Si l'amour est un art: La Famille Sullivan, New York, tome 1 (French Edition)
Chapitre Dix-Sept
Bien après que le soleil s’était couché et que le four avait sonné pour annoncer que la tarte aux pommes était prête, Rosa demeura complètement absorbée par le projet sur ses genoux. Oscar était allongé à côté d’elle par terre, sur le dos, plus paisible et heureux que Drake ait jamais vu son gros balourd de chien.
Le fait qu’ils soient deux célibataires – un humain et un canin – traînant dans son chalet et dans son appartement-terrasse de New York n’avait pas dérangé Drake. Cependant quand Rosa était avec eux, son espace devenait plus chaud. Plus lumineux. Tellement plus vivant. Alors même qu’elle travaillait tranquillement avec grande concentration, elle était tout cela.
Finalement, elle leva les yeux vers lui.
— Oh, non !
Elle bondit, laissant tomber la toile sur le fauteuil.
— J’ai oublié la tarte.
— Je suis allé la chercher.
Ayant à moitié traversé la pièce, elle était assez proche pour que Drake l’attire contre lui et l’embrasse. Elle fondit immédiatement contre lui, ses bras s’enroulant autour de son cou tandis qu’elle lui rendait son baiser. Il était sur le point de l’emmener à nouveau dans la chambre quand il entendit son ventre gronder.
— Tu as faim. Viens prendre une part de ma tarte.
— Est-ce que c’est de l’argot pour quelque chose de coquin ?
Il rit si fort qu’Oscar leva la tête pour voir de quoi il s’agissait. Le chalet de Drake était si petit qu’il pouvait facilement passer ses mains autour de sa taille et la retourner pour l’asseoir sur le plan de travail de la cuisine.
— Reste-là pendant que je vais chercher une fourchette.
Elle haussa un sourcil.
— Tu es un peu autoritaire, le taquina-t-elle tout en enfonçant ses doigts dans la tarte et en l’approchant de ses lèvres. Reviens dans mon chalet, déclara-t-elle d’une voix grave qui était censée ressembler à celle de Drake. Viens poser pour moi. Assieds-toi sur le plan de travail de la cuisine et ne bouge pas.
Elle lécha la pomme chaude qui coulait de ses doigts, ses yeux se fermant pendant un moment de bonheur avant qu’elle ne les ouvre et reprenne :
— C’est plutôt sexy, en réalité.
Bon sang, c’était elle qui était à la fois sexy et douce, assise sur le plan de travail de sa cuisine, ne portant rien d’autre d’une culotte et un sweat-shirt Montauk, les cheveux emmêlés par leurs ébats amoureux et de la tarte aux pommes sur les lèvres. Il referma presque le tiroir de couverts sur sa propre main lorsqu’il fut fortement frappé par quelque chose au milieu de sa cuisine.
Rosa était celle qu’il lui fallait.
Cela était arrivé à un si grand nombre des cousins de Drake qu’il n’essaya pas de lutter, même si d’autres célibataires de son âge auraient pu aller combattre de toutes leurs forces le fait de tomber amoureux.
Ou peut-être que la raison pour laquelle il n’avait pas besoin de lutter, c’était qu’il avait trouvé une multitude de raisons de l’aimer depuis qu’il avait posé les yeux sur elle pour la première fois et jusqu’à ce moment dans sa cuisine.
La manière dont Rosa était éblouissante, tant intérieurement qu’à l’extérieur, alors même que l’obscurité aurait encerclé n’importe qui d’autre à sa place.
La force évidente avec laquelle elle avait été frappée en apprenant qu’il avait perdu sa mère et que son père souffrait sans relâche.
Le fait qu’elle aimait encore profondément sa propre mère même si son cœur avait été brisé par la façon dont celle-ci avait géré l’histoire des photographies.
Rosa était tellement plus forte qu’elle ne le pensait et il ne cesserait pas de chercher des moyens de le lui prouver. Certes, il savait que sa vie était tout sauf simple à ce moment précis, mais Drake commençait enfin à voir que simplifier les choses ne signifiait pas toujours les améliorer. Et il n’avait certainement pas peur de s’en prendre aux démons de Rosa, pas quand il souhaitait avoir pu se battre pour elle en faisant plus qu’appeler Smith à l’aide.
Il savait maintenant qu’elle valait la peine de prendre le risque.
Même le risque de répéter les erreurs de ses parents.
Il voulait lui dire : Je suis en train de tomber amoureux de toi. Or il savait qu’il valait mieux ne pas encore le faire. Il ne voulait pas qu’elle pense qu’il s’agissait de paroles torrides et sexuelles. Ou qu’elle dise qu’il aimait seulement la peindre. Ou qu’il n’avait pas dormi la nuit précédente et que ses sentiments seraient différents une fois qu’il aurait eu une bonne nuit de sommeil.
De plus, vu la complexité de sa vie, il semblait vraiment plus important de se concentrer sur les choses simples – la nourriture, les rires, le plaisir – pour lui donner l’occasion de réapprendre à faire confiance.
