Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

active 16th century Louis Meigret · Chapitre 29 sur 87

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Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

Des Consonnantes.

 

Chapitre IIII.

Les Grecz homes ingenieux & recherchans les choses selon la rayson naturelle, ont formé leurs conjugaisons des verbes, suyvans aucunes consonantes: qu'ilz appellent characteristiques, & qui avoient le plus d'affinité, & consonance ensemble.

 

B. u consonante f, ph, pt.

Et pourtant ont ilz mis en la premiere celles qui avoient en la derniere syllabe devant ω, b, ou π, ou φ, ou [pi]τ, qui vallent autant en nostre langue que b, ou u consonante, ou f, p, ph, pt: les quelles b, & p, sont formées d'une clousture de levres forcée de s'ouvrir par le vent de l'home, qui est quelque moindre au b, qu'au p. Et les autres le sont par une compression qui se fait de la levre d'embas aux dens de dessus: & est le mouvement moindre en u consonante, qu'en f, & ph, les quelz j'estime en nostre langue n'estre en rien differans de puissance:

 

F, ph de mesme puissance en la langue

françoise.

car autant sone f, en filer que ph, en Philipe. Or je treuve qu'en nostre façon d'escrire nous abusons souvent par superfluité du p, & f, de sorte qu'elle donne occasion de faire une lecture rude, & brusque: