Le système lymphatique : votre nouvel allié santé

Christopher Vasey · Chapitre 5 sur 71

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Le système lymphatique : votre nouvel allié santé

De la surface aux profondeurs

La circulation de la lymphe dépend de la vasoconstriction* des parois de

ses vaisseaux. On peut se faire une idée de la vitesse de circulation de la lymphe, ou, devrait-on dire de la lenteur avec laquelle elle progresse, en comparant son débit à celui du sang. Le débit de la lymphe est de 2 à 4 litres par jour, celui du sang de 7 500 litres.

Le sérum extracellulaire ou liquide interstitiel – comme nous

l’appellerons dorénavant – circule beaucoup moins vite que le sang, parce qu’il n’est propulsé ni par le cœur ni par les contractions des vaisseaux. Sa vitesse est néanmoins légèrement plus rapide que celle de la lymphe.

Le sérum intracellulaire a la vitesse de déplacement la plus lente de

toutes.

 

De la surface aux profondeurs

 

Les liquides organiques ne circulent pas seulement « horizontalement » à

l’intérieur de chaque compartiment, mais aussi « verticalement » d’un compartiment à l’autre.

En effet, des transferts de liquide ont constamment lieu entre les étages.

Ces transferts sont indispensables étant donné que c’est à partir du sang que se forme le liquide interstitiel, et à partir de ce dernier que se constituent la lymphe et le sérum intracellulaire.

Voyons d’abord comment se forme le liquide interstitiel. Cela nous

amènera à entrer dans les détails, mais cela est indispensable pour avoir plus tard une vue claire sur la place et le rôle fondamental que joue le système lymphatique.

Formation du liquide interstitiel

Les boissons que nous buvons au cours de la journée descendent dans

l’estomac puis dans l’intestin grêle. C’est dans la moitié supérieure de ce dernier que l’eau sera absorbée. Elle traverse la muqueuse intestinale et se rend dans le sang dont elle augmente ainsi le volume. Le sang cependant ne peut conserver tout ce liquide en lui. D’une part parce que la place disponible dans les vaisseaux est limitée (leurs parois ne sont pas extensibles à l’infini), et d’autre part parce que cette grande quantité de liquide diluerait trop le sang.

L’excédent de liquide présent dans le sang doit donc impérativement être

éliminé. Une partie de celui-ci le sera par les reins qui le rejetteront hors de l’organisme sous forme d’urine. L’autre partie sort des vaisseaux sanguins au niveau des capillaires sanguins et se rend dans l’espace interstitiel.

Les parois des capillaires sanguins peuvent aisément être traversées par

des substances chimiques, comme des minéraux, ou par des éléments du sang comme des globules blancs. Le passage s’effectue par des micropores qui sont comme des petites portes situées dans les parois des capillaires.

 

Bien que les capillaires soient de très petite

dimension, la surface d’échange totale que leurs

parois représentent est énorme, elle est estimée à

7000 m 2.

 

La filtration, c’est-à-dire le passage de liquide et de substances, se fait

automatiquement grâce à la différence de pression (dite pression

hydrostatique*) qu’exercent les liquides de part et d’autre de la paroi capillaire. En effet, chaque fois que la pression hydrostatique qu’exerce un liquide sur une membrane est supérieure à celle exercée par le liquide se trouvant de l’autre côté de la membrane, un transfert de liquide (et de substances diverses) a lieu en direction du côté où la pression est la plus faible. Le liquide qui s’y trouve ne lui oppose pas une force aussi grande. Il ne lui « résiste » donc pas assez, ce qui a pour conséquence qu’il peut être « envahi ».

Cette filtration de liquide est d’autant plus forte – donc le volume de

liquide transféré important – que la pression est haute. À l’inverse, plus elle est faible, plus le transfert est réduit. D’ailleurs, s’il n’y a aucune différence de pression, aucune filtration ne s’opère. (Des transferts de liquide ont aussi

lieu à cause de différences de pression osmotique*, mais nous ne développerons pas le sujet.)

 

Le saviez-vous ?

L’osmose* est un phénomène qui se produit lorsque deux liquides

différents sont séparés par une membrane perméable. Un

transfert d’eau (transfert osmotique) s’effectue du milieu moins

concentré – donc le plus pauvre en substances solides en

suspension – vers le plus concentré, jusqu’à ce que la densité

des deux liquides s’égalise.

