Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

active 16th century Louis Meigret · Chapitre 48 sur 87

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Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

i, ll. Ville, village, villageois.

Pourquoy aussi nous doit estre plus estrange d'apprendre qu'une l avec ung point, ou ainsi que tu voudras sonne mollement, que l'assemblée d'ung i avecq deux ll, attendu que quelquefois nous ne les prononçons pas ainsi en tous vocables: comme en ville, village, villageois? Pour à quoy satisfaire la response sera foible que l'i, en ceux là est conjoinct à la precedente syllabe, & non pas aux ll, parquoy les ll sonnent leur naturelle voix:

 

Tillac, billard.

car on pourra aussi repliquer de tillac, Billard, ciller, & d'autres semblables es quelz combien qu'i soit conjoint à la syllabe precedente, les deux ll ne laissent pas d'estre prononcées mollement. Vous povez doncq bien voir la grande incertitude, & confusion de telle maniere d'escrire.

 

Abus de n. Ayment donnent.

Mais quant à n, je treuve que tout ainsi que nous en abusons comme je vous ay dict, es tierces personnes du plurier des preteritz imperfectz de l'indicatif, quant j'ay parlé des diphthongues oe, & oé, qu'aussi fesons nous es mesmes personnes du present, comme en ayment, donnent, frapent, es quelz nous ne prononcons sinon aymet, frapet, donnet.

 

Aymet pour ayment.