Terre-Dragon (Tome 1) - Le souffle des pierres

Erik L'Homme · Chapitre 51 sur 66

Pages du PDF

Terre-Dragon (Tome 1) - Le souffle des pierres

Chapitre 49

49

 

– Des Naatfarirs ! s’exclama Ægir. Leur chef… c’est l’homme qui me retenait prisonnier dans l’enclos. Il s’appelle Ishkar. Je pensais qu’il avait renoncé à me poursuivre.

Il accueillait l’arrivée de ses tourmenteurs avec un calme qui le surprit lui-même.

– Ils veulent le Dakan qui est en toi, dit Gaan. Pour lui, un Naatfarir irait jusqu’aux frontières du royaume et même au-delà.

– Mais comment m’ont-ils retrouvé ?

– Je ne sais pas, marmonna le vieil homme. Et je ne comprends pas pourquoi ils attaquent les gens du Crâne.

Doom tira sur la manche du sorcier gris.

– On se moque des Naatfarirs ! Ces choses, là… c’est quoi ?

– Des Qamdars, répondit Gaan. Des démons. Je les devine, je perçois leur énergie mauvaise. Ceux-là sont liés à la terre. Ils étaient assoupis sous les tumulus que vous avez vus dans les bois. L’odeur du sang les a réveillés.

– Ils sont des dizaines, dit Ægir, moins effrayé qu’il n’aurait dû l’être.

– Comment tue-t-on ces monstres ? demanda Doom.

– à l’aide de la magie. Observe les guerriers naatfarirs et kaafris : ils doivent avoir des thun-lawz sur leur équipement.

– Oui, confirma le garçon. Ils brillent.

– Ça veut dire que les signes ont senti la menace. Mais tous ne seront pas assez puissants pour arrêter les démons. Est-ce que certains guerriers sortent de l’ordinaire ?

– Il y a un gros homme dont les armes brillent plus que les autres : un bouclier et une masse d’armes. Il est avec les Naatfarirs, mais il ne leur ressemble pas.

– Un sorcier noir. Quoi d’autre ?

– À côté de lui, poursuivit Doom en se forçant au calme, un guerrier brandit un sabre très lumineux lui aussi.

– C’est lui, c’est Ishkar, le chef naatfarir, intervint Ægir d’une voix sourde.

– Le sorcier et le guerrier devraient s’en tirer, commenta laconiquement Gaan.

– Les Qamdars n’osent pas s’approcher du feu, ajouta encore Doom qui oubliait sa peur à mesure qu’il parlait. Les prêtres ont un bâton qui répand une sorte de fumée.

– C’est une magie que je ne connais pas, dit le vieillard. Elle vient sûrement d’au-delà du royaume. Elle semble néanmoins efficace.

– Ah ! Il y a un autre homme à côté du sorcier noir et du chef naatfarir. Il porte un collier autour du cou. Ce collier est encore plus brillant que la masse d’armes du gros…

– Un Dakan ! s’exclama Ægir, le regard brillant, en essayant de mieux voir à travers les racines. Je le sens !

– Tu as raison, confirma Gaan. Lui aussi s’en sortira. Du moins, s’il affronte les démons sous sa forme de Dakan. Autrement, c’est un homme comme les autres, ou presque.

Ægir le dévorait du regard. C’était la première fois qu’il voyait un de ses semblables. Son intérêt dépassait de loin la simple curiosité. Il ressentait au plus profond de lui la proximité du Dakan. Et cette fois, ce n’était pas sous l’effet d’une association de thun-lawz. D’ailleurs, le Dakan s’agita lui aussi, reniflant alentour. Les Naatfarirs ne le remarquèrent pas, ou alors ils mirent son agitation sur le compte des Qamdars.

Gaan posa sa main sur le bras du garçon, l’incitant gentiment à se calmer.

Alors un cri résonna dans la clairière.

Les événements se précipitèrent.

OceanofPDF.com