Je pense mieux

Christel Petitcollin · Chapitre 8 sur 54

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Je pense mieux

Chapitre 3 : Apaiser votre hypersensibilité

Votre hyperémotivité est également composée d’hypersensibilité. Vous vous sentez heurté par beaucoup de choses, à titre personnel, mais aussi par ce qui se passe dans le monde. Un mot, une intention, une critique, mais aussi parfois une mauvaise interprétation de votre part et vous voilà bouleversé. Je vous vois faire sur Facebook : tant de causes vous tiennent à cœur, tant de choses vous indignent, vous révoltent, vous attendrissent, vous apitoient… Vous relayez des informations et des photos « émotionnelles », donc quelques intox… (Ça m’est arrivé aussi !) Ayant les défauts de vos qualités, vous faites également preuve de beaucoup d’enthousiasme devant les bonnes actions, de compassion, d’émerveillement. Mais tout cela alimente votre hyperémotivité.

 

Dans le livre de Vadim Zeland, 1 Transurfing (livre que je vous recommande vivement !), j’ai trouvé un nombre invraisemblable de pépites, issues de la physique quantique. En voici déjà deux, qui peuvent beaucoup vous aider à atténuer votre hypersensibilité : les balanciers et les forces d’équilibrage.

 

Fuyez les balanciers

Pour Vadim Zeland, un « balancier » est simplement un conglomérat d’individus. Par exemple, une ruche ou une termitière est un balancier. Un club de foot amateur, une association caritative ou un parti politique, aussi. Prenez le temps de l’observer : nous vivons entourés de balanciers. Dès lors qu’un balancier se crée, il n’a que deux objectifs : attirer à lui un maximum d’individus et se nourrir de leur énergie. Le club de foot amateur a besoin de bénévoles, l’association caritative de dons, le parti politique d’électeurs… Énergie positive ou négative, peu importe. Ainsi, que vous soyez « pour » ou que vous soyez « contre » une cause, vous donnez votre temps et votre énergie à ce balancier. Or, pour un balancier, l’essentiel est que le plus possible de gens en parle et y consacre leur temps, donc votre opposition le sert. Pour mieux se faire connaître, le balancier mettra sur un piédestal un de ses membres, voué à la gloire ou à la célébrité pour devenir l’équivalent d’une oriflamme. Ne vous y trompez pas, même un président de la République n’est que l’étendard de son balancier. De même, un acteur célèbre devient la bannière de l’industrie du cinéma. Le cinéma existera sans lui, mais lui ne peut exister que grâce au cinéma (à moins d’épouser la cause d’un autre balancier en guise de reconversion). La mort, pour un balancier, c’est l’indifférence des foules. Si vous n’êtes plus acheteur, vous neutralisez le vendeur. C’est pourquoi les boycotts bien menés ont un réel impact. J’ai trouvé fascinant de pertinence cette notion de balancier. Quel est l’intérêt pour vous de repérer ces mécanismes ? Il est multiple.

 

Tout d’abord, réalisez qu’avec votre émotionnel en fusion, vous êtes un excellent client pour tous les balanciers ! Vous vous indignez et vous vous enthousiasmez pour une foule de choses. Faciles à enflammer, faciles à récupérer ! Cessez de foncer dans tous les chiffons rouges que vous tendent ces balanciers sous les naseaux, prenez du recul et cherchez les éventuelles manipulations d’opinions sous-jacentes. Pourquoi cette cause est-elle mise en avant ? À qui va profiter votre générosité ou votre indignation ? Comment est orchestrée l’opinion publique sur cette information ? À qui profite le « crime » ? Bref, passez systématiquement en deuxième degré.

Ensuite, les balanciers sont friands des jeux psychologiques à base des

rôles du triangle « victime, bourreau, sauveur », dans lesquels la victime 2 est rarement celle qu’on croit. Prenez beaucoup de recul sur les situations dramatiques. Il y a des façons d’aider qui sont saines et d’autres qui alimentent le jeu. Par ailleurs, comprenez que « lutter contre » et même « lutter pour » est stérile. Les engouements et les indignations ne sont que des feux de paille. Si vous voulez vraiment aider une cause, un seul chemin, le long terme : de la patience, de la diplomatie, de l’information et de la pédagogie. Les pompiers vous le diront : pour éteindre un feu, il faut viser la base des flammes avec le bon extincteur. Ne vous trompez pas de combat et choisissez votre angle d’approche avec discernement.

 

Par exemple, la cause animale est une des causes qui vous bouleversent le plus et c’est bien normal, mais ne vous trompez pas de problème ! Renoncer à manger de la viande ou à porter des chaussures en cuir ne résoudra pas le problème de la maltraitance des animaux. Cette maltraitance se retrouve partout : dans l’abandon des animaux par des particuliers au moment des grandes vacances ; dans les spectacles de dauphins ou d’orques dans les parcs aquatiques ; dans les conditions de vie des zoos, qui rendent les animaux tristes, stressés et névrosés ; dans la condition des chevaux, prisonniers de box minuscules et solitaires alors que ces animaux ont besoin d’espace et de présence ; autant que dans les conditions d’élevage, de gavage et d’abattage. Il y aurait aussi beaucoup à dire sur la façon dont des maîtres immatures, même bien intentionnés, traitent leurs animaux de compagnie, avec anthropomorphisme, les habillant comme des poupées, les gavant de sucreries, les rendant obèses, les noyant de caresses pour combler leurs besoins de câlins exacerbés par leur incapacité à aimer les humains… Bref, mettre des bottes en plastique et des polaires en synthétique ne résout pas le problème de la cause animale et en crée d’autres : quelle biodégradabilité pour les bottes en caoutchouc et les vêtements en polaire ? Alors, si vous mettiez plutôt votre énergie à créer, après la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, puis celle des droits des enfants, une déclaration des droits des animaux, qui leur donnerait un statut légal et qui protégerait leur dignité et leur intégrité ? Ce n’est qu’un exemple de la façon dont on peut mordre intelligemment aux balanciers, je n’ai pas l’intention d’en créer un de plus !