Taran Le cri de la falaise (French Edition)

Gwen Le Tallec · Chapitre 36 sur 60

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Taran Le cri de la falaise (French Edition)

Chapitre 35

 

Le soir, Roz Ven…

 

Giulia s’endort paisiblement dans mes bras. Je déambule dans la maison et visite malgré moi cette demeure où règne encore l’esprit de l’auteure libertine. J’explore le grenier et découvre une bibliothèque exclusivement réservée aux romans de Colette. J’en prends un au hasard, La chatte, et lis la quatrième de couverture tout en berçant ma fille. Une histoire d’amour qui se détériore à cause d’une chatte… Etrange… Il faudra que je prenne un peu de temps un jour pour lire, mais ce genre littéraire ne m’attire pas forcément… En fait, je ne sais même pas ce que j’aime comme lecture. Je me rends compte qu’il y a plein de choses que j’aimerais faire mais que je ne prends pas le temps de réaliser. Ma vie de flic me bouffe quasiment tout mon temps. Je ne sais pas ce que je transmettrai à Giulia… Il faudra que j’en parle à Maud.

Je dépose Giulia dans son petit cocon et rejoins Maud dans le salon. Les bûches crépitent dans la cheminée. La douce chaleur nous embrasse, il règne une ambiance tamisée avec ces photophores déposés dans tous les rabicoins de la pièce. Ma compagne me tend un verre de vin en me souriant.

– Tu crois que c’est ça le bonheur ?

– Quoi ? Quand Giulia dort ?

Elle éclate de rire et m’embrasse.

– Non ! Tout ça !

Elle tourne sur elle-même, grisée par le premier verre qu’elle a bu.

– Sans doute… dis-je pensivement.

Maud reconnaît mon air quand je suis soucieux.

– Ça va ?

Je la regarde fixement un instant puis me détends.

– Oui ! Ce vin est excellent !

– Morgon, cru du Beaujolais, 2020. Une petite bouteille dégotée par nos gardes au Carrefour Market de Saint-Coulomb, tu m’en diras des nouvelles !

Je m’assois dans le canapé face au feu de bois en souriant.

– J’aime ton humour, mon amour.

– Et moi j’aime ton…

– STOP !!! Pas de grossièreté, s’il-vous-plaît Madame !

– Mais Commissaire ! J’allais simplement dire : ton CHARME !

– Dans ce cas, vous êtes excusée !

Nous prenons le temps de boire la bouteille de Morgon en profitant de cet instant paisible. Maud m’avoue qu’elle s’ennuie et qu’elle aimerait reprendre le boulot. Elle propose de chercher une nounou qui viendrait à domicile le temps que l’enquête soit résolue. Je ne peux lui dire non. Maud fera ce qu’elle voudra, mais elle souhaite mon assentiment et je le lui donne, même si au fond de moi j’aimerais que nous partions loin d’ici, loin des criminels, sur une île ou dans un pays d’Amérique latine.

C’est Maud qui nous sort de nos pensées.

– Tu me fais une synthèse de l’avancée de l’enquête ?

Je m’exécute en lui confiant les derniers éléments : le travail d’Erwan pour chasser la personne qui s’est servie du Dark net pour nous mettre des bâtons dans les roues, son pseudonyme qui nous renvoie à Arsène Lupin et qui, d’après le détective privé, incriminerait un flic. Il y a aussi la présence de cette femme, brune, la quarantaine qui m’a suivi mais aussi Mathorit. Ce n’est pas une coïncidence et Maud pense la même chose.

– Il y a forcément un lien entre les deux victimes principales, Caron et Mathorit. Elles ont le même âge. Vous avez fouillé ?

– Oui, j’ai demandé à Hugo de poursuivre dans ce sens.

– Je vais chercher aussi, si tu veux bien.

– Ok.

– Théodore Béchoux… C’est bizarre de prendre le nom d’un personnage de Maurice Leblanc. Il y a certainement une raison, outre le fait qu’il puisse s’agir, en effet, d’un flic.

– Oui mais pour l’instant, je ne vois pas.

– Laisse-moi réfléchir… C’est peut-être ça la clé de cette énigme…

Quelques minutes plus tard, Maud s’est assoupie. Je suis sur le point de la rejoindre dans les bras de Morphée quand mon téléphone vibre.

 

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