Taran Le cri de la falaise (French Edition)

Gwen Le Tallec · Chapitre 31 sur 60

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Taran Le cri de la falaise (French Edition)

Chapitre 30

 

21 septembre, 8h.

 

La PTS[20] a investi les lieux depuis près d’une heure déjà. La scène de crime a été protégée, cernée par la rubalise de la police. J’ai été prévenu vers 7h30 par Hugo qui était d’astreinte cette nuit. Deux randonneurs adeptes des virées la nuit, avaient l’habitude de s’arrêter dans ce coin perdu. En arrivant, ils ont découvert le corps. Un meurtre sanglant a priori. J’ai laissé Maud et Giulia en sécurité à la maison de Colette et embarqué Sharko qui aime bien les sorties matinales.

La pointe du Brach’March est dans la direction de Cancale. Le ciel est bleu et le soleil se lève tranquillement, annonçant une journée magnifique. Quand j’arrive, Hugo et Arthur sont déjà sur place. Mon collègue a pris des photos qui complèteront celles de la PTS. Adèle doit nous rejoindre.

Je me stationne sur le petit parking aménagé et laisse divaguer mon chien qui s’engage directement vers l’endroit du crime. Hugo vient à ma rencontre en m’apercevant.

– C’est pas beau à voir, Commissaire. En tout cas, c’est certain, c’est le même mode opératoire que notre première victime. On a à faire à un tueur en série.

– Ou des tueurs… Le corps n’a pas encore été déplacé ?

– Non, la PTS s’apprêtait à le faire mais je leur ai demandé de vous attendre. Le gars s’est vidé de son sang.

Je découvre la scène macabre. Le type, pendu par les pieds, a été égorgé, il est exsangue. La plaie de sa gorge forme comme une seconde bouche qui semble sourire. Il a la même aiguille de matelas plantée entre les yeux. La signature est évidente.

– On a l’identité de la victime ?

– Pas encore… Nous n’avons pas retrouvé ses vêtements, ni ses papiers. Il s’agit d’un homme blanc entre quarante et cinquante ans.

– Tu as remarqué une trace de piqûre ?

– J’ai regardé attentivement dans le cou mais avec le sang séché, c’est compliqué. Narco pourra nous en dire plus.

– A qui appartient cette bicoque ?

Hugo regarde Arthur et lui demande de poursuivre en souriant.

– Commissaire, le propriétaire est Armand Pariès. Il habite à Rennes et vient occasionnellement ici pour se ressourcer. En ce moment, il est en déplacement à Paris. Il a été contacté tôt ce matin et se met à notre disposition si nécessaire.

– L’endroit a probablement été utilisé sans son consentement.

– Oui Commissaire. Monsieur Pariès est un négociant en vin, marié, deux enfants et sans histoire.

– Vous le convoquerez dès son retour pour qu’il fasse une déposition. On a déjà vu des maris sans histoire devenir des monstres, la nuit.

– Bien Commissaire.

– Tu peux éviter de m’appeler Commissaire à tout bout de champ, tu sais ?

– Bien Com… Bien.

– Je veux tout savoir sur ce type et s’il connaissait Gaëtan Caron. Les choses évoluent. Nous avons deux meurtres identiques. Il y a donc un ou des tueurs en série. Il faut trouver le mobile si on veut les arrêter. Au boulot, messieurs !

Adèle arrive à cet instant. En voyant le corps manipulé pour être conduit à la morgue, elle a un mouvement de dégoût et met la main devant sa bouche.

– Même mode opératoire, Adèle. Nous avons officiellement un ou des tueurs en série dans la région.

– Qui n’hésitent pas à s’attaquer à des flics pour ne pas être gênés. C’est du lourd, Taran.

– Oui… Et pour l’instant, on n’a rien… On se fait balader !

Sharko, qui avait disparu revient renifler autour du sac mortuaire. Un des agents de la PTS lui donne un coup de pied au cul. Je m’insurge :

– Hey !!! C’est un chien policier !

L’homme me reconnaissant, blêmit :

– Excusez-moi Commissaire. Je croyais que c’était un chien errant.

Je fais un geste lui signifiant que ce n’est pas grave et reviens à notre conversation.

– Tu peux mettre des contrôles sur les axes routiers ? On ne sait jamais…

– Oui, j’y ai pensé et mes équipes font déjà le job. En tout cas, ceux qui ont fait ça connaissent bien la région.

– Pourquoi ?

– La première victime a été retrouvée sur la plage aux Puces, connue essentiellement par les locaux ; La seconde aujourd’hui, découverte par des randonneurs de la région, dans un coin discret, en marge du GR 34, qui n’est pas non plus très fréquenté par les touristes de passage.

– Oui, tu as raison. On peut imaginer que le tueur est originaire d’ici.

– Oui… C’est une information importante. Si cette victime habite dans la région, cela veut dire que le meurtrier a un point commun avec elle : collègues, amis, ennemis, voisins, anciens camarades de classe… Si on trouve le point commun avec Caron et l’inconnu d’aujourd’hui, on trouve l’assassin.

– Impressionnante déduction Adèle.

– J’ai été à bonne école ! dit-elle en souriant.

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