Cependant, sous peu, il déploierait l’artillerie lourde pour s’assurer qu’elle sache qu’il ne partirait pas… Et qu’il ne la laisserait pas partir, car il n’avait pas besoin qu’elle le protège, de rien ni personne. Non, ce dont il avait besoin, c’était Rosa, avec ses problèmes et tout le reste.
Drake enfonça la fourchette dans la tarte, puis la leva vers sa bouche.
— Ouvre la bouche.
— Tu vois ? reprit-elle avec un petit sourire. Autoritaire.
Mais elle fut heureuse de prendre la bouchée qu’il lui offrait, puis la suivante, avant même qu’elle n’ait terminé la première.
— Hum, il m’en faut plus.
— Je n’avais jamais imaginé que je serais jaloux d’une tarte aux pommes, marmonna-t-il tandis qu’il répondait à sa demande d’une troisième bouchée constituée que de pommes.
— C’est vraiment bon, complimenta-t-elle quand elle termina de la manger. Mais je pense qu’on peut la rendre encore meilleure. Et si nous étions l’assiette l’un de l’autre ?
Drake ne pouvait pas retirer son propre T-shirt ou le haut de Rosa assez vite.
En riant, elle ajouta :
— Je prends ça pour un oui ?
— Sacrément, oui. Toi d’abord.
Son sang avait beau palpiter et son cœur avait beau battre la chamade, il était émerveillé par la tendresse avec laquelle il était capable d’agir lorsqu’il la posa sur le plan de travail ; elle ne portait plus que sa culotte à présent. Il voulait la dévorer et il était sacrément tentant d’oublier la tarte. Mais étant donné qu’il avait aussi espéré que ce jeu sexy était sa manière de s’ouvrir à lui un peu plus, il ne voulait pas tout gâcher en changeant les règles. Pas quand trop de règles avaient déjà était modifiées.
Enfonçant ses doigts dans la tarte, il les souleva jusqu’à ses seins et entoura un téton de la garniture chaude et douce. Les paupières de Rosa se fermèrent à moitié tandis qu’il se penchait pour lécher la tarte. Il était difficile d’aller doucement, de savourer, alors que tout ce qu’il voulait, c’était la dévorer, en particulier quand les mains de Rosa s’enroulèrent dans ses cheveux pour l’attirer plus près d’elle. Néanmoins il ne voulait pas se dépêcher de lui offrir du plaisir tandis qu’il léchait chaque centimètre de son sein gauche avant de recommencer en peignant son téton droit avec de la tarte aux pommes et en traitant celui-ci avec le même désir avec sa langue.
— À mon tour, maintenant, haleta-t-elle quand il écarta sa bouche de sa peau.
— Je ne suis pas encore rassasié du tout.
Il prit un morceau de pomme et le léger rire haletant de Rosa quand il le laissa tomber sur son nombril fut facilement la chose la plus douce qu’il ait jamais entendue. Cependant, l’humour se transforma rapidement en gémissement excité tandis qu’il mordillait sa peau en prenant une bouchée de pommes. Une bouchée de plus, un gémissement sexy de plus, et le morceau de pomme disparut.
— Drake, intervint-elle en essayant de se redresser. Je veux te faire la même chose, maintenant.
Mais il avait déjà passé ses doigts sur les côtés de sa culotte et il la baissait le long de ses jambes.
— Je dois te goûter un peu plus d’abord.
Jetant le coton sur le côté un moment plus tard, il baissa sa bouche vers le sexe de Rosa. Et elle était tellement plus douce que la tarte tandis qu’elle volait en éclats contre ses lèvres, sa langue, ses doigts, qu’il savait déjà qu’il ne se satisferait jamais d’elle.
* * *
Sur le plan de travail, Rosa était à la hauteur parfaite pour l’exploration lente de Drake le long de son torse à l’aide de ses lèvres et de sa langue tandis qu’elle refaisait lentement surface après un autre orgasme bouleversant.
— Dès que je trouverai un moyen de bouger de nouveau, prévint-elle, ce sera à ton tour.
Il sourit contre sa peau douce.
— Ne te dépêche pas pour moi. Si tu ne l’avais pas remarqué, je m’amuse déjà beaucoup.
— Moi aussi.
Elle put entendre la surprise dans sa propre voix. Elle avait encore du mal à croire qu’elle pouvait se sentir aussi détendue ou s’amuser autant avec quelqu’un. Elle se redressa et sauta du plan de travail.
— Tu n’as pas besoin de te mettre sur le plan de travail, reprit-elle en tendant les mains vers le bouton de son jean avant de baisser sa braguette et de baisser son pantalon. Wouah.
Son érection était tellement grande, dure et belle qu’elle tomba presque à genoux pour la vénérer, avant de se souvenir qu’elle était censée le faire avec de la tarte.
— Rosa.
Elle était tout juste en train de mettre de la tarte sur son doigt et de se baisser quand il posa une main sous son menton pour lui lever le visage.
