Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

active 16th century Louis Meigret · Chapitre 39 sur 87

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Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

N molle

Or pour autant que n, en nostre langue sonne quelquefois mollement, & que noz anciens sont tombez en mauvaise prononciation du g devant n, es vocables Latins: ilz ont par mesme rayson faicte mauvaise escriture Françoise.

 

n.

Parquoy en prononçant mal agnus, qui veult estre prononcé quasi comme annus, sinon que ceste premiere n, doit tenir du g (Autrement ne le vous sauroye je declairer) ilz ont extraict une prononciation Françoise tout autre en Aigniau: & l'ont escrit tout ainsi presque que les Latins, au lieu que la langue Françoise ne requeroit qu'une prononciation molle de n, laquelle il suffisoit diversifier aucunement, comme d'ung poinct crochu mis au dessus n.

 

Cognoistre.

D'avantage il y peut eschoir desordre, attendu que nous escrivons quelquefois ce g devant n, & là ou elle ne sonne point ainsi mollement comme en cognoistre, cognoissance: mais aussi pourroit on respondre, & avecq' rayson que le g n'y sert de rien, & qu'il n'y est non plus necessere qu'en Conoille, Connestable: & s'il y a renfort de prononciation de n, il la faudroit escrire, & non pas ung g.

 

Vng. Chacung. Besoing.