Le système lymphatique : votre nouvel allié santé
Chapitre 6 - Les maladies du système lymphatique
Chapitre 6
Les maladies du système lymphatique
L’affaiblissement du système lymphatique perturbe son fonctionnement.
De nombreuses maladies peuvent en résulter. Celles-ci sont en relation avec les trois grandes fonctions du système lymphatique, à savoir ses fonctions circulatoire, immunitaire et détoxicante. C’est dans cet ordre que nous les aborderons.
Maladies circulatoires
Le lymphœdème
Le lymphœdème est un gonflement permanent d’une partie du corps, qui
est engendré par une accumulation de lymphe. Les localisations les plus courantes sont les jambes et les bras, et plus rarement le visage, le cou et l’abdomen. Le gonflement des membres est partiel ou total. Par exemple, les chevilles seulement, ou les chevilles et le reste des jambes. De plus, il concerne un membre, une jambe par exemple, ou les deux.
Bon à savoir
Le gonflement des tissus se produit lorsqu’un obstacle bloque la
circulation de la lymphe. Elle ne peut plus progresser vers l’avant
et stagne dans les vaisseaux lymphatiques. Le liquide interstitiel
est alors empêché de pénétrer dans le réseau lymphatique. Il
s’accumule dans l’espace interstitiel, c’est-à-dire autour des
cellules de la partie du corps concernée. Avec le temps, cette
accumulation de liquide augmente le volume des tissus : c’est le
lymphœdème.
L’appellation lymphœdème est justifiée quand bien même le gonflement
a lieu principalement avec du liquide interstitiel. Ce dernier porte en effet aussi le nom de lymphe interstitielle. L’œdème est donc bien causé par la lymphe. De plus, lorsque la pression à l’intérieur des vaisseaux lymphatiques devient trop élevée – à cause du blocage de la circulation de la lymphe –, une partie de la lymphe qu’ils contiennent est poussée hors des capillaires lymphatiques, ce qui ne se produit normalement jamais. Cette lymphe s’additionne alors à la lymphe interstitielle.
On peut comparer la formation d’un œdème à un embouteillage sur la
route. Alors que normalement la circulation des voitures sur le réseau routier est fluide, il suffit d’un accident qui bloque une route principale pour que les quartiers que celle-ci dessert se congestionnent de voitures.
Les causes des blocages de la circulation
lymphatique sont multiples.
Le plus souvent, c’est qu’une partie de la structure des capillaires, des
vaisseaux ou des ganglions lymphatiques a été fortement endommagée, que ce soit par une blessure, une opération chirurgicale ou un traitement aux rayons. La destruction des vaisseaux qui en résulte empêche la lymphe de progresser normalement.
Une autre cause peut être les déchirements, les lésions et les infections
qui poussent à la formation de tissus cicatriciels parfois trop épais. Ces derniers bouchent la lumière des capillaires et des vaisseaux lymphatiques, et ainsi entravent la circulation de la lymphe. L’obstruction de la « tuyauterie » lymphatique peut aussi être due à la présence d’une tumeur qui compresse les vaisseaux lymphatiques s’opposant ainsi à la progression de la lymphe.
L’ablation des ganglions lymphatiques empêche également la circulation
de la lymphe de se faire correctement. Le chemin qu’elle devrait emprunter ayant été détruit, la lymphe ne peut plus progresser. Elle se déverse dans les tissus et s’y accumule.
À ces causes lésionnelles s’ajoutent deux causes fonctionnelles. La
première est une mauvaise circulation veineuse. Le prélèvement des dix-sept litres de liquide interstitiel qui devraient retourner dans le sang chaque jour est compromis. La partie qui n’a pas été prélevée demeure dans l’espace interstitiel. Elle s’y accumule de jour en jour, d’où le gonflement des tissus. La deuxième cause fonctionnelle est le manque d’exercice physique. La sédentarité diminue le tonus des fibres musculaires en général, donc également celles présentes dans les vaisseaux lymphatiques, fibres qui jouent un rôle si important pour la progression de la lymphe.
Bon à savoir
Les faiblesses du système lymphatique responsables des
lymphœdèmes peuvent être congénitales, mais le plus souvent
elles sont acquises, suite à une mauvaise hygiène de vie ou
comme effet secondaire d’une opération.
Des études ont en effet montré que 20 % à 30 % des femmes souffrant
d’un lymphœdème en ont été atteintes à la suite d’une opération du cancer du sein, avec ablation des ganglions lymphatiques axillaires (pour éviter la prolifération de métastases) et traitement radiothérapique.
Lorsque les causes résultent du mode de vie, la formation du
lymphœdème est progressive.
• Dans un premier stade, l’œdème est présent le jour seulement. En
pressant avec un doigt dans la région gonflée, on y imprime une légère dépression qui persiste pendant un certain temps après que le doigt a été retiré. À ce stade, le fait de tenir le membre surélevé fait disparaître plus ou moins complètement l’œdème. Le repos qu’offre une nuit de sommeil a le même effet.
