La maison dorée
Un héritage
ANNÉE 1705
Un héritage
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À dix-huit ans, Thea se sent trop âgée pour fêter son anniversaire. La grande comédienne Rebecca Bosman a eu trente ans en décembre et elle n’y a jamais fait allusion, elle : quelle sophistication. Dans son lit, enveloppée de l’aube sombre du mois de janvier, Thea frissonne sous les draps. Elle entend sa tante et Cornelia se chamailler dans le salon, et son père tirer la table pour libérer le tapis où ils prendront le petit déjeuner. Ils commencent toujours l’anniversaire de Thea assis sur ce tapis. Une invariable tradition, jouer aux aventuriers, se contenter des provisions qu’ils ont pu rassembler. C’est une idée bien désolante puisque aucun d’eux n’a franchi les enceintes de la ville depuis des années. Et puis : qu’y a-t-il de mal à manger à table ? Ils ont réussi à en conserver une digne de ce nom : ils devraient l’utiliser. Les adultes mangent bien à table. Si Rebecca Bosman devait endurer un petit déjeuner d’anniversaire, elle le prendrait à table, elle.
Mais Thea ne peut rien exprimer de tout cela. Elle ne peut supporter de descendre et de voir sa tante Nella, le dos tourné, occupée à repositionner les guirlandes en papier fané qu’elle aura sûrement suspendues aux immenses fenêtres givrées. Son père, le regard rivé sur le tapis élimé. Cornelia, sa vieille gouvernante, contempler d’un air triste les petits pufferts qu’elle aura passé la nuit à cuisiner avec soin. Thea ne veut pas leur faire de peine mais elle ignore comment s’extirper de ce rôle qu’ils lui ont assigné, leur enfant commune. Elle aurait pu devenir une femme, aujourd’hui, mais la joie dans cette demeure est sans cesse entremêlée d’une peur de la perte.
Et voici, venu d’en bas, un parfum d’épices sucrées qui se glisse sous la porte de sa chambre. Les pufferts infusés à l’eau de rose, décorés du prénom de Thea, au cas où elle l’aurait oublié. Les œufs au cumin crémeux de Cornelia qui la retiennent prisonnière, de tièdes roulés au beurre qui la réchauffent. Du beurre de Delft, un vrai cadeau, et un doigt de vin doux pour les adultes. Thea rejette ses draps, sans parvenir pour autant à trouver l’énergie de se lever, n’éprouvant aucun enthousiasme à la promesse du beurre des grandes occasions. Son seul espoir, c’est qu’ils lui aient acheté des billets pour le Schouwburg, où elle pourra revoir Rebecca Bosman sur scène. Puis, à la fin de la pièce, elle pourra se glisser en secret auprès de Walter, la seule personne capable de la tirer du lit.
Bientôt, songe Thea. Bientôt, nous serons réunis et tout nous semblera parfait. Mais pour l’heure : une enfance prolongée et rance.
Rassemblant enfin le courage d’enfiler ses pantoufles et sa robe de chambre, Thea descend lentement l’escalier afin de ne pas être entendue et s’efforce d’éprouver de la gratitude. Elle doit faire en sorte de ne pas les décevoir. L’engouement excessif de sa famille pour son anniversaire ne la dérangeait pas, avant, mais un océan sépare l’enfance du jalon des dix-huit ans. Ils vont devoir commencer à la traiter en adulte. Et peut-être que cette année, pour la première fois de sa vie, quelqu’un va enfin lui offrir le présent dont elle a réellement envie en lui parlant de sa mère, un cadeau en forme d’histoire, ou au moins d’anecdote ! Oui, nous savons tous qu’aujourd’hui est le moment le plus difficile du calendrier de la famille Brandt. Oui, exactement dix-huit ans plus tôt dans cette maison, Marin Brandt trouvait la mort en donnant vie à Thea. Mais qui pourrait bien trouver cette journée plus difficile que moi, songe Thea en arpentant le carrelage du vestibule – moi, qui ai grandi sans mère ?
Chaque année, ils ne parlent que de la façon dont Thea a grandi en douze mois, combien elle est encore plus belle, plus intelligente, comme si Thea était une personne totalement différente à chaque fois. Comme si, chaque 8 janvier, une journée toujours triste et toujours glaciale, elle leur apparaissait, sortie d’un œuf. Mais Thea n’a pas envie qu’on lui renvoie le reflet de sa croissance. Un miroir lui suffit. À son anniversaire, elle veut se regarder dans la glace et y voir sa mère, comprendre qui elle était et pourquoi son père refuse de parler d’elle. Pourquoi la plupart de ses questions ne trouvent en guise de réponse que lèvres pincées et échanges de regards maussades. Elle hésite, le dos collé au mur. Ils pourraient être en train de parler de Marin Brandt à l’instant même.
