Taran Le cri de la falaise (French Edition)
Chapitre 45
Nos recherches ont été efficaces. Adèle a rapidement obtenu l’information sur les frères Owen. Ils sont morts il y a dix ans dans un accident d’avion au Guatemala. Ils étaient en vacances ensemble. Pas de famille, pas d’enfant… Concernant Natacha Charline, on a perdu sa trace depuis 2016. Elle s’était mariée à un certain Laurent Lepers qui est mort d’une crise cardiaque en 2014. C’était un promoteur immobilier très riche. Sa femme a hérité de sa fortune colossale. Elle est partie s’installer sur l’île de Saint-Martin, c’est là qu’elle a disparu des radars. Généralement quand on disparaît comme cela, c’est de manière volontaire.
Reste Charles Loroit. Surprise ! Le fichier des impôts nous indique qu’il habite Saint-Malo dans le quartier de Rothéneuf. Immédiatement, nous contactons Hugo et Arthur, qui sont sortis, pour qu’ils nous rejoignent à son domicile.
La maison se situe à côté de la plage du Lupin, non loin de la plage aux Puces où nous avons retrouvé le corps de Caron. Nous entrons dans un vaste jardin mal entretenu. Les pissenlits sont légion et constellent ce champ d’herbes hautes. Les volets sont fermés, la maison semble inhabitée. Hugo et Arthur n’arrivent pas. Nous décidons d’entrer.
Adèle fait le tour pour chercher une autre issue, je me présente à la porte principale, la main sur la crosse de mon pistolet. Je sonne. Aucun bruit à l’intérieur, rien ne bouge. Je sonne à nouveau. Rien…
Je décide de pénétrer dans la maison sans commission rogatoire. Je m’arrangerai avec la procédure plus tard. Il y a quelque chose qui cloche. Je sors mes instruments pour forcer la serrure. La porte s’ouvre… Je m’empare de mon Sig Sauer et crie :
– POLICE ! Il y a quelqu’un ?
Pas de réponse.
– Monsieur Loroit ?
La poussière recouvre le carrelage de l’entrée. Il n’y a plus personne depuis longtemps dans cette maison. Je pénètre dans le salon. Une bouteille de bière est entamée sur la petite table. Un bol, avec des chips moisies lui tient compagnie depuis des lustres. Je range mon arme dans son holster et me dirige vers la cuisine. J’ouvre la porte fenêtre pour faire entrer Adèle.
– Alors ? me demande-t-elle.
– Rien… La maison est vide depuis longtemps.
– Bizarre… Tu as vu ? La cuisine est restée figée. Il y a encore la vaisselle qui sèche sur l’évier. Et la corbeille à fruits est pleine d’oranges flêtries. La vie s’est arrêtée ici d’un coup.
– Ouais… Je n’aime pas ça. Viens, on va voir les chambres.
Un couloir chargé d’une tapisserie verdoyante mène à l’espace nuit. Nous nous y engageons et immédiatement l’odeur caractéristique de la mort vient nous attaquer les narines… Nous peinons à avancer tellement elle est prenante. D’un coup de pied, j’ouvre la première porte. C’est un débarras. La seconde doit être une chambre d’amis. La dernière est au bout du couloir.
Je pousse la porte entrouverte et découvre l’horreur : un corps pendu en décomposition. Adèle à peine entrée, sort pour vomir. Je bouche le plus possible mon nez en inspectant la chambre. Le cadavre est dans cette position depuis plusieurs semaines, c’est indéniable. S’il s’agit de Charles Loroit, ce n’est pas lui notre coupable. Sur la table de nuit un livre, l’Aiguille creuse de Maurice Leblanc. Le livre est ancien au regard de la couverture cornée et des pages jaunies. Je le feuillette machinalement comme un flic et découvre à l’intérieur une inscription : A Fab, mon ami.
Je sors et contacte la PTS.
Adèle, livide, me demande :
– C’est Loroit ?
– Sans doute… Il faisande depuis pas mal de temps au bout de sa corde. Ce n’est donc pas notre assassin.
– Merde…
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