Taran Le cri de la falaise (French Edition)
Chapitre 6
– Dites Commissaire, vous ne pensez pas que nous aurions dû accompagner Hugo à l’hôpital ?
Je le scrute avec intérêt.
– Tu sais petit. Si tu deviens policier, tu dois savoir que la priorité c’est l’enquête. Tu auras des collègues blessés voire morts qui viendront parasiter tes investigations. Un bon flic c’est celui qui ne s’arrête pas tant que le criminel n’est pas derrière les barreaux. Moi, j’ai pour principe de toujours foncer quoiqu’il en coûte. Tu piges ?
– Oui… Je pense comme vous, dit-il pensif.
– C’est bien. Tu dois toujours avoir en ligne de mire ton objectif.
– Bien, Commissaire.
Myriam revient avec les entrées en s’écriant :
– Deux pâtés de tête au vinaigre pour le Commissaire !
Je la remercie et nous sers un verre de Merlot, sans qu’Arthur n’ait eu le temps de décliner.
– Vous venez seul ici ?
– Oui souvent. J’ai besoin de me ressourcer et de réfléchir et c’est le meilleur endroit que j’ai trouvé surtout quand je suis sur une enquête. Il faut également reconnaître que mes collègues n’ont pas la même sympathie pour Myriam. Je regrette qu’ils ne l’apprécient pas à sa juste valeur. Ils préfèrent manger des sandwichs et des kebabs au bureau.
Le jeune policier sourit.
– Pourquoi tu souris ?
– Avec tout le respect que je vous dois, je ne m’imaginais pas le célèbre Commissaire Courteline venir se restaurer ici.
– Tu as tort petit. « Ici » comme tu dis, ce sont les vrais gens : ceux qui triment la journée, qui viennent manger, boire et rire le midi avant de retourner au boulot. Et puis, tu sais ? C’est dans cet endroit que j’ai souvent eu le déclic pour résoudre une enquête.
Nous dégustons le pâté de tête sans dire un mot, baignés dans le brouhaha de la salle. Je reçois un texto d’Hugo qui me dit que tout va bien et qu’il rentre au commissariat.
Myriam nous dépose un plat de frites maison et le bœuf sans carotte. Soudain, je surprends Arthur regarder d’un drôle d’air le fond de la salle.
– Tu as repéré quelque chose ?
Surpris et gêné que je me sois aperçu de son attitude furtive, il plonge la tête dans son assiette.
Au moment de payer, machinalement je balaie la salle du regard et ne vois que des gens qui mangent et boivent en parlant fort, rien de particulier.
Une fois monté dans ma DS, Arthur, d’un air malicieux, me dit :
– Il y avait une fille super belle dans le restaurant.
Il me fait penser à moi à son âge…
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