Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

active 16th century Louis Meigret · Chapitre 23 sur 87

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Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

Aimatto

Mais quelle dificulté y a il plus grande à prononcer ai, & oi, en aimatto, aideo, oine typoien, qu'en ces autres françois, aimant, aydant, oindre, & moien: es quelz nous oyons resoner legierement les deux voyelles?

 

Deux abus en diphthongue, en l'escriture

françoise.

Or je treuve qu'en nostre escriture nous en abusons en deux sortes, l'une, en ce que nous escrivons diphthongue au lieu d'une simple voyelle, & l'autre en escrivant une diphthongue pour autre.

 

Ai.

Voyons premierement doncques celles qui commencent par a, & considerons si ai, se treuve tousjours raysonnablement escrit, de sorte que les deux voyelles soient en la prononciation comme nous les voyons en aymant, aydant, hair.

 

Mais. Maistre. e.

Il n'ya point de doubte qu'en mais, maistre, aise, vous ny trouverez aucunes nouvelles de la diphthongue ay, mais tant seulement d'ung e que j'appelle é ouvert, comme ja j'ay dict. Parquoy telle maniere d'escriture est vicieuse en ceux là, & en tous autres semblables, es quelz la prononciation est autre que d'ai: comme vous pourrez cognoistre si vous les paragonez à aydant, aymant, es quelz elle est veritablement prononcée.