 

Pour avoir une image tout à fait claire des processus qui vont être décrits,

il faut encore préciser qu’il y a deux sortes de capillaires : les capillaires artériels et veineux. À proprement parler, il n’y a pas deux sortes de capillaires, mais des capillaires dont le premier tronçon est dit artériel et le deuxième veineux. Tant que le sang circulant dans un capillaire subit la pression de la poussée du cœur, il est nommé capillaire artériel. Sitôt que cette pression cesse, le capillaire sera dit veineux. Il appartient en effet désormais au système veineux qui fait remonter le sang au cœur sans que la poussée aortique le propulse en avant. Des échanges ont lieu aussi bien au niveau des capillaires artériels que des capillaires veineux.

Voyons donc maintenant plus précisément comment le liquide contenu

dans le sang le quitte pour gagner le milieu interstitiel.

La pression dans les capillaires artériels est de 35 mm de mercure, alors

que dans le milieu interstitiel elle est de 25 mm de mercure. La différence entre ces deux forces engendre un déplacement de liquide présent dans le capillaire en direction du milieu interstitiel. Il a été mesuré qu’en vingt-quatre heures, le sang cède vingt litres de liquide au compartiment

interstitiel. Cette partie liquide provenant du sang est appelée plasma* lorsqu’elle se trouve dans les vaisseaux sanguins, mais liquide interstitiel lorsqu’elle est dans le compartiment interstitiel. Le plasma est la partie liquide du sang, c’est-à-dire sans les éléments dits figurés (globules rouges, globules blancs, plaquettes…) et autres substances (acide urique, cholestérol…).

Les vingt litres qui arrivent dans le compartiment interstitiel se

mélangent avec le liquide qui s’y trouve déjà. S’ils s’additionnaient, leur volume deviendrait beaucoup trop important pour le compartiment interstitiel et exercerait une trop forte pression sur les tissus organiques. Ce danger est évité, car un mouvement contraire de liquide a lieu simultanément en sens inverse, au niveau des capillaires veineux.

En effet, la pression exercée par le sang veineux est de 10 mm de

mercure seulement (la pression sanguine est toujours plus basse dans le système veineux que dans le système artériel). Cette pression est inférieure à celle exercée par le milieu interstitiel : 25 mm de mercure. Un transfert de liquide a donc lieu dans le sens opposé que précédemment : du liquide interstitiel réintègre le sang. Il peut le faire facilement et sans dommage puisqu’étant issu du plasma, il a la même composition que le plasma contenu dans les vaisseaux sanguins. Ce processus de transfert de liquide a lieu continuellement et s’élève à dix-sept litres de plasma par jour.

Ainsi, tout au long de la journée, du liquide provenant du sang pénètre

dans le milieu interstitiel, mais simultanément du liquide quitte ce dernier pour regagner la circulation sanguine.

Les dix-sept litres qui repartent représentent un gros volume, mais il n’est

pas suffisant pour compenser l’entrée des vingt litres de plasma. Il reste trois litres qui doivent impérativement être éliminés pour éviter la congestion des tissus et des organes. Si rien n’était fait, chaque jour le volume corporel augmenterait de trois litres supplémentaires.

Une voie d’évacuation supplémentaire à celle du sang est absolument

indispensable, et cette voie est le système lymphatique.

La multitude de vaisseaux lymphatiques disséminés dans le corps

absorbe quotidiennement les trois litres de liquide interstitiel excédentaires et les conduit aux veines sous-clavières situées à la base du cou. Ils quittent alors le système lymphatique pour se déverser dans le courant sanguin. De cette manière, la totalité du plasma prélevé du sang (vingt litres) a regagné ce dernier. En fin de compte, le volume sanguin reste stable et celui du liquide interstitiel également, avec pour conséquence que la circulation générale dans le corps se déroule harmonieusement.

La circulation sanguine et lymphatique

Résumé

• Le corps humain est composé de davantage de liquides que de

solides.

• Les liquides sont le sang, le liquide interstitiel, la lymphe et le

sérum intracellulaire.

• Ensemble, ils forment ce que la médecine naturelle appelle le

terrain.

• Les liquides sont plus ou moins en profondeur et circulent à des

vitesses différentes.

• Le sang artériel circule du coeur aux tissus ; la lymphe et le

sang veineux des tissus au coeur (circulation de retour).

 

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