Devenue experte dans l’art d’écouter aux portes, Thea patiente dans l’ombre devant le salon, retenant son souffle avec espoir.
Non, ils se chamaillent pour savoir si Lucas, le chat, acceptera d’arborer une collerette pour son anniversaire. « Il déteste ça, Cornelia, dit sa tante. Regardez ses yeux. Il va vomir sur le tapis.
— Mais ça fait toujours rire Thea.
— Pas si elle mange des pufferts à côté d’une flaque de vomi. »
Lucas aux yeux jaunes, leur dieu des reliefs de nourriture, pousse un miaulement indigné. « Coquelicot, intervient le père de Thea, n’habille pas Lucas pour le petit déjeuner. Accorde-lui ça. Il pourra peut-être se mettre sur son trente-et-un pour le dîner.
— Vous n’avez aucun sens de la fête, tous les deux, rétorque Cornelia. Ça plaît à Thea. »
Ces rythmes familiers, ces voix : Thea n’a jamais connu grand-chose d’autre. Elle ferme les yeux. Elle adorait écouter Cornelia, sa tante Nella, son père, s’asseoir à leurs pieds ou se suspendre à leur cou, être adorée et câlinée, étreinte et chatouillée. Mais, ces derniers temps, ce n’est plus cette musique qu’elle recherche, ce n’est plus à leur cou qu’elle veut s’accrocher. Et cette conversation pour savoir si leur énorme chat devrait porter une collerette lui donne une furieuse envie d’être n’importe où ailleurs. D’être loin d’ici, de commencer sa propre vie, car aucun d’eux ne semble savoir ce que cela signifie, d’avoir dix-huit ans.
Elle prend une profonde inspiration, soupire, et fait son entrée. Comme une seule personne, ils se tournent vers elle et leurs regards s’illuminent. Lucas trotte vers elle, chancelant sous son propre poids. Les guirlandes de papier sont suspendues aux fenêtres, comme elle s’y attendait. À l’instar de Thea, tous les membres de sa famille sont encore en vêtements de nuit – une autre Tradition de l’Anniversaire de Thea –, et voir les contours de leurs vieux corps est mortifiant. À dire vrai, sa tante Nella affiche encore une allure convenable à trente-sept ans mais son père en a quarante et un, et un homme de quarante et un ans devrait s’habiller avant de se présenter au petit déjeuner. Cornelia a des hanches si larges – n’a-t-elle pas honte de la manière dont la lumière traverse sa chemise ? J’en serais gênée, pense Thea. Je ne laisserai jamais mon corps flageoler ainsi à découvert. Mais ils n’y peuvent rien. Cornelia répète souvent : « On vieillit, nos hanches s’élargissent, et puis on meurt. » Mais Thea sera comme Rebecca Bosman, qui rentre encore dans les vêtements qu’elle portait à l’âge de Thea. Le secret, affirme Rebecca, est de marcher d’un bon pas devant les pâtisseries. Cornelia serait de l’avis contraire.
« Joyeux anniversaire, ma Théière ! rayonne Cornelia.
— Merci », répond Thea, qui s’efforce de ne pas grimacer en entendant son surnom. Elle prend Lucas dans ses bras et s’avance vers le tapis où ils sont tous réunis.
« Tu es si grande, constate son père. Quand vas-tu arrêter de grandir ? Je n’arrive plus à suivre.
— Papa, je fais la même taille depuis deux ans. »
Il la serre longuement dans ses bras. « Tu es parfaite.
— Elle est Thea », ajoute sa tante.
Thea croise le regard de sa tante et repose Lucas par terre. C’est toujours tante Nella qui essaie d’entraîner son père loin du précipice des éloges excessifs. Tante Nella, toujours la première à trouver des défauts.
« Allons manger, dit Cornelia. Lucas, non ! » Car le chat, sans collerette ni entraves, a déjà saisi un morceau d’œuf dans sa gueule. Il se déplace sans bruit vers un angle de la pièce, son arrière-train pareil à une ample culotte beige. Les Amstellodamois n’apprécient généralement pas la présence d’animaux chez eux, craignant les empreintes de pattes sur les sols fraîchement lessivés, les déjections abandonnées dans les coins propres, les meubles massacrés. Mais Lucas est indifférent à l’opinion publique. Il possède une perfection unique et il apporte à Thea un réconfort constant.
« La créature la plus avide du Herengracht, déclare tante Nella. Il refuse de chasser les souris mais il est bien heureux de manger notre petit déjeuner.
— Laisse-le tranquille, réplique Thea.
— Ma Théière, intervient Cornelia, voilà vos pufferts d’anniversaire. » Elle les lui tend, de minuscules galettes épelant son nom, THEA BRANDT. « Il y a du sirop à l’eau de rose, sauf si vous préférez quelque chose de plus goûteux…
— Non, non, c’est très bien. Merci. » Thea s’installe sur le tapis, pliant les jambes sous elle avant de fourrer deux pufferts à la suite dans sa bouche.
