce qu’il faut pour que les manipulateurs ne prennent plus le contrôle de votre cerveau.
Pour commencer, vous devez apprendre à reconnaître les comportements pervers, afin de pouvoir les anticiper et pratiquer à temps la contre-manipulation. Mais pour cela, il faudra commencer par admettre que la malveillance et le calcul existent chez certaines personnes, même si elles prétendent vous aimer. Ensuite, comme les manipulateurs ne connaissent que le rapport de force, vous ne pourrez pas faire l’économie d’une confrontation brutale avec eux, pour vous en débarrasser, à moins de pouvoir fuir très loin ! Vous devez donc développer vos capacités d’affirmation de soi et oser aller au conflit. Un manipulateur vous oblige à faire face à la noirceur du monde.
Sur le sujet des manipulateurs, je dois dire que je suis fatiguée. Un fossé est en train de se creuser entre mon expérience et la vôtre. Des manipulateurs, vous en gérez un ou deux à la fois. Si tant est que vous les ayez repérés. Étant dans l’interaction, vous n’avez pas beaucoup de recul sur leurs agissements. Moi, à travers leurs victimes, je gère en permanence simultanément une bonne cinquantaine de manipulateurs depuis vingt ans. Et des gratinés, de surcroît ! Heureusement que ce ne sont pas les miens et que je ne m’en occupe que pendant les heures de bureau, parce que ça en fait du stress et de la souffrance, croyez-moi ! Avec toutes ces années passées aux côtés des victimes, je n’ai plus aucun doute sur le cynisme, la bêtise et la cruauté des manipulateurs (et des manipulatrices aussi, bien sûr !). Je n’ai plus de patience, ni de compassion pour ces gens mauvais, qui ne souffrent pas et ne sont pas à plaindre. Ils sont pleinement conscients du mal qu’ils font, même si vous ne voulez pas le croire. Ils me l’ont dit eux-mêmes, souvent fièrement, trop contents de leurs mesquineries minables ! Je ne supporte plus le mal que ces salauds vous font, avec la complicité passive des normo-pensants, qui n’y comprennent rien.
Alors, zut ! Mettez-y un peu du vôtre ! Ouvrez les yeux. Par moments, votre angélisme m’exaspère, à l’instar de celui d’Amélie, qui me trouve si méchante avec ces pauvres manipulateurs. Parfois, tout en me consultant pour sortir de l’emprise d’un manipulateur, vous continuez à me servir un discours aussi ingénu que celui d’Amélie. Comme elle, vous me regardez de travers quand j’essaie de vous ouvrir les yeux. C’est sûrement cet aspect de la surefficience qui me donne le plus souvent envie de jeter l’éponge. Il est difficile de vous protéger de vous-même et de votre candeur. Là, je suis bien d’accord avec vous, vous n’êtes pas intelligents du tout ! Si cela ne concernait que vous, je penserais : « Après tout, si vous voulez continuer à croire que les loups sont des agneaux, que je suis vilaine d’appeler un loup un loup, et que j’ai des comptes perso à régler avec les loups… », mais votre attitude de déni fait le jeu des pervers et c’est préjudiciable pour toutes les autres victimes. Que les normo-pensants n’y comprennent rien, c’est une chose, et c’est déjà dramatique. Mais si vous, qui avez la structure mentale adéquate pour comprendre, faites l’autruche, vous devenez leur complice et ça, je ne peux pas vous le pardonner.