— Tu n’es pas obligée de…
— Je veux le faire, lui assura-t-elle en plaçant ses mains entre ses cuisses. Tu ne sens pas à quel point j’ai envie de toi comme ça ?
Le désir étincela dans les yeux de Drake lorsqu’il lui répondit :
— J’adore à quel point tu as envie de moi. Tout autant que j’ai envie de toi.
Sans perdre un instant, il enfonça ses doigts en elle de manière si érotique qu’elle dut s’accrocher à ses épaules.
— Jouis encore pour moi, Rosa. Juste comme ça.
Il ne lui donna pas le temps de réfléchir, se contentant de couvrir sa bouche de la sienne et de caresser sa langue de la sienne au même rythme parfait auquel sa main bougeait entre ses cuisses. En quelques secondes, il raviva la flamme torride en elle, tous les endroits qu’il touchait en désirant toujours plus.
Ses genoux flanchèrent quand elle jouit soudainement et férocement, cependant il la tint en équilibre de sa main libre de manière qu’elle n’avait pas besoin de réfléchir, de s’inquiéter, de faire quoi que ce soit d’autre que de se perdre dans l’extase qui semblait infinie.
— Bon sang, j’adore ça, murmura-t-il contre ses lèvres entre deux baisers.
— Tu vas adorer ça aussi.
Elle s’assura de le prendre par surprise cette fois, non seulement avec la couche de tarte qu’elle étala sur son sexe, mais par la vitesse avec laquelle elle s’agenouilla pour le lécher. Il palpita fortement contre sa langue, chaque centimètre de lui était si délicieux qu’elle voulait l’avaler d’un trait. Il avait tellement bien pris soin d’elle qu’elle prit ses désirs téméraires en main et qu’elle s’obligea à aller plus lentement lorsqu’elle passa sa langue pour la deuxième fois sur son sexe dur comme la roche.
— Rosa.
Son nom tomba de ses lèvres, à mi-chemin entre le grognement et la prière.
— C’est tellement bon. Trop bon.
Il emmêla ses mains dans ses cheveux et elle aurait juré qu’elle pouvait le sentir lutter contre lui-même pour rester doux alors qu’il était évident qu’il retenait à peine son côté dangereux.
Elle adorait qu’il se sente ainsi à cause d’elle, si excité qu’il en oubliait presque d’être prudent. Or « presque » n’était pas suffisant. Elle voulait chaque once de sa passion, sans retenue, tout comme ce qu’il lui faisait ressentir chaque fois qu’il l’embrassait ou qu’il la touchait.
Avant qu’il ne puisse essayer de reprendre le contrôle, elle le prit profondément dans sa bouche. Les muscles de ses cuisses se serrèrent contre ses mains, ses doigts se refermèrent sur ses cheveux et quand il bougea les hanches, elle bougea avec lui. Elle le prit encore et encore jusqu’à ce que les seuls sons dans la pièce soient les gémissements de Drake et les halètements de Rosa.
Elle était tellement perdue dans le plaisir de l’aimer ainsi qu’elle fut prise au dépourvu quand il recula pour la relever et la replacer sur le plan de travail. Son esprit était rendu trop confus par l’excitation pour pouvoir faire quoi que ce soit d’autre que le regarder tandis qu’il sortait rapidement un préservatif de la poche de son jean, qu’il le mettait sur son érection et qu’il approchait les hanches de Rosa du bord.
— Enroule tes jambes autour de moi.
Mais elle le faisait déjà, elle bougeait pour le prendre en elle lorsqu’il la pénétra. Ils s’accrochèrent l’un à l’autre comme si leur vie en dépendait tandis qu’ils prenaient, qu’ils donnaient encore et encore, les peurs, la honte et les inquiétudes de Rosa s’estompant. Car à ce moment-là, tandis qu’il l’aimait de tout son être et qu’elle le lui rendait avec la même force, il n’y avait de place que pour lui.
* * *
Drake mit une grande part de tarte aux pommes par terre pour Oscar avant qu’ils n’aillent prendre un bain pour laver le sucre. Monter dans la baignoire avec Drake, glisser contre tous ses muscles sexy, la fit brûler d’envie de lui à nouveau. Sauf qu’avant qu’elle ne puisse faire un geste, l’eau chaude la berça et elle s’endormit presque.
Elle put vaguement le sentir passer un gant de toilette savonneux sur elle. Un instant plus tard, elle était enroulée dans une serviette et il la portait jusqu’au lit.
— Je ne voulais pas m’endormir, murmura-t-elle. J’allais te séduire.
— Je n’oublierai pas qu’on doit remettre ça à une autre fois, lui assura-t-il en tirant les couvertures et en l’allongeant. Mais pour l’instant, je pense que nous devrions tous les deux dormir.
Drake se plaça à côté d’elle et passa un bras autour de sa taille. Et tandis qu’il l’attirait contre lui, la dernière chose dont elle se souvint avant que le sommeil ne la submerge fut qu’elle se sentait enfin en sécurité.
OceanofPDF.com