« Doucement ! la réprimande Cornelia. Otto, un roulé au beurre avec un œuf ?
— Oui, s’il te plaît, répond-il. Mes genoux ne vont pas supporter le tapis. Je vais m’asseoir dans un fauteuil, si cela ne dérange personne.
— Vous n’avez pas quatre-vingts ans non plus », remarque tante Nella, mais le père de Thea l’ignore.
Les femmes prennent place sur le tapis. Thea se sent ridicule et elle est soulagée qu’aucun passant ne puisse les voir depuis la rue. « Tu veux un peu de vin ? » demande tante Nella.
Thea se redresse et pose son assiette sur ses genoux. « Je peux vraiment ?
— Tu as dix-huit ans. Tu n’es plus une enfant. Tiens. » Tante Nella lui tend une petite timbale.
« Il vient de Madère, explique son père. Ils avaient un tonneau non
répertorié à la VOC 1, vendu à moitié prix.
— Dieu merci, dit sa tante. Nous n’avons pas les moyens d’acheter des tonneaux de vin de Madère. »
Une irritation fugace passe sur le visage paternel et tante Nella rougit, baissant les yeux vers les motifs torsadés du tapis.
« Portons un toast, continue son père. À notre Thea. Qu’elle soit toujours en sécurité…
— … bien nourrie, ajoute Cornelia.
— … et heureuse, termine Thea.
— Et heureuse », conclut sa tante en écho.
Thea avale le vin, un choc incandescent irradie son estomac et lui donne du courage. « Comment s’est passé le jour de ma naissance ? » demande-t-elle.
Silence sur le tapis, silence dans le fauteuil. Cornelia tend la main et saisit un roulé au beurre qu’elle fourre d’œuf mousseux. « Alors ? insiste Thea. Vous étiez tous présents. »
Tante Nella se tourne vers le père de Thea. Leurs regards se croisent.
« Tu étais bien présent, Papa, non ? interroge Thea. Ou suis-je venue au monde seule ?
— Nous sommes tous seuls, en venant au monde », rétorque sa tante. Cornelia lève les yeux au ciel. Son père ne dit rien. C’est toujours pareil.
Thea pousse un soupir. « Ma naissance ne vous a pas fait plaisir. »
Les membres de sa famille semblent reprendre vie et se tournent vers elle, horrifiés. « Oh si ! s’écrie Cornelia. Nous étions si comblés ! Vous étiez une vraie bénédiction.
— J’ai provoqué la fin de quelque chose », dit Thea.
Tante Nella ferme les yeux.
« Tu étais un commencement, dit son père. Le meilleur commencement qui soit. Et maintenant : je pense que le moment est venu d’ouvrir les cadeaux. »
Thea a échoué, une fois encore. Le plus simple est de manger un autre roulé au beurre et de déballer les cadeaux qu’ils ont déposés devant elle. De la part de Cornelia, une boîte de ses biscuits préférés à la cannelle ; de son père et tante Nella – oui, ils ont tout de même prêté attention à une part de son âme, au moins – deux billets pour la représentation de Titus qui a lieu cet après-midi. « Des places dans la galerie ? » s’exclame-t-elle, le cœur emballé. C’est extrêmement généreux. « Oh, merci !
— Ce n’est pas tous les jours que tu as dix-huit ans, dit son père avec un sourire.
— Nous pourrions en profiter pour passer la journée toutes les deux, dit Cornelia. Vous et moi. »
Thea contemple leurs expressions enjouées. Elle comprend qu’ils ont déjà choisi la personne qui l’accompagnerait – c’est logique, estime-t-elle, puisque son père doit bientôt se rendre à la VOC, où il travaille aux inventaires, et que sa tante n’apprécie pas le théâtre. « Merci, Cornelia », dit-elle, et sa vieille gouvernante lui serre la main.
Titus est une pièce particulièrement violente, Thea préfère les romances. Idylles sylvestres, rêves insulaires où tout se brouille avant de se résoudre pour le mieux. Depuis l’âge de treize ans, Thea traîne sa tante ou Cornelia au théâtre de la ville. Elles arrivent en avance, paient l’entrée et un supplément de deux stuivers pour le parterre, sans espoir de pouvoir s’offrir le balcon, encore moins une loge, et elles attendent que la salle se remplisse de six cent quatre-vingt-dix-huit autres corps. Quand elle s’évade dans l’univers de la comédie ou de la tragédie, Thea se sent chez elle. À l’âge de seize ans, après maintes supplications et cajoleries, et malgré les protestations véhémentes de Cornelia, sa famille l’a autorisée à parcourir seule le trajet de cinq minutes jusqu’au théâtre, à la condition qu’elle rentre aussitôt le spectacle terminé. Jusqu’à sa rencontre avec Walter six mois plus tôt, elle avait respecté sa part du marché. Mais les choses évoluent. Les supercheries deviennent nécessaires. Elle a exagéré la durée des représentations afin de voler quelques instants avec Walter. Elle a même inventé des titres de pièce et des spectacles entiers pour le retrouver dans les coulisses du théâtre. Sa famille n’a jamais douté de sa parole. Ils n’ont jamais vérifié si telle farce ou telle tragédie était effectivement à l’affiche. Thea se sent parfois coupable, mais l’amour de Walter est trop important. Une romance non écrite se joue dans les couloirs cachés du Schouwburg, dont les dialogues sont indélébiles, gravés dans leur cœur. Thea sait qu’elle n’y renoncera jamais.
