Taran Le cri de la falaise (French Edition)

Gwen Le Tallec · Chapitre 14 sur 60

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Taran Le cri de la falaise (French Edition)

Chapitre 13

 

En approchant de la porte d’entrée, je perçois des coups de feu. Mon expérience me dit qu’il y a quelqu’un à l’intérieur qui n’est pas un méchant et qui a décidé de défendre le centre hospitalier. Nous serons donc deux maintenant. Je pénètre dans le hall, il est désert. Un fauteuil roulant est abandonné au milieu de l’accueil et des papiers jonchent le sol. Je m’avance. Une nouvelle rafale suivie de trois détonations de pistolet. Depuis les attentats de 2015, les plus grands centres hospitaliers sont dotés d’au moins un agent de sécurité armé. Je me rappelle que celui de Saint-Malo avait reçu, non sans l’intervention musclée du Maire de l’époque auprès du ministère de l’intérieur, le financement pour cette protection. C’est une entreprise privée qui assure le service.

J’ai fait une vingtaine de pas en direction des ascenseurs quand je distingue une mare de sang provenant des box de l’accueil. Je blêmis, il y a des victimes. Très prudemment, je m’approche et d’un geste vif, arme pointée devant moi, je contourne le bureau. Un homme et une femme entremêlés sont étendus au sol, morts. L’homme est un agent de sécurité. Il tient encore son arme dans la main. Il a sûrement voulu protéger la jeune femme, mais apparemment les tueurs n’ont eu aucune pitié. Evitant les ascenseurs, je prends les escaliers. Les tirs proviennent de l’étage supérieur. La maternité est située au sud, dans un bâtiment accolé au bâtiment central. Si les tueurs doivent s’en prendre à ma famille, je dois dire merci à ce héros anonyme qui les a retardés dans leur progression. Je monte silencieusement les marches, la sueur me coule dans le dos. Je pousse très doucement la porte donnant sur l’étage. Il s’agit du service de cardiologie. Soudain, un homme traverse mon champ de vision sans qu’il ne m’aperçoive. Il est armé d’une kalachnikov, arme redoutable. Il prononce quelque chose dans une langue slave, russe, il me semble. Un autre assaillant passe, également lourdement armé. Ils semblent traquer quelqu’un. Je grave leur visage dans ma mémoire.

Je tente une sortie. Dans le couloir, plusieurs portes. Dans une chambre, j’aperçois une vieille dame clouée sur son lit. Je la rassure immédiatement en lui faisant signe, un doigt sur la bouche, de ne pas faire de bruit. De la tête, elle m’indique la direction des combattants. Je lui souris et lui fais un signe de remerciement. Je me cache dans un local ménage. Les hommes armés sont à une vingtaine de mètres. Soudain, un infirmier tente de s’enfuir d’une chambre toute proche, il instantanément fauché par une rafale. L’homme s’écroule et glisse sur le sol. Il s’arrête juste à l’entrée de ma cachette. L’homme d’une vingtaine d’années me fixe de ses yeux morts… A priori, il y a deux assaillants armés de kalachnikov. Mon « copain » les empêche d’avancer plus loin et c’est une bonne chose. Il faut qu’il sache que je suis là également. On entend le hurlement des sirènes de police au dehors. Les renforts ne vont pas tarder.

Soudain, les deux russes tentent une percée en tirant simultanément vers le défenseur, poussant des cris terribles. Ces deux-là sont certainement des professionnels de la guerre. J’en profite pour sortir de mon trou et les suivre. Il semble qu’ils aient réussi à passer, je n’entends plus de réplique de mon collègue. Je cours à leur trousse en essayant de faire le moins de bruit possible. Ils franchissent la porte de la maternité, je n’ai plus le choix, il faut que j’intervienne.

Soudain, trop occupé à surveiller les deux mercenaires, je glisse sur une flaque de sang. Je m’affale lourdement par terre. L’un des hommes entend le bruit métallique de mon arme percutant le sol. Il hurle quelque chose dans sa langue natale qui n’augure rien de bon pour moi. Je veux me relever quand je la vois étendue… Sa chevelure rousse masque son visage. J’ai un mauvais pressentiment quand j’aperçois son prénom inscrit sur son badge… c’est bien Maud !! Merde… pas elle !!

Je récupère mon arme maculée de sang et, comme un robot, tire au hasard jusqu’à vider mon chargeur.

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