• Dans un deuxième stade, ni le repos ni le fait d’élever le membre ne
font disparaître le gonflement. Il est donc présent jour et nuit. Alors que jusque-là, les tissus étaient mous, maintenant ils sont durs. Il n’est plus possible ou difficile d’imprimer un creux dans la peau. De plus, l’accumulation du liquide au niveau de la peau efface les plis et les bosses que l’on peut observer normalement au-dessus des articulations, des muscles et des vaisseaux sanguins. Par exemple, le dos des mains et le dos des pieds n’ont plus de relief, mais sont devenus des surfaces lisses.
• Dans un stade ultérieur, si la maladie progresse encore, aux
symptômes déjà mentionnés s’ajoutent un épaississement de la peau et une grande susceptibilité de celle-ci aux infections. La circulation de la lymphe au niveau cutané est en effet si faible qu’il y a peu de lymphocytes pour la protéger des infections. De plus, les toxines non drainées qui s’y accumulent offrent un terrain idéal à la multiplication des microbes.
Le gonflement d’un membre, par exemple une jambe, engendre une gêne
plus ou moins continue, une sensation de lourdeur, voire des douleurs. Il limite aussi la mobilité : les membres sont plus difficiles à utiliser et certains mouvements ne sont plus possibles. Le lymphœdème est donc une maladie handicapante.
Le saviez-vous ?
Les chevilles gonflées n’ont pas toujours pour cause une
déficience du système lymphatique. Une consommation
excessive de sel peut aussi être responsable, puisque le sel a la
propriété de retenir l’eau dans les tissus (1 g de sel retient 11 g
d’eau). La faiblesse cardiaque en est une autre cause. Un cœur
fatigué ne pompe pas assez fortement les liquides à travers
l’organisme. Ils stagnent donc dans le bas du corps et une
accumulation de liquide interstitiel se fait au niveau des chevilles.
Prise de poids
La prise de poids a des causes multiples, mais l’une d’entre elles est une
circulation lymphatique déficiente. La raison en est que la lymphe a entre autres pour rôle de transporter les graisses.
Les graisses issues des digestions ont deux voies par lesquelles gagner les
tissus où elles seront utilisées. Une partie d’entre elles pénètre dans le sang et est emportée au foie. Celui-ci les transforme avant de les envoyer plus loin. Les molécules de graisse en question sont de petite dimension, comme le sont de manière générale toutes les molécules transportées par le sang. L’autre partie des graisses ne pénètrent pas dans le sang, mais passent directement dans le réseau lymphatique, au niveau des capillaires lymphatiques intestinaux (les chylifères). La lymphe les transporte alors jusqu’aux veines sous-clavières, où elles pénètrent dans la circulation sanguine. Il s’agit ici principalement de grosses molécules de graisse, par conséquent celles plus difficiles à utiliser et à dégrader.
De grosses molécules de graisse sont donc transportées par la circulation
lymphatique. Or, lorsque la circulation de la lymphe se fait mal et que les vaisseaux sont congestionnés, leurs parois peuvent se rompre. La lymphe, et avec elle les grosses molécules de graisse qu’elle contient se déversent alors dans le liquide interstitiel. Ces molécules sont donc en contact étroit avec les cellules des tissus environnants. Parmi ces cellules se trouvent les
adipocytes*, des cellules que l’on trouve dans pratiquement tous les tissus et qui sont spécialisées dans le stockage des graisses. Elles sont comme des poches qui non seulement se remplissent de graisse, mais qui peuvent aussi se dilater pour augmenter leur capacité de stockage. Leurs parois sont donc extensibles.
En soi, les adipocytes sont de petite dimension, mais il y en a beaucoup.
Lorsque nombre d’entre eux se dilatent, ils augmentent le volume des tissus adipeux auxquels ils appartiennent. La formation de cellulite et une inévitable prise de poids en résultent. Ces maux n’auraient pas eu lieu, si la circulation lymphatique n’avait pas été entravée. En effet, les graisses que la lymphe transporte n’auraient pas quitté le réseau lymphatique pour pénétrer dans le compartiment interstitiel, et n’auraient pas été stockées dans les adipocytes.
Problèmes circulatoires généraux
Le système lymphatique ne peut pas souffrir tout seul « dans son coin »
d’une mauvaise circulation de stases et d’obstructions. Il n’est pas isolé, mais intimement lié au système circulatoire général dont fait aussi partie la circulation sanguine.
L’étroite interdépendance de la circulation
sanguine et lymphatique a pour conséquence que
tout dérèglement d’une des deux circulations a des
répercussions sur l’autre.
Lorsque la lymphe circule plus lentement, les trois litres de liquide
interstitiel qu’elle devrait absorber et transporter jusque dans la circulation sanguine (à la hauteur des veines sous-clavières) ne gagnent pas le compartiment sanguin ou pas en quantité assez grande. Cet apport de liquide fait donc défaut au sang. La modification du volume sanguin perturbe alors l’équilibre entre le sang artériel et le sang veineux.