Taran Le cri de la falaise (French Edition)
Chapitre 9
Juste avant d’entrer en salle de réunion, je reçois un appel du responsable
de la PTS[8].
– Comment vas-tu Harold ?
– Bien Commissaire. Je vous contacte parce que nous avons fait une découverte intéressante sur le bateau de Marcel Varage.
– Dites-moi.
– Sous tout le bordel amassé dans la cabine, nous sommes tombés sur une trappe dissimulant des pains de cocaïne.
– Intéressant. Cela donne un mobile à son meurtre.
– C’est clair ! Nous avons sorti de la cachette cent kilos de drogue. Il y en a pour au moins 6 millions d’euros.
– Merci Harold. Vous avez autre chose ?
– Pas vraiment. Nous avons fait des prélèvements mais nous aurons des difficultés à extraire des traces papillaires dans ce tas d’ordures. Je vous tiens informé.
Je raccroche et annonce à mes collègues :
– La scientifique vient de retrouver 100 kilos de cocaïne au fond du chalutier ! Cela nous fait un sérieux mobile pour les meurtres de Caron et de Varage. Je vous propose de reprendre les faits depuis ce matin. Hugo, tu commences ?
– Oui Commissaire. Ce matin une bande d’adolescents en goguette a alerté la police suite à la découverte d’un homme pendu par les pieds dans un hangar désaffecté sur la plage aux Puces à Saint-Coulomb. La victime est Gaëtan Caron, 49 ans. L’homme a été égorgé et il avait une grosse aiguille plantée entre les yeux. Il n’y avait pas de trace de lutte sur la scène de crime, ce qui laisse à penser qu’il est arrivé sur les lieux de son plein gré. Il est séparé et il a deux enfants. Sa femme l’a quitté en 2019 suite à l’agression sexuelle de sa secrétaire. Il bossait dans une entreprise de transport à Saint Jouan. Il a été fiché au FAED, c’est comme ça qu’on l’a identifié. Depuis, il vit de petits boulots et ne voit que rarement ses enfants. Il a été embauché comme marin, il y a 6 mois par un patron pêcheur, Marcel Varage. Celui-ci a été retrouvé ce matin, tué d’une balle dans la tête. Son meurtrier est à priori un jeune junkie qui était sur le bateau quand nous sommes arrivés. Il nous a tiré dessus et, si je puis me permettre, je dois la vie à Arthur qui m’a sauvé de la noyade…
Nous nous tournons tous vers le jeune stagiaire pour le féliciter.
– Sorens ?
– La scientifique a donc retrouvé une grosse cargaison de cocaïne sur le bateau, ce qui laisse à supposer que les deux hommes auraient été exécutés par des rivaux pour cette raison.
J’approuve de la tête.
– Concernant la vie de Caron, Hugo a déjà pointé l’événement qui a fait basculer sa vie du côté obscur. Apparemment, c’est un gars qui morflait depuis sa séparation. Il était dépressif et pouvait être agressif quand il picolait. Il aurait une copine, nous tentons de l’identifier. A noter qu’il a été adopté vers l’âge de 13 ans par la famille Caron.
– Merci Capitaine. Bon, la piste d’un règlement de compte entre trafiquants de drogue est fort probable. Nous allons interroger le junkie pour en savoir plus. Reste que l’aiguille retrouvée entre les deux yeux de Caron m’intrigue. C’est une signature, c’est certain. Par contre, aucune mise en scène pour Marcel Varage.
– Certainement parce que les assassins ont été pris de court, lance Arthur.
Nous le fixons tous avec intérêt.
– Développe.
– Pour Gaëtan Caron, cela semble prémédité mais par contre pour le patron pêcheur, le meurtrier n’avait pas trop le temps d’une mise en scène. Cela conforte, je pense, la piste des trafiquants de drogue.
– Pourquoi tuer Caron avant Varage ? demande Hugo.
Le jeune stagiaire semble sécher sur cette question.
– Peut-être parce que c’est lui qui a merdé. C’était la cible de trafiquants et Marcel Varage n’est qu’un dommage collatéral, propose Sorens.
– Possible… Hugo, tu mobilises tes indics pour vérifier la piste de la drogue. Tu embarques Arthur. Sorens et moi allons interroger le type de ce matin.
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