Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

active 16th century Louis Meigret · Chapitre 18 sur 87

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Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

o ouvert

Nous usons aussi de l'i consonante, & de mesme figure que la voyelle: toutesfois qui vouldroit rendre nostre escriture perfecte, il la faudroit aucunement diversifier, & la tenir quelque peu plus longue.

 

o ouvert

Venons maintenant à l'o, lequel je treuve en la langue Françoise estre quelquesfois prononcé ouvert, comme en cor, corps, corne, mort, & autrefois clos, comme en tonner, foller, non, nom: dont es aucuns nous adjoustons ung u, comme en amour, pouvoir, nous:

 

Noz. Nous

lequel aussi nous escrivons sans u, comme quant nous disons, noz peres nous ont faict de grans biens. Et toutesfois autant y a il de difference en leur prononciation qu'il y a entre deux gottes d'eau. Parquoy je dy que veu que nous avons des vocables, ou le simple o faict autant en l'escriture que la diphthongue ou, que nous deussions corriger ceste façon d'escrire. Car il n'est point de mention de la voyelle u, en toute la langue Françoise faisant diphthongue avecq' l'o; attendu qu'il faudroit par necessité que nous l'oyssions en la prononciation, tout ainsi que nous l'oyons en la diphthongue eu, & qu'il feit une telle resonance en une syllabe qu'il fait en ce mot cohue, hors qu'il est prononcé par division.

 

Amor.

J'entens bien qu'on me dira que si nous escrivons amor qu'on prononcera cest o, tout ainsi qu'on fait en cor, mort, corps. Mais aussi diray je qu'on le pourra aussi bien prononcer clos comme on fait en tondre, noz, hoste, compaignon, & en assez d'autres: esquelz certainement la prononciation est toute telle qu'en amour, pour, courir, pouvoir.