Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

active 16th century Louis Meigret · Chapitre 43 sur 87

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Traité touchant le commun usage de l'escriture françoise

Regle du d & t.

Notez aussi, que tous noms terminez en d, ou t, les tornent au plurier en s, ou z, comme renard, hazard, dent, content, qui font renars, hazars, dens, contens