Taran Le cri de la falaise (French Edition)
Chapitre 29
Une heure plus tard…
Maxime Mathorit, nu, est suspendu par les pieds à une sorte de gibet construit pour l’occasion. Un projecteur éclaire la scène comme pour un one man show. Sa paralysie accentue cette sensation de froid qui s’insinue partout dans son corps. Il se balance lentement en tournant sur lui-même. L’effet de l’alcool diminue et il prend peu à peu conscience de l’atrocité de sa situation. Il tente de crier mais aucun son ne sort de sa gorge. Il repense aux derniers instants avant sa paralysie.
Cette sensation de piqure dans son pénis puis cette bascule dans une douce léthargie et plus aucune sensation ni souvenir… Maintenant, il perçoit la douleur au niveau des liens qui lui enserrent les chevilles mais il est impuissant. Des larmes coulent dans le sillon de ses rides puis investissent son front et son crâne chauve. Il ne comprend pas.
Où est la fille ?
Pourquoi ?
Que veut-elle ?
Il la voit arriver avec une table de camping pliable. Elle prend son temps pour l’installer à deux mètres du gibet. Elle y dépose une longue aiguille et un couteau pliable Karanbit. Maxime panique et un son sourd sort de sa gorge. L’effet de la drogue s’estompe peu à peu. Il peut bouger ses doigts mais sa position est désespérée et il n’a aucune chance de pouvoir se détacher seul.
Il espère vainement que c’est une blague et que cette salope est une adepte de sadomasochisme. Si c’est le cas, il lui fera payer cette mise en scène humiliante.
La fille s’approche et lui susurre à l’oreille :
– Si tu cries, je t’égorge comme un porc, Maxime… Tu es prévenu, je ne rigole pas.
Il est terrorisé. Elle n’a pas l’air de rire en effet. Il voudrait comprendre pourquoi elle fait ça, mais il ne l’a jamais vue, il en est sûr. C’est peut-être sa femme qui a organisé cette mascarade pour lui faire peur. Il repense à la soirée, à cette rencontre trop facile, cette femme trop belle pour lui, ses avances qui lui ont fait tourner la tête… Pourquoi ?
Soudain, une autre personne arrive. Un sauveur peut-être ? Maxime bouge, tente de l’appeler pour qu’il le libère. L’homme, habillé tout en noir avec une capuche sur la tête, s’approche et lui assène un coup de poing sur le visage. L’os du nez craque. Maxime hurle de douleur, enfin il le croit, et sent le sang lui couler dans les sinus. Il tousse, s’étouffe et ouvre en grand la bouche pour respirer.
Il souffle par le nez pour expulser le sang qui emprunte au final les mêmes rigoles que ses larmes précédemment.
L’homme à la capuche s’éloigne et entre dans le mobil- home pour rejoindre la fille. Maxime bouge dans tous les sens et tente de se libérer en attrapant ses chevilles pour délier ses liens mais son ventre proéminent l’en empêche. Il n’a plus ses abdos d’antan et il le regrette.
Quelques instants plus tard, les deux ravisseurs sortent enfin. L’homme à la capuche reste en retrait pendant que la fille s’approche de la table de camping.
Maxime implore sa grâce d’une voix faible, mais elle ne l’entend pas. Elle se saisit du couteau et vient lui murmurer quelque chose à l’oreille. Les yeux révulsés, il s’agite, juste avant que la femme ne lui tranche la gorge. Maxime n’arrive plus à respirer.
Son sang chaud lui masque la vue, il étouffe mais cette fois-ci, il n’arrive pas à reprendre son souffle. Il agonise une trentaine de secondes et meurt en se vidant de son sang.
Très calmement, son bourreau dépose le couteau sur la table. Elle se saisit de la grande aiguille d’une douzaine de centimètres, revient vers le corps de Maxime et d’un coup violent, la lui enfonce l’aiguille de moitié entre les yeux.
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