Taran Le cri de la falaise (French Edition)
Chapitre 15
18 septembre 2023, Dinard.
Les forces d’intervention se tiennent dans un bâtiment désaffecté à un kilomètre de la cible : une grande bâtisse bourgeoise construite au 19ème siècle, située face à la mer. Elle est en travaux depuis plusieurs mois et la bande de trafiquants en a profité pour l’investir illégalement. La municipalité a pensé à une bande de migrants et a laissé faire dans l’attente d’une hypothétique médiation.
Il a fallu une journée pour organiser l’opération destinée à démanteler la bande des Pirates noirs, trafiquants de drogue rennais, installés sur la côte depuis quelques mois. Le Major Adèle Laïka de la Gendarmerie de Dinard
a coordonné les préparatifs avec Sorens. Le RAID[11] a été mobilisé. Une équipe de dix policiers est descendue de la capitale bretonne pour prêter main-forte aux forces locales. La dernière fois que nos collègues sont intervenus, cela n’a pas été une partie de plaisir. Nous avions pris d’assaut l’île des Rimains où se cachait Etienne Jeanval, le chef d’une organisation criminelle internationale qui retenait Maud en otage. Ce jour-là des policiers sont morts. Le capitaine Narka s’en souvient en me saluant. Il pense chaque jour à ses hommes, piégés dans ce tunnel creusé sous la mer, morts en remplissant leur devoir.
– Bonjour Commissaire.
Je lui serre la main un peu plus longtemps que je ne le ferai habituellement, lui souris tristement et enchaîne.
– Capitaine Narka, ma collègue vous a briefé sur la situation. Nous devons appréhender une bande de trafiquants de drogue, suspectée d’avoir assassiné deux hommes, il y a 48 heures. D’après les équipes de surveillance, ils sont une dizaine dans cette maison. A priori, tous les protagonistes sont présents aujourd’hui.
– Oui, le capitaine Sorens nous a donné les éléments. Je vous propose d’investir les lieux par la porte principale et par une autre sur le côté gauche. Elle donne sur une cuisine d’été, au rez-de-chaussée.
– Ils seront certainement lourdement armés, Narka.
– Nous sommes munis de boucliers Ramsès, ceux qui ont servi à la BRI le 13 novembre, lors de l’assaut du Bataclan.
– Mes hommes et ceux de la Gendarmerie seront en soutien. Voilà justement le Major Adèle Laïka que vous connaissez déjà.
Adèle salue le Capitaine.
– Vingt-sept gendarmes vont se déployer autour de la maison pour vous soutenir et sécuriser les lieux.
Le visage de Narka s’empourpre. Je regarde Adèle avec étonnement et je la vois sourire. Ces deux-là se sont trouvés apparemment.
– Merci Major Laïka. Je vous propose de lancer l’intervention dans quinze minutes. Je rejoins mes hommes.
Narka nous quitte à la façon « sortie de champ » de Valérie Pécresse devant les caméras.
– Dis donc Adèle, il te kiffe Narka ?
Elle me regarde, offusquée.
– Tu es fou ! Il est juste sympa. Au fait, félicitations à la maman !
– Merci. Je lui dirai. Maud va d’ailleurs suivre l’assaut en direct avec nous. Elle est connectée sur les caméras du RAID et j’en porterai une également.
– Elle ne décroche pas ! Comment vous l’avez appelé ?
– Qui ?
– Ben, votre bébé !
– Ah ! Giulia. Elle est aussi belle que sa mère.
– Je n’en doute pas !
Sorens, Hugo et Arthur nous rejoignent.
– Sorens, tout est en ordre ?
– Oui. Dès que les collègues du RAID ont sécurisé la zone, nous investissons les lieux et procédons aux arrestations.
– Parfait. Arthur prends-en de la graine. Tu vas assister à une opération coordonnée entre trois services. C’est rare et terriblement efficace.
– Merci Commissaire.
Quelques minutes plus tard, Narka donne l’assaut dans un silence de mort.
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