Je pense mieux

Christel Petitcollin · Chapitre 15 sur 54

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Je pense mieux

Chapitre 5 : Le monde autistique du bisounours

Qui sont les suref cients ?

 

Le premier et le meilleur moyen de combler ce déficit d’ego chronique est de faire face une bonne fois pour toutes à qui vous êtes, sans peur et sans fausse modestie. La question se pose depuis l’écriture de Je pense trop : de qui et de quoi parlons-nous quand nous parlons de surefficience ? De surdoués, HPI, précoces ? De dyslexiques, dysorthographiques, dyscalculiques, dysphasiques, dys-trucs ou dys-machins… ? D’hyperactifs, de TDHA ? D’autistes ? De neuro-droitiers ? De personnalités borderlines ? De bipolaires ? Dans son livre Ma vie

d’autiste1, Temple Grandin fait remarquer qu’entre les gens considérés comme des hauts potentiels intellectuels et les dyslexiques, il existe un véritable no man’s land.

 

Je pense que la façon dont les normo-pensants étudient les phénomènes, en les cloisonnant, en les isolant et en se spécialisant dans chaque branche, empêche effectivement de voir le phénomène de la surefficience dans son ensemble. Pour essayer de comprendre qui il est, le surefficient est obligé de faire le tri entre les différentes appellations et leurs contenus, qui se recoupent et se complètent, mais seulement partiellement. Il doit de plus simultanément se protéger de la tendance des normo-pensants à considérer comme pathologique tout ce qui est hors de leurs normes. Quand est-on déficient ou juste différent ? Dans cette jungle d’appellations, il est difficile de se situer, de comprendre son fonctionnement, et surtout de savoir ce qui est normalement différent et ce qui est anormalement différent.