Sept ans en Afrique Occidentale
Chapitre X
INDUSTRIE.—COMMERCE.—VOIES DE COMMUNICATION.—MOYENS DE TRANSPORT.
I
Le noir de la côte des Esclaves se montre doué de qualités naturelles suffisantes pour réussir dans les arts industriels. Son goût artistique se révèle dans les poteries et les pipes ouvrées, les nattes, les chapeaux et les calottes de paille, les bâtons et les escabeaux sculptés, les calebasses burinées…
Les pirogues, confectionnées d’une seule pièce, ne manquent pas de régularité et d’élégance. On les radoube en fixant des pièces avec des clous, ou à l’aide d’un transfilage. On calfate avec des fibres végétales.
Les forgerons travaillent le fer, le cuivre et l’or avec une habileté d’autant plus remarquable que leurs outils sont fort imparfaits. Le soufflet de forge, comme celui des Égyptiens et des Grecs, consiste en deux outres surmontées d’un manche qui les met en mouvement. Les amandes de palme concassées servent de charbon.
L’_art de la verrerie_ n’est pas tout à fait inconnu. De l’intérieur on porte à la côte des anneaux en verre, de couleur bleuâtre ou verte. Ces anneaux, aussi bien que les anneaux en cuivre, dans le pays, sont des parures recherchées.
L’_industrie textile_ produit des tissus de coton et de filaments de palmier et d’autres plantes. Le métier du tisserand donne des étoffes larges à peine de dix à quinze centimètres; aussi la production est lente, et les étoffes du pays sont très-chères, eu égard au peu de valeur des matières premières.
La teinture emprunte ses richesses aux substances végétales du pays. Le bleu, le rouge et le jaune sont très-réussis, le rouge surtout.
Le cuir est parfaitement préparé par les habitants de l’intérieur.
Les indigènes de la côte se procurent du sel en faisant évaporer l’eau de l’Océan dans des pots de terre très-évasés, à la chaleur du soleil ou du feu.
Les indigènes fabriquent aussi l’huile de palme. Ils pavent d’amandes de palme une aire carrée entourée de murs, jettent le fruit du palmier arrosé d’eau sur ce fond résistant, et l’écrasent en piétinant. Dès que l’opération est terminée, ils jettent une grande quantité d’eau dans le bassin. L’huile surnage; on la prend avec une calebasse, on la tamise et on la livre ainsi au commerce.