L'odeur du café
Chapitre 15 · Les filles
Troisième partie
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CHAPITRE 15
Les filles
Didi
J’étais avec Frantz quand j’ai rencontré Didi près du terrain de football. Le grand terrain où je vais voir jouer Camelo, le dimanche. Frantz a salué Didi. Moi, je ne l’ai pas saluée parce que c’est ma cousine. Elle habite près du marché. J’avais déjà vu Didi, cet après-midi, à la récréation. Elle va chez les sœurs de la sagesse. Juste en face de mon école. On se voit, chaque jour, à la récréation ou après l’école. Des fois, Da me donne une orange ou une mangue pour Didi. Alors, je vais près de la barrière, celle qui donne sur la rue La-Justice, et immédiatement Didi vient vers moi. Elle est toujours avec une amie. Des fois, c’est Vava. D’autres fois, c’est Sylphise ou Zina.
L’amour
Didi est amoureuse de Frantz. Je le sais parce qu’elle ne le regarde jamais. Elle fait comme s’il n’existe pas.
Vava fait la même chose avec moi, mais c’est pas pour la même raison.
L’attente Didi veut que je reste. Elle attend ses amies. Frantz et moi, on doit aller jusqu’à la Hatte chercher un livre de géographie que Frantz a prêté à Rico. Je ne suis pas chaud pour partir. Je sais que Vava va venir. Je fais le clown pour passer le temps. Frantz me tire par la manche. Vava tarde.
La poussière
J’essayais d’enlever une poussière dans l’œil gauche de Frantz quand j’ai entendu la voix de Vava dans mon dos.
— Qu’est-ce qu’il a ?
Immédiatement, Zina a sauté sur Frantz pour lui arracher presque l’œil. Frantz a reculé devant cette furie.
— Laisse-moi faire, a dit Vava.
Elle a placé Frantz de profil et lui a soufflé dans l’œil, si près que je pensais qu’elle l’avait embrassé. Frantz se frotte les yeux. La poussière était partie.
Sylphise a voulu savoir où on allait.
— Si vous allez à la Petite Guinée, dit-elle, je vais par là, moi aussi.
— Non, nous allons dans la direction opposée.
Sylphise m’a jeté un regard noir. Elle aussi est amoureuse de Frantz.
Remords
Marquis est venu, la queue frétillante, se mettre entre mes jambes. Je lui ai donné un coup de pied dans les côtes. Il est parti en chialant. J’ai une légère pointe de remords. Je ne comprends pas pourquoi j’ai un chien si laid. Personne ne le prend jamais dans ses bras. À part moi.
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