Taran Le cri de la falaise (French Edition)
Chapitre 58
Novak a demandé des renforts. Deux patrouilles sont en route. En attendant, nous nous sommes positionnés non loin du bunker derrière une butte de terre envahie par les ronces. J’ai enfermé Sharko dans la voiture pour qu’il ne donne pas l’alerte. Je veux l’effet de surprise.
– Vous croyez qu’ils sont là, Commissaire ?
– Probable… Pourquoi seraient-ils venus ici ? Arthur Denieul a sans doute prétexté une piste ou a donné une fausse adresse à Hugo, trop confiant pour une fois.
– Qu’allons-nous faire ?
– On va entrer, Novak. Vous allez me couvrir pendant que je me dirigerai vers le bunker. Une fois que je serai à l’abri, vous me rejoindrez. Novak avale sa salive, prenant conscience du danger.
– Ça va aller Novak ?
D’une voix tremblante, elle me répond par l’affirmative.
– C’est parti !
– Mais Commissaire, on n’attend pas les renforts ?
– Nous n’avons pas le temps et je veux bénéficier de l’effet de surprise.
J’avance vers le bloc de béton, dans les hautes herbes, plié en deux. Derrière moi, Novak, Sig Sauer en main, transpire et souffle comme un taureau. Je n’observe aucun mouvement vers la cible. Je me colle à la façade noircie par le temps et les éléments, et fais signe à Novak de me rejoindre. A mi-parcours, une détonation retentit. Novak disparaît sous la végétation. Muni d’une lampe torche, je m’engage vers l’entrée du bunker et crie :
– POLICE !!!
Arthur Denieul a utilisé une meurtrière pour tirer sur ma collègue. Il ne m’avait pas vu et j’ai l’effet de surprise.
– Bouge pas petit !
Il ne m’écoute pas et disparaît dans une autre pièce en laissant tomber son arme.
J’avance prudemment. L’endroit est sombre et humide, le sol est jonché de gravats et détritus. Une balle de revolver ricoche à cinq centimètres de mon visage. Je reçois des éclats de béton dans les yeux. Instinctivement je porte ma main sur mes yeux et gueule comme une bête blessée. Mais un autre hurlement couvre ma douleur.
– ILS VONT CREVER, COMMISSAIRE !!!
Je ne réfléchis plus et suis mon instinct. J’entre, Sig Sauer en main, repère et éblouis Arthur Denieul, et tire… Il s’écroule dans l’obscurité. Je balaie de ma lampe torche la pièce et découvre mes deux collègues inconscients, ligotés, bâillonnés et drogués.
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