Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

active 16th century Louis Meigret · Chapitre 44 sur 87

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Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

z, final.

Combien que veritablement le z n'est point letre nayvement finale en la langue Françoise: d'autant qu'elle requiert je ne sçay quel siflement avecq' fredon.

 

Persuazio pour persuasio.

Nous escrirons doncq' ung z au lieu de s, entre deux voyelles, comme en dizons, fezons, plezançe: veu que nous le gardons en la prononciation, sans avoir egard à celle des Latins, & Grecz qui prononcent s, ainsi assise en z, comme persuazio pour persuasio, pertezus pour pertesus, Baziliscos pour Basiliscos, paralyzis, pour paralisis: esquelz s deut sonner tout ainsi qu'en insido, Consul, Asymbolos, Asynthetos: attendu qu'ilz y prononcent s, tout ainsi que nous la proferons en salut, savoir, Symon.

 

s superflue.

Or quant à la superfluité de s, je vous ay ja souvent dict comme sans propos nous l'escrivons sans servir de rien en l'escriture, sinon d'occasion de faulse lecture. Brief elle ne doit estre escrite, que de tant quelle est prononcée. Je croy bien aussi qu'anciennement on la prononçoit en beaucoup de vocables: comme en honeste honnesteté. Mais depuis l'usage de parler a esté autre: parquoy il fault que l'escriture soit autre. Il est vray qu'il fault noter les voyelles longues pour le mieux, les quelles bien souvent ont contraint plusieurs d'user de s, pour les monstrer de longue prononciation: combien qu'il vaudroit mieux user plustost d'une voyelle simple, que d'abuser d'une letre, & de sa puissance. Car on ne treuve point que les letres ayent esté inventées pour ne servir quelquefois que de note de quantité, & autrefois representer la voix. Et me semble que ceux qui s'opiniatrent en telles opinions, n'ayment que confusion d'escriture, & occasion de vicieuse lecture. Passons oultre & venons aux consonantes, qui comme gens r'assemblez de divers pays, & quasi comme orphelines, n'ont entre elles, ny avecq autres, aucune affinité.