Je pense mieux

Christel Petitcollin · Chapitre 6 sur 54

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Je pense mieux

Choyez vos ressentis

 

De la même façon, des informations de chaud, de froid, d’humidité ou de sécheresse, une climatisation mal réglée, des vêtements qui serrent ou qui grattent, un arrière-goût rance, un relent nauséabond, sont autant de petites agressions qui peuvent facilement être évitées. Comment dormir dans des draps rêches ou boulochés ? Même l’odeur d’une pièce, d’une voiture ou d’une personne peut vous empêcher de vous concentrer. Ça vaut le coup d’éliminer toutes ces sources d’inconfort. Votre check-list peut s’appliquer au mobilier (confort, ligne et bois massif, par exemple), aux vêtements (étiquettes, élastiques et matières), mais aussi aux sprays désodorisants, aux cosmétiques et détergents : texture et parfum des gels douches, crèmes hydratantes, shampoings, lessives, assouplissants et autres. Bref, soyez à l’écoute de toutes ces informations sensorielles et prenez tout le temps dont vous avez besoin pour choisir vos produits, même votre lessive.

 

L’aspect kinesthésique concerne également le confort ergonomique. Beaucoup d’entre vous oublient d’écouter leur corps. Soyez attentif à votre position, votre respiration, sans oublier de bâiller, de respirer, de bouger, de vous étirer régulièrement, surtout quand votre cerveau a longuement mouliné. Observez et modélisez les chats, champions du confort et de la détente.

 

Le thérapeute Bernard Raquin dit que l’enfant tient plus du moustique que de l’être humain. Quand on est hyperesthésique et qu’un petit bonhomme virevolte bruyamment autour de soi, on doit parfois beaucoup prendre sur soi pour garder son self-control. Vous l’avez sans doute remarqué : essayer de faire abstraction de la présence de l’enfant empire les choses des deux côtés. L’enfant cherche l’attention de l’adulte parce qu’il en a besoin, l’adulte essaie de s’isoler dans sa bulle pour garder sa concentration. En général, cela finit mal. Mieux vaut renoncer à être tranquille, accorder toute sa disponibilité à l’enfant pendant un long moment pour qu’il puisse faire le plein d’attention, puis l’informer qu’on n’est plus disponible pour lui parce qu’on a des choses à faire. On lui demande alors clairement de s’occuper tout seul. C’est plus constructif que d’essayer de jouer sur les deux tableaux simultanément. Une présence qualitativement intense nourrit mieux le besoin d’attention d’un enfant qu’une demi-présence quantitativement plus longue. Les enfants doivent aussi apprendre à laisser les adultes tranquilles. C’est plus simple pour eux d’y arriver s’ils ont reçu en amont leur compte d’attention.

 

Sans doute aurez-vous vos astuces personnelles, pleinement adaptées à votre hyperesthésie. Par exemple, vos lunettes de soleil et des bouchons d’oreilles toujours à portée de main ou une écharpe parfumée autour du cou pour y blottir votre nez en cas d’émanations pestilentielles intempestives, comme une personne mal lavée dans le train à côté de vous… Régulièrement, au cours de la journée, mettez toute votre attention, toute votre conscience, dans votre système sensoriel : faites le point et ajustez. N’hésitez pas à vous isoler régulièrement. Vous avez besoin de moments de solitude et de tranquillité pour vous ressourcer. Vous devriez déjà ainsi faire significativement baisser votre niveau de stress et de fatigue, améliorer votre capacité à vous concentrer et à diminuer la fréquence de vos explosions. Ensuite, comme je vous le conseillais déjà dans Je pense trop, pensez à saturer régulièrement vos cinq sens d’informations agréables : je vous prescris de l’art et de la nature à très hautes doses ! Dans des environnements voluptueux, vous pourrez jouir sereinement de l’originalité de votre système sensoriel.

 

Nathalie m’écrit : « Juste une petite chose à dire pour les hobbies concernant les surefficients : avec cette façon de voir les choses différemment, la photo, même en amateur, permet de montrer “notre façon” de voir le monde. Personnellement, surtout la nature. Pas besoin d’appareil exceptionnel pour sortir du lot, juste cadrer l’instant que l’on perçoit. Oui, le regard cerveau droit est original, neuf et précis. Il permet de faire des photos très touchantes et très frappantes. Il en va ainsi des cinq sens. »