Si l'amour est un art: La Famille Sullivan, New York, tome 1 (French Edition)
Chapitre Vingt-Deux
Non.
C’était le seul mot auquel Drake pouvait penser. La seule chose qu’il savait être vraie.
Si Rosa ne voulait vraiment plus être avec lui, il ne la retiendrait jamais contre sa volonté. Mais si elle partait pour une autre raison, et il supposait qu’il pouvait y avoir des douzaines de raisons à ce moment-là, il ne la laisserait pas fuir à nouveau.
Pas sans lui à ses côtés.
Il ne se faisait pas confiance pour dire quoi que ce soit au début, il posa simplement ses mains sur son visage et l’embrassa. Et quand il s’obligea enfin à reculer, il révéla :
— Je t’aime.
La joie étincela dans les yeux de Rosa, mais une fraction de seconde plus tard, cette joie avait disparu.
— Tu ne peux pas.
Elle essaya de le repousser.
— Tu ne m’aimes pas.
— Je peux.
Il posa à nouveau sa bouche sur la sienne.
— Je t’aime.
À ce moment précis, qu’elle le veuille ou non, il lui en faisait la promesse. La promesse qu’il ne la laisserait plus se sentir impuissante, effrayée ou seule.
— Que s’est-il passé pendant que je dormais ? Qu’est-ce qui a fait monter la panique dans tes yeux ?
— Oscar devait sortir et le temps était ensoleillé et lumineux. Je me sentais…
Elle ferma les yeux.
— Je me sentais pleine d’espoir. Comme si je pourrais peut-être sortir de tout ça. Que je pourrais peut-être trouver une solution.
Lorsqu’elle ouvrit les yeux, ils étaient lugubres. Et remplis d’un cynisme qu’il détestait voir.
— Il y avait une femme dehors. Une jolie femme, avec une tarte. La petite-fille de Mona.
Finalement, la scène commença à prendre forme dans la tête de Drake.
— Elle t’a reconnue.
— Bien entendu. Et je ne portais rien d’autre que ta chemise. Elle a dû deviner ce que nous faisions, même si j’ai menti. Je lui ai dit que nos familles étaient juste amies. Que tu étais comme un frère pour moi.
Il rit. Il ne pouvait pas s’en empêcher, quand rien n’était plus absurde.
— Ce n’est pas drôle.
Il écarta une mèche de cheveux de ses yeux.
— Elle va découvrir la vérité sur ce que nous sommes assez vite, Rosa. Tout le monde va le découvrir.
Car il n’allait pas la laisser le fuir comme elle avait essayé de fuir tout et tout le monde.
— Il y a d’autres photos ! Des nouvelles !
Elle parvint enfin à s’écarter de son bras.
— Tu ne peux pas être avec moi.
La rage qu’il ressentit en entendant que d’autres photographies avaient été diffusées sur Internet monta si vite qu’elle l’étrangla, mais il devait la réprimer. Pour le moment.
— Je suis avec toi, maintenant. Et nous allons gérer le problème des photos ensemble.
— Je ne peux pas t’embarquer là-dedans avec moi. Pas comme ça. Pas quand le scandale vient d’empirer. Je dois partir immédiatement. Avant que Trinity ne pense à une raison de revenir et de nous trouver ici ensemble. Avant qu’elle ne me voie sur toutes ces toiles et que les photos de tes peintures finissent sur Internet aussi.
À chaque mot, il pouvait entendre et sentir sa panique devenir de plus en plus incontrôlable.
— Je n’aurais jamais dû venir ici. J’aurais dû trouver un endroit plus reculé, j’aurais dû chercher un meilleur endroit où me cacher.
Il voulait lui dire tant de choses, néanmoins il n’y en avait qu’une qui comptait vraiment à ce moment-là.
— Je t’aime, répéta-t-il, voulant s’assurer qu’elle ne l’oublie pas.
Au cours des derniers jours, il l’avait vue commencer à croire de plus en plus en sa force. La veille avait semblé être un tournant de bien des manières.
Cependant, à présent, son assurance semblait lui avoir été retirée à nouveau.
Il savait que c’était à cause du choc d’avoir appris qu’il y avait d’autres photographies et d’être surprise par une fan dans les bois alors qu’elle pensait qu’elle était cachée du monde et en sécurité. Mais il savait aussi que Rosa était plus qu’assez forte pour faire face à tout cela.
Cependant, à ce moment précis, il était évident qu’il n’aurait pas la moindre chance de la convaincre de tout cela. Alors au lieu d’essayer, il reprit :
— Si tu veux te cacher, vraiment te cacher, j’ai l’endroit qu’il te faut.
Elle le regarda comme s’il s’agissait de la dernière chose dont elle s’était attendue de sa part.
— Vraiment ?
— Vraiment.
Il semblerait qu’il allait rendre visite à son père dans son chalet de Summer Lake, dans les Adirondacks, après tout.
Toutefois il ne les laisserait pas partir sans leur rappeler jusqu’où ils étaient arrivés dans son petit chalet de Montauk. Il la prit dans ses bras et la porta vers la chambre.
— Drake, pose-moi. Tu n’as pas entendu ce que je viens de dire ? Nous devons partir.
Elle secoua la tête.
— Je veux dire, je dois partir. Tu devrais rester ici. Tu devrais m’oublier.
— Nous partirons ensemble, l’informa-t-il, décidant simplement d’ignorer qu’elle insistait pour qu’il l’oublie étant donné que cela était ridicule. Mais la route est longue jusqu’aux Adirondacks et nous nous sentirons mieux si nous pouvons nous laver d’abord.
Il serait encore mieux de reconnecter de la manière la plus élémentaire possible.
Il dépassa le lit et entra dans la salle de bains. Déjà nu lui-même, il ne se donna pas la peine de lui retirer sa chemise en flanelle avant d’entrer dans la douche et de faire couler l’eau. Il voyait bien à quel point elle avait froid, et pas juste parce qu’elle avait été à l’extérieur à peine habillée. Il avait beau ne pas pouvoir complètement la réchauffer pour le moment, entre son corps contre le sien et l’eau chaude, il pouvait essayer.
La retournant pour qu’elle soit dos au mur carrelé de la douche, il la posa par terre et ouvrit brusquement l’avant de sa chemise. Deux boutons cliquetèrent contre le mur et le sol tandis qu’elle poussa un petit cri, sous le choc.
— Maintenant ? Tu veux vraiment faire ça maintenant ?
Il emmêla ses mains dans ses cheveux mouillés et posa sa bouche sur la sienne.
— Toujours.
Ses lèvres étaient trop froides contre les siennes, mais seulement jusqu’à ce qu’elle commence à l’embrasser.
— C’est de la folie, murmura-t-elle tandis qu’il passait ses mains sur ses courbes, de ses épaules à ses hanches, puis le long de son ventre et de sa taille jusqu’à ce qu’il saisisse ses seins.
Elle gémit « folie » à nouveau tandis qu’il jouait avec le bout de ses seins d’abord avec ses doigts, puis avec sa langue.
Il ne pouvait pas la contredire, étant donné qu’il était consumé par elle depuis qu’il avait posé les yeux sur elle pour la première fois. Toute sa vie, il avait tenté de maintenir la folie à distance, pensant que cela l’empêcherait d’avoir le même destin que son père.
Mais Drake n’était plus convaincu que la folie était une mauvaise chose.
Tandis qu’il couvrait son corps de baisers, il se mit à genoux jusqu’à ce qu’il puisse déposer ses baisers sur la chair délicate et incroyablement douce entre ses cuisses. Les poings de Rosa se serrèrent dans ses cheveux tandis qu’elle le laissait déplacer ses jambes afin qu’une d’elles soit posée sur le siège intégré et carrelé.
— Tu me fais perdre le contrôle, dit-elle en baissant les yeux vers lui à travers ses cils longs et mouillés. Tu me fais oublier pourquoi on ne devrait pas faire ça. Pourquoi je ne devrais pas te laisser être avec moi.
— Bien.
Sa réponse, chargée de possessivité, continua de résonner dans la douche tandis qu’il la trouvait à nouveau avec sa langue, son contrôle de lui aussi anéanti que celui de Rosa. Pour le moment, au moins, elle ne luttait plus contre lui, elle n’essayait plus de combattre ce qu’il y avait toujours eu entre eux, tandis qu’elle balançait son bassin contre lui, véritablement la créature la plus sensuelle du monde.
Il lui en fallait davantage. Il avait besoin d’être plus proche. Il avait besoin d’être complètement connecté à elle quand elle se laisserait chuter.
Dieu merci, lorsqu’il se releva, il trouva un autre préservatif sur le rebord de la douche. Il n’était pas sûr qu’il aurait pu s’arrêter sans l’avoir. Pas quand faire l’amour avec Rosa et ne faire plus qu’un avec elle était devenu une nécessité aussi profonde que le fait de respirer.
Quelques secondes plus tard, il avait enfilé le préservatif et il tendait les mains vers les hanches de Rosa pour la soulever afin qu’elle puisse enrouler ses jambes autour de sa taille. D’un mouvement splendide, elle se baissa sur lui, le prenant si profondément qu’il perdit la vue un instant.
Initialement, c’était lui qui l’avait embrassée quand elle était rentrée pour se protéger du froid, mais à présent, elle dévorait sa bouche, mordillant sa mâchoire, suçant son cou. Ils se chevauchèrent fermement et rapidement, mais même au cœur de la folie, il tenait tendrement sa tête et ses hanches contre le carrelage. Il s’assurait toujours de la protéger.
— Drake.
Lorsqu’elle haleta son nom dans sa bouche, il sut qu’elle était proche de la jouissance. Mais il n’était pas suffisant de le faire jouir, de lui donner du plaisir. Pas cette fois. Il devait vérifier que l’aspect physique était complètement entrelacé avec l’aspect émotionnel pour qu’elle ne puisse pas oublier si facilement ce qu’il y avait entre eux.
Il recula pour pouvoir la regarder dans les yeux. Ses joues étaient rouges et ses lèvres avaient été rendues pulpeuses par les baisers de Drake.
— Je.
Il la pénétra fortement et profondément en prononçant ce mot et les paupières de Rosa se fermèrent à moitié sous l’effet du plaisir.
— T’aime.
Il les emmena tous les deux plus loin, sentit les muscles internes de Rosa l’agripper si fort qu’il put à peine tenir tandis qu’elle explosait autour de lui et qu’elle les faisait voler ensemble.
— Vraiment.
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