Taran Le cri de la falaise (French Edition)
Chapitre 20
Nous avons séparé les deux membres du gang. Dans un premier temps, c’est Adèle qui va interroger Ousmane Benzedi et je vais me charger de Léandre Marquet.
J’entre dans la salle d’interrogatoire, le visage fermé et déterminé afin d’impressionner immédiatement le jeune dealer.
– Léandre ! Ce n’est pas un prénom de trafiquant de drogue, ça ?
Le jeune me jette un regard de défiance et me lance :
– Tous racistes dans la police !
Je me lève et lui assène une gifle qui le fait basculer au sol.
– Tu réponds quand je te le permets, petit. Sinon ça va mal se passer.
Léandre Marquet se relève surpris, presque apeuré. Il scrute la glace sans tain comme pour vérifier qu’il y a des témoins et que je n’ai pas le droit de le frapper.
– Vous êtes malade ! Je vais porter plainte !
Je me lève à nouveau en levant la main. Il se couche sur la table pour éviter le coup qui n’arrive pas. Je crie :
– TU DEMANDES LA PERMISSION DE PARLER ! COMPRIS ?
Marquet est terrorisé. Il ne comprend pas qu’un flic puisse se comporter comme ça. Ce n’est pas ce qu’on lui avait dit. Il est déboussolé et c’est mon objectif.
– …
– COMPRIS ?
– Oui, monsieur…
– Bien… Je suis le Commissaire Courteline. Alors, quand tu t’adresses à moi, tu dis « Commissaire ». Ok ?
– Oui Commissaire.
– Bon, j’ai l’impression que tu as bien saisi la situation. Tu sais pourquoi tu es là ?
– ….
– Tu peux répondre.
– J’sais pas.
Je me lève brusquement, le délinquant abdique en baissant la tête.
– Pour la drogue ?
– Oui ! C’est quoi ton rôle dans la bande ?
Etonnamment, Marquet reprend du poil de la bête et s’exclame :
– Je ne suis pas une balance !
Il n’a pas le temps d’éviter la seconde gifle qui le fait à nouveau basculer de sa chaise. Il proteste en criant qu’il veut un avocat. Je le relève en le prenant par le bras et lui susurre à l’oreille :
– Tu t’assois et tu réponds à mes questions sinon je fais en sorte que tu moisisses en taule avec le statut de pointeur. Tu comprends ?
Le petit prend peur. Un pointeur ou violeur d’enfants est une cible en prison. C’est le type qui peut agresser les enfants des détenus, c’est le type qui fait vomir même les plus grands assassins, c’est le type qui meurt rapidement dans l’univers carcéral, s’il n’est pas protégé.
– Mais c’est pas vrai !
– Et alors ? Tu crois quoi ?
– …
– Tu as le choix de me répondre ou de te faire trouer la peau en prison. Tu choisis quoi ?
A ce moment, Adèle frappe et entre dans la salle d’interrogatoire. Elle me chuchote quelque chose à l’oreille comme convenu et je prends un air grave puis je souris. Elle ressort immédiatement après.
– Léandre, je crois que c’est trop tard pour toi. Ousmane s’est mis à table.
– Comment ça ? Vous mentez, j’en suis sûr !
Je me lève, en disant :
– Ta GAV se termine dans 10 heures. Je demanderai ensuite ton incarcération préventive dans l’attente de ton procès.
– Mais je n’ai rien fait ! Vous m’accusez de quoi ?
– Nous avons retrouvé 500 grammes de cocaïne dans ton sac, cela devrait suffire…
– QUOI ? Il n’est pas à moi ce sac, il est à… Putain ! Il me charge, c’est ça ? L’enculé de sa mère !
Je me dirige vers la sortie quand Marquet m’interpelle :
– Commissaire ! Je vais tout vous dire.
– Me dire quoi ?
– Ce que vous voulez…
– D’accord mais pas de salade. Je sais ce que ton pote a avoué.
Le jeune dealer baisse la tête et se met à chialer comme un gosse.
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