Taran Le cri de la falaise (French Edition)
Chapitre 44
Maud a retrouvé l’ensemble des enfants de l’époque. Huit gosses que le destin a scellés. Deux sont morts. Nous avons identifié celui passionné par les romans d’Arsène Lupin. Pour cela il a fallu que je récupère le roman dans la bibliothèque. A l’intérieur de la couverture, il y avait les initiales : C. L pour Charles Loroit. Ce nom est venu grossir la liste des autres et il devient le suspect numéro 1.
Nous avons rejoint Hugo, Arthur et Adèle au commissariat. C’est l’heure du débrief. C’est Maud qui commence. Elle inscrit sur un tableau blanc les noms des protagonistes au fur et à mesure de sa démonstration.
– La bande de grands : Gaëtan Caron, Maxime Mathorit, Damien Jacquet et Jean Jacques Gaudrier. Les deux premiers sont morts, assassinés avec le même mode opératoire : pendus par les pieds, nus, égorgés avec une aiguille de matelas entre les yeux. La seconde, la bande des petits : ils se faisaient appeler Les rapaces. Cette bande était constituée de Fabrice Bernot dit « Fab », des frères Owen, James et Marlow, de la seule fille de la bande, Natacha Charline, et pour finir de Charles Loroit. Celui-ci était un fan de Maurice Leblanc et notamment de son personnage, Arsène Lupin. Le gamin est parti en laissant le roman qu’il lisait, l’Aiguille creuse.
Adèle intervient :
– L’Aiguille creuse ! Comme l’aiguille plantée dans le front des victimes ?
– Exactement Adèle ! s’exclame Maud.
– Il y aurait donc eu un événement à cette époque qui déclencherait aujourd’hui cette barbarie ?
– On peut l’imaginer, ponctue-je.
Hugo prend la main à son tour :
– Ce qui expliquerait également le pseudo de Théodore Béchoux utilisé sur le Darknet pour recruter des tueurs !
– Oui Hugo. Le mobile de ces meurtres prend sa source en 1988.
– 1988, Commissaire ? demande Arthur.
– En 1988, un jeune garçon de 10 ans a disparu. Il appartenait à la bande des rapaces et s’appelait Fabrice Bernot. La police a conclu à une fugue mais le jardinier qui était déjà employé du foyer à l’époque, a entendu parler les enfants. Il semblerait qu’il soit tombé de la falaise, poussé peut-être par d’autres enfants.
– Il aurait été poussé par la bande de Caron et Mathorit. Il y aurait eu un ou des témoins, et la bande des rapaces vengerait leur ami disparu, déduit Adèle.
– Oui, c’est certainement ça, mais pourquoi se venger trente ans plus tard ? C’est incompréhensible ! s’exclame Hugo.
– Il y a sûrement une raison et nous allons chercher… Notre priorité est de retrouver les membres des deux bandes qui sont encore vivants. Je veux tout savoir sur eux. Hugo et Arthur vous cherchez les deux restants de la bande de Caron. Adèle et moi, on s’occupe de la bande des rapaces. Je veux des résultats rapidement car nous avons potentiellement encore deux cibles : Damien Jacquet et Jean Jacques Gaudrier. On refait un point ce soir.
Les collègues quittent la salle de réunion pour se mettre au boulot. Je me retourne vers Maud, je sens de la colère en elle.
– Ça va ?
– Et moi ? dit-elle froidement.
– Quoi toi ?
– Je fais QUOI MOI ! s’exclame-t-elle.
Je me sens comme un con. Je devrais répondre « Mais mon amour, il faut que tu te reposes et que tu t’occupes de Giulia » et puis je me dis que si je lui rétorque ça, je vais me prendre une table en pleine face ! Alors j’hésite, je tergiverse, je panique.
– Je ne veux pas que tu t’exposes. Tu repars à Roz ven. Tu feras un point avec Erwan et tu fouilles dans les fichiers de la police et de la Gendarmerie. Je veux savoir si certains sont connus de nos services.
Je sens Maud s’apaiser.
– Tu me mets dans l’enquête, hein ?
– Oui mon amour…
– Je t’aime !
Elle m’embrasse, claque la porte de la salle en criant « HOURRA !!!!! ».
Je suis faible… Un signe de vieillesse ? J’allume une cigarette en regardant l’affiche : « interdit de fumer dans ces locaux » et je marmonne :
– Je t’emmerde…
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