Les vivants et les morts

Anna de Noailles · Chapitre 8 sur 50

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Les vivants et les morts

Tendresse

J’écoute près de toi la musique, et je vois Ta bouche et ton regard respirer à la fois; Nous sentons notre vie abonder côte à côte: Ce que la destinée apporte ou ce qu’elle ôte Ne peut plus nous toucher; nous sommes accomplis Comme deux morts anciens dans l’ombre ensevelis, Et qui, rigides, font un infini voyage… Il me suffit de voir scintiller ton visage Pour déguster la paix du milieu de l’été. —Désir immaculé, passion innocente: T’absorber par le coeur, sans que le corps ressente Aucune humaine volupté!