« N’oublie pas notre soirée », lui rappelle sa tante.
Thea lève les yeux des deux tickets qu’elle tient entre ses mains. « Notre soirée ? »
Elle le décèle : l’imperceptible soupir de sa tante qui souligne son agacement. « Tu avais oublié ? lâche tante Nella. Le bal d’Épiphanie des Sarragon. Thea, c’est un miracle qu’ils nous aient invités. Je fais la cour à Clara Sarragon depuis la Saint-Michel dans ce but. »
Thea jette un coup d’œil à l’expression impassible de son père et décide de prendre un risque. « Vous n’aimez pas ces gens. Pourquoi sommes-nous obligés d’y aller ?
— Parce qu’il le faut », réplique tante Nella en marchant à grandes enjambées vers les immenses fenêtres du salon afin de contempler le paysage au-delà du canal de Heren.
« Mais pourquoi le faut-il ? » insiste Thea.
Personne ne répond. Thea décide alors d’abattre sa dernière carte. « Clara Sarragon ne possède-t-elle pas une plantation au Suriname ? »
Dans la pièce, l’atmosphère se tend. Thea sait que son père a été emmené comme esclave dans cette colonie, et qu’à l’âge de seize ans il a été ramené à Amsterdam par Johannes Brandt, son défunt oncle. Cornelia ne lui a raconté qu’une seule histoire de cette période, comment les femmes d’Amsterdam déposaient des oiseaux chanteurs dans les cheveux de son père, une image qui a toujours provoqué chez Thea un profond malaise. Mais, à l’exception de cette anecdote, le passé paternel est dissimulé au fond d’un puits, hors d’atteinte. Où se trouvait son père avant le Suriname, sa vie dans les colonies, Thea ignore tout de cela. Il n’en parle jamais. C’est un vide aussi profond que le silence autour de sa mère à la peau blanche, un autre élément muet qui s’insinue dans la maison comme un brouillard. Otto Brandt : lui aussi aurait pu éclore d’un œuf.
Thea en a plus qu’assez de leurs silences. Dès qu’elle insiste auprès de Cornelia, elle obtient la même réponse : « Je suis venue d’un orphelinat, dira-t-elle. Et votre père a été enlevé à son premier foyer. Ainsi va notre vie. Cette maison est notre port d’attache. C’est ici que nous habitons. Ici que nous avons trouvé notre place. »
Et si l’on n’a plus envie d’être amarré dans ce port ? songe Thea, sans jamais oser formuler la question à voix haute. Et si l’on a l’impression de ne pas y être à sa place ?
« Ce que possède Clara Sarragon ne te regarde pas », déclare sa tante d’un ton brusque. Aucune d’elles ne regarde le père de Thea. « N’oublie pas. Dix-huit heures ce soir. Nous t’attendrons dans le vestibule, dans nos plus beaux atours.
— Du moins, ce qu’il en reste, rétorque Thea.
— Précisément, soupire sa tante.
— Allez donc vous habiller, ma Théière, dit Cornelia d’une voix enjouée. Je vais monter vous aider à vous coiffer. »
Thea jette un coup d’œil à son père, qui regarde désormais par la fenêtre. Éprouvant un léger élan de honte, elle tourne les talons et abandonne sa famille, échouée dans le salon. Alors qu’elle gravit les marches vers l’obscurité maussade du couloir de l’étage, Thea chasse de son esprit le bal des Sarragon et son évocation imprudente du Suriname, et elle pense à son véritable cadeau d’anniversaire. Elle sera heureuse d’admirer le talent magique de Rebecca sur scène mais, derrière les décors peints du théâtre, quelque chose de bien plus concret l’attend. L’amour de sa vie, sa raison de vivre. Aucune soirée ennuyeuse organisée par une notable amstellodamoise ne pourra gâcher la promesse de voir Walter Riebeeck.
1. Le sigle VOC désigne la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, en flamand
« Vereenigde Oost-Indische Compagnie ». (Toutes les notes sont de la traductrice.)
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