Si l'amour est un art: La Famille Sullivan, New York, tome 1 (French Edition)
Chapitre Vingt-Trois
Le SUV de Drake avait un grand siège arrière, mais Oscar insista pour s’asseoir sur les genoux de Rosa. Toute la voiture sentait le chien et ses halètements embuaient les fenêtres, mais à chaque kilomètre qu’ils parcouraient, Rosa appréciait un peu plus sa chaleur. En particulier quand il levait régulièrement la tête pour lui lécher la joue comme pour dire : « Tout va bien se passer. Nous sommes là. »
Drake n’avait pas dit grand-chose pendant les six heures qu’ils avaient passées sur la route, ne lui demandant que deux fois si elle avait faim ou soif. Pas parce qu’il ne lui accordait pas d’importance. Au contraire, elle savait désormais exactement à quel point elle comptait pour lui.
Je t’aime.
Trois petits mots qui n’arrêtaient pas de se répéter dans sa tête.
Je suis avec toi, maintenant. Et nous allons gérer le problème des photos ensemble.
Comme toujours, il avait tenu parole. Non seulement il l’avait fait sortir de sa panique en l’emmenant dans la douche et en l’aimant jusqu’à ce qu’elle perde la tête, mais aussi en prenant à peine le temps d’empiler ses toiles à l’arrière de sa voiture avant de régler sa note au motel et de partir en direction de la maison de son père dans les Adirondacks. Et, comme toujours, il savait qu’elle avait besoin de temps pour intégrer les derniers rebondissements de sa semaine scandaleuse. Non seulement le fait qu’il y avait de nouvelles photographies… Mais aussi qu’il l’aimait et qu’il avait clairement l’intention de l’épauler, quoi qu’il arrive. Même si cela signifiait changer sa cachette pour l’emmener dans une autre forêt à six heures de route.
En même temps, ce voyage n’avait pas seulement pour but de trouver un nouveau refuge pour que les paparazzis ne fondent pas sur elle avant qu’elle ne soit prête à leur faire face. Le but était aussi que Drake voie son père.
Il était tellement proche de ses frères et sœurs, de ses cousins. Il n’y avait de fracture qu’avec son père. Une fracture qu’elle aiderait à réparer à tout prix.
Cela semblait révélateur, de manière positive, que le premier endroit sûr où il pensait à aller était la maison de son père. Peu importe ce qu’il se passerait d’autre, et même si sa propre relation avec sa mère continuait à être turbulente, elle faisait vœu de l’aider.
Heureusement, à chaque kilomètre qu’ils parcouraient, elle sentait à nouveau un peu plus de cette force qu’elle avait commencé à construire. La panique avait été son premier instinct à l’extérieur de la cabane quand elle avait entendu parler de nouvelles photographies, cependant avec Drake plus stable que jamais à ses côtés, elle put se souvenir que cette panique n’était pas sa seule option.
Non, elle était prête à ressentir tout un tas d’autres émotions à présent, y compris la fureur parce que le pauvre type qui avait pris les photographies d’elle en avait gardé certaines pour pouvoir obtenir encore plus d’argent avec une deuxième série.
— Je vais le faire tomber.
Drake ne sembla pas surpris que ce soit la première chose qu’elle lui dise depuis plusieurs heures. Il se contenta de sourire et répondit :
— Je sais.
Rosa se pencha pour l’embrasser, puis elle se tourna vers Oscar pour lui donner un baiser aussi.
— Est-ce que tu peux encore me prêter ton téléphone ?
Même si Drake le lui tendit immédiatement, il répliqua :
— Tu n’as pas besoin de voir les nouvelles photos, Rosa.
— Si.
Elle obligea ses mains à arrêter de trembler en ouvrant le navigateur et en tapant son nom dans la barre de recherche.
— Je dois savoir exactement contre quoi je me bats au lieu de continuer à enfouir ma tête dans le sable.
Mais, curieusement, aucun des sites qui avaient publié la première série de photographies n’avait sorti quoi que ce soit de nouveau. En réalité, d’après ce qu’elle pouvait voir, les premières photographies n’étaient plus publiées non plus.
— Qu’est-ce que tu vois ?
Un muscle sauta dans la mâchoire de Drake et ses mains se serrèrent sur le volant tandis qu’il attendait sa réponse.
— Elles ne sont pas là. Je veux dire, il y a un article indiquant qu’il y a de nouvelles photos, mais…
Elle n’arrivait pas à croire ce qu’elle lisait.
— Mais personne ne les publie.
Drake se détourna de la route pour la regarder dans les yeux une fraction de seconde.
— Smith.
Pensant la même chose, elle retourna à la barre de recherche et tapa le nom de Smith Sullivan à côté du sien, puis elle lut à voix haute le premier article qui apparut.
Ce matin, Smith Sullivan a pris une position significative contre les
cyberattaques et l’exploitation des femmes en donnant son opinion
sur le scandale de photographies de nus de Rosalind Bouchard. « Si
cela arrivait à votre sœur, à votre petite amie ou à votre fille, est-ce
que vous publieriez les photos et que vous appelleriez les journaux ?
Non, vous feriez tout ce qui est en votre pouvoir pour les faire
disparaître et pour que la personne qui les a prises et les a vendues
soit condamnée. » Sullivan a clairement déclaré qu’il ne
travaillerait plus avec les organes de presse qui continuent de
diffuser ces photographies.
Rosa cliqua sur un lien en rapport et expliqua à Drake :
— Manifestement, les photos ont été retirées de tous les plus grands sites en moins d’une heure. Personne n’ose le défier, même pour des appâts à clics comme ces photos.
— Ça a toujours été quelqu’un de bien. La célébrité et les Prix de l’académie des arts du cinéma ne l’ont pas du tout changé.
Elle était passée par tellement d’états émotionnels différents ce jour-là. Elle s’était réveillée joyeuse, puis elle était entrée dans une panique profonde et sombre. Et à présent, elle ressentait une gratitude absolue.
Toutefois, alors qu’elle continuait de lire, une certaine panique monta à nouveau.
— Ça dit aussi qu’ils ont essayé de nous joindre, ma famille et moi, pour que nous commentions, mais ils n’ont pas eu de chance jusqu’ici. Cela dit, ils ont entendu une rumeur indiquant que je suis en vacances dans les Hamptons.
Les arbres étaient devenus de plus en plus épais tandis qu’ils traversaient le parc Adirondacks, suffisamment épais à présent pour que le téléphone perde complètement son signal avant qu’elle ne puisse en lire davantage. Soulagée de pouvoir l’éteindre, elle dut lui exposer la dernière chose qu’elle avait lue avant que le téléphone n’arrête de fonctionner.
— Ma connexion avec la famille Sullivan semble aussi être une grande question maintenant. On ne dirait pas que la petite-fille de Mona t’ait nommée dans ses tweets, mais ils n’auront pas à chercher longtemps pour réaliser que tu as une maison dans les Hamptons.
— Bien. Tout le monde devrait savoir que tu es à moi. À nous, corrigea-t-il lorsqu’Oscar lécha la joue de Rosa, faisant silencieusement écho à la déclaration de son maître.
Avant qu’elle ne puisse répondre, il ajouta :
— Nous sommes arrivés.
L’allée menant à la maison de son père était longue, au moins quatre cents mètres, et Rosa resta bouche bée quand ils arrivèrent au bout.
— C’est tellement beau. Elle n’avait jamais vu une eau aussi bleue ou qui semblait aussi pure et apaisante tandis qu’elle éclaboussait le sable doré. Deux canards nageaient près de la berge.
Drake éteignit le moteur, mais resta derrière le volant.
— Oui.
Elle lui prit la main, sentant la tension tambouriner dans ce petit mot et sachant que cette fois, elle provenait de la méfiance qu’il ressentait envers son père.
— Je pense que tu as raison.
— À propos de quoi ? demanda-t-il.
— Est-ce que tu te souviens que tu m’as demandé pourquoi je pensais que tout recommencer à zéro serait difficile ?
Elle fut ravie quand le coin de la bouche de Drake s’étira un peu, même s’il savait de toute évidence qu’elle parlait de lui et de son père.
— Il s’avère que c’est sacrément plus facile de balancer des conseils plutôt que de les appliquer, argumenta-t-il.
Il était si bon de rire. Encore meilleur de l’attirer pour l’embrasser.
— Merci de m’avoir amenée ici, Drake, et d’avoir été aussi fantastique pendant ma crise de panique, ce matin. En réalité, je crois que je devrais te remercier d’avance pour la prochaine. J’ai l’impression que les choses pourraient continuer de se compliquer un moment.
— Je t’aime.
Il l’embrassa à nouveau.
— C’est aussi simple que ça.
* * *
— Ravie de te rencontrer !
Suzanne Sullivan passa ses bras autour de Rosa au moment même où ils franchissent la porte.
La sœur de Drake était belle sur la photographie accrochée dans son chalet, mais la regarder en personne donnait l’impression de fixer le soleil. Les yeux de Suzanne étaient tellement brillants, intelligents et remplis de joie que Rosa tomba rapidement amoureuse d’un deuxième membre de la famille Sullivan. D’un troisième, en réalité, étant donné qu’elle aimait Smith pour les risques pris pour elle.
Drake serra sa sœur dans ses bras avant de demander :
— Est-ce que Papa est là ?
— Il a dû aller s’occuper d’un problème de fondation sur une des propriétés sur lesquelles Jean et lui travaillent.
Drake prit la main de Rosa et l’attira contre lui, la nichant en sécurité sous son bras. Suzanne leur adressa un grand sourire lorsqu’il expliqua :
— Après que Papa a construit cette maison et qu’il a définitivement quitté la ville pour déménager ici, il a commencé à travailler avec deux ouvriers du bâtiment locaux : Jean et son fils, Henry.
Tandis que Rosa prenait quelques moments pour apprécier le style contemporain et pourtant rustique de la maison, elle ne fut pas surprise par la carrière qu’il avait choisie.
— Cette maison est incroyable. Et elle va tellement bien avec le cadre naturel.
Les proportions de la maison étaient grandes, avec des plafonds qui, d’après elle, devaient former une voûte d’au moins cinq mètres et beaucoup d’espace. Assez de place pour héberger facilement quatre enfants. Ce qui, d’après son opinion, signifiait que le père de Drake avait prévu – espéré – que ses enfants y viendraient un jour et s’y sentiraient bienvenus. Qu’il ait réussi à l’exprimer à ses enfants était une tout autre question, mais cela donna plus d’espoir que jamais à Rosa pour Drake.
Suzanne passa une bonne minute à donner un peu d’amour à Oscar avant de se lever et de proposer :
— Il y a du café si l’un d’entre vous en veut.
Le besoin de café de Rosa rugit.
— Tu me sauves la vie.
Tout comme le frère de Suzanne.
Drake tenait encore sa main lorsque Rosa suivit Suzanne dans la cuisine, une cuisine rustique parfaite construite uniquement en pin noueux avec des plans de travail en granite vert où une tasse fumante fut rapidement mise dans sa main libre. Elle se retint à peine de prendre une gorgée trop avide et d’ébouillanter la couche supérieure de sa langue.
— Je vais mettre nos sacs dans la chambre que j’utilise d’habitude.
Il l’embrassa avant de quitter la pièce.
Incapable de supporter que le sujet tabou écrase tout le monde, Rosa décida d’être aussi directe que possible.
— Je sais que tu es probablement très inquiète à l’idée que ton frère soit avec moi.
— Non.
Ces Sullivan n’arrêtaient pas de la terrasser par leur stabilité, leur volonté de fer et leur assurance. Cependant, elle se souvenait d’avoir été sûre d’elle ainsi à une époque. Avant qu’elle ne laisse l’émission la changer. Puis, ces horribles photographies avaient été divulguées et la honte avait pris le dessus sur absolument tout le reste.
En fait, ce fut cette même honte qui la poussa à avouer :
— Tu devrais.
— Pourquoi ? Il est heureux. Je ne me souviens pas l’avoir vu aussi heureux. Autant en tant qu’homme qu’en tant que peintre, à en juger par les peintures qu’il a faites de toi. Et même si je sais que rien de tout cela ne peut être facile pour toi, on dirait qu’il te rend heureux aussi.
— Oui.
Rosa ne pouvait pas cacher ce qu’elle ressentait à la sœur de Drake.
— Je n’ai jamais imaginé que je trouverais quelqu’un comme Drake. Il a été incroyable. Le calme dans la tempête. La lumière dans l’obscurité. Mais…
Elle avait besoin que sa sœur comprenne.
— Cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus un énorme problème à régler. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas dans un beau pétrin. Ce matin, quand j’ai découvert qu’il y avait d’autres photos, j’ai un peu paniqué. Je voulais fuir de nouveau, j’avais besoin d’une meilleure cachette que les Hamptons. Alors, nous voilà.
Suzanne s’approcha et prit la main de Rosa.
— Qui n’aurait pas paniqué ? Qui n’aurait pas voulu fuir et se cacher, au moins un moment ? Drake a eu raison de t’amener ici, de t’amener à la maison.
Rosa fut frappée par la manière dont sa sœur utilisa le mot « maison » et par la façon dont il résonna en elle aussi après seulement quelques minutes.
— Est-ce que tu as vu ça ?
Suzanne prit le journal sur le plan de travail et le tendit à Rosa. Le visage de Smith était imprimé dessus et un coup d’œil rapide confirma que c’était ce qu’elle avait lu sur le téléphone de Drake dans la voiture.
— Je ne pourrai jamais assez remercier Smith pour ça. Il ne me connaît même pas.
La sœur de Drake afficha un grand sourire.
— Nous sommes dans ton équipe, maintenant. En fait, je voulais que tu saches que je pense de plus en plus à ta situation. En particulier au fait que ce n’est pas juste ta situation. Tant de femmes et d’hommes se retrouvent dans la même position : leurs photos sont volées ou prises contre leur gré et finissent sur Internet.
— J’ai fait quelques recherches, annonça Rosa. Ça m’a rendu malade de réaliser à quelle fréquence ce genre de choses arrive.
— Généralement pas à cette échelle, mais oui, ça arrive souvent. Je ne sais pas si Drake te l’a dit, mais la sécurité sur Internet est ma spécialité.
— Il m’en a parlé, oui. Il est ton plus grand fan. Et je comprends pourquoi.
Suzanne lui sourit à nouveau.
— C’est réciproque. J’ai vraiment de la chance d’avoir des frères aussi géniaux. Mais bref, ce que je voulais dire, c’est que je cherchais un nouveau défi et je pense que ça pourrait bien être celui-là. Prenons ta situation, par exemple. Smith a convaincu la majorité des organes de presse de supprimer les photos et de ne plus les publier. Sauf que la plupart des gens n’auront pas Smith de leur côté et il manque encore un logiciel capable de les effacer ou de les bloquer complètement, sinon tu pourrais encore chercher les photos et les trouver plutôt facilement.
Quand Rosa grimaça face à ce rappel, Suzanne reprit :
— Désolée, Rosa, je pensais juste à voix haute. Je ne voulais pas te faire de peine. Parfois, j’en dis plus que ce que je veux. En particulier quand je m’enthousiasme pour quelque chose dans ma tête.
— En réalité, c’est agréable d’être aussi directe à propos de tout ça.
Rosa était surprise de voir que c’était vrai, en particulier avec une autre femme.
— Drake et moi avons parlé des photos, mais il est toujours tellement contrarié.
— C’est parce qu’il t’aime et qu’il déteste voir qu’on te fait du mal.
Rosa ne parvint pas à s’empêcher d’écarquiller les yeux.
— Est-ce qu’il t’a vraiment dit ça ?
Suzanne inclina la tête.
— Bien sûr qu’il ne veut pas qu’on te fasse du mal. Oh, attends, tu veux dire la partie où j’ai dit qu’il t’aimait ?
Elle sourit.
— Je l’ai vu dans ses peintures ; j’ai vu exactement ce qu’il ressentait pour toi.
Rosa était encore bouche bée, la mâchoire probablement ouverte de surprise, quand Drake revint dans la cuisine. Peut-être qu’il vit qu’elle était dépassée de nouveau, car il se dirigea directement vers elle, posa ses mains de chaque côté de son visage et l’embrassa. Ses baisers avaient toujours été infaillibles pour la stabiliser. Et, pensa-t-elle en lui rendant son baiser, pour la faire voler.
— Qu’est-ce qu’il se passe ici ?
Rosa s’écarta de Drake au son d’une voix grave et masculine, son cœur battant la chamade comme si on l’avait surprise en train de faire quelque chose de mal. Mais il n’avait pas l’intention de la laisser trop s’éloigner, maintenant sa main assez fermement dans la sienne pour qu’elle ne puisse pas s’enfuir.
Elle reconnut les deux hommes qui entrèrent comme étant ses frères, Alec et Harrison. Alec était absolument splendide, grand et au torse large, avec une peau bronzée et des cheveux sombres bien coiffés. Il était le genre d’hommes autour duquel les femmes gravitaient en masse. Soigné, de toute évidence riche et très masculin. Elle pouvait facilement imaginer à quel point il pouvait être charismatique quand il le décidait.
Harrison était aussi séduisant que ses frères, tout aussi grand, large et masculin, mais ce n’était pas ce qui la frappa en premier. Plutôt, Rosa fut étonnée par son allure académique. L’impression qu’il était en train de résoudre un puzzle compliqué dans sa tête. Ses lunettes à monture sombre auraient pu donner l’air d’un geek à n’importe qui d’autre, pourtant sur lui, elles semblaient augmenter son quotient de sex-appeal.
Bien entendu, à ses yeux, aucun homme n’arrivait à la cheville de Drake. Cependant, elle n’était pas vraiment objective en ce qui le concernait, pas vrai ?
Elle aurait dû penser qu’il était possible que tout le monde dans cette famille ait été convoqué chez le père pour aller chercher les peintures de leur mère. Mais elle n’avait pensé qu’à fuir pour ne pas être découverte à Montauk et aussi à espérer que Drake ferait la paix avec son père.
Suzanne avait immédiatement été accueillante, mais étant donné qu’elle avait vu les peintures dans le chalet de Drake, elle n’avait pas été prise de cours par leur relation. D’un autre côté, ses frères n’avaient clairement pas entendu un seul mot sur elle. Et, du moins à en juger par l’expression du visage d’Alec, ils n’étaient pas vraiment impressionnés par les choix de leur frère en ce qui concernait les femmes.
— Alec, Harry, je vous présente Rosa.
Elle entendit parfaitement le ton de sa présentation qui leur indiquait qu’ils feraient mieux d’être gentils avec elle. Cependant, il était évident qu’Harry n’avait pas la moindre idée de qui elle était lorsqu’il s’approcha pour lui serrer la main. La seule surprise semblait être que Drake était accompagné d’une femme.
— Ravi de te rencontrer, Rosa.
— Enchantée, Harry.
Pendant tout ce temps, elle sentit les yeux d’Alec rivés sur elle. La jugeant. L’évaluant. Puis décidant qu’elle n’était pas à la hauteur. Pas du tout même. Suzanne avait beau ne pas être inquiète à propos de la nouvelle petite amie de son frère, Alec avait clairement un problème avec elle.
Elle sentit Drake se raidir à côté d’elle et souhaita désespérément pouvoir désamorcer la situation. Malheureusement, comme qu’elle ne pouvait pas changer la personne qu’elle était ni ce qu’elle avait fait, la seule chose qu’elle avait dans son arsenal était un sourire et elle se lança :
— Ravie de te rencontrer, Alec.
Avant qu’il ne puisse répondre, elle se tourna vers Drake.
— Et si j’allais promener Oscar pour que vous puissiez discuter ?
Elle aurait juré qu’Oscar pouvait comprendre ce qu’elle disait, car il trotta immédiatement vers elle avec une laisse dans sa gueule. Elle ignorait où il avait trouvé la laisse, mais elle s’en fichait. Tout ce qu’elle voulait, c’était fuir la tension et laisser les frères arranger les choses. Et si Alec ne voulait vraiment pas qu’elle soit là… Eh bien, elle trouverait une solution. Car il était impossible qu’elle se mette entre Drake et ses frères et sœurs en plus de toutes les autres galères où elle l’avait entraîné.
Elle avait à peine quitté la cuisine quand Drake se plaça derrière elle et posa une main sur la sienne pour la retourner afin qu’elle soit face à lui.
— Ne pars pas. Mon frère est un idiot. Je vais lui dire de s’excuser pour la manière dont il vient d’agir. Il ne te connaît pas encore, mais quand il te connaîtra…
Elle posa un doigt sur ses lèvres.
— Ce n’est pas un idiot. Nous savons tous les deux que ça doit lui faire un choc de me voir ici en t’embrassant. Même sans les photos, ça aurait été bizarre. Et maintenant qu’il m’a probablement vue nue.
Elle réprima un frisson.
— Tout ce que je dis, c’est qu’il n’a rien fait de mal en réagissant comme il l’a fait. Pas quand il est évident qu’il t’aime et qu’il veut te protéger.
Elle s’obligea à sourire.
— C’est exactement ce que j’espérais que tes frères et sœurs feraient.
— Je t’ai amenée ici pour que tu te sentes en sécurité. Ne fuis pas de nouveau, Rosa. Ne me fuis pas.
Ce matin, elle avait paniqué et avait parlé de partir, mais elle savait dans le fond qu’elle n’aurait pas été très loin avant de se jeter à nouveau dans ses bras.
— Ce sera plus facile que vous parliez de la situation avec votre père et des peintures si je ne suis pas là, du moins au début. Et un peu d’air frais et de calme me fera du bien.
Alors qu’il semblait sur le point de répliquer, elle posa ses mains sur sa mâchoire piquante et se mit sur la pointe des pieds pour l’embrasser de nouveau.
— Toutes les bonnes choses que tu me souhaites avec ma mère, je te les souhaite avec ton père. Peut-être que passer un peu de temps à parler avec tes frères et ta sœur t’aidera à mettre un peu plus les choses au clair.
Sur ces mots, elle l’embrassa de nouveau, puis elle sortit avec Oscar dans la forêt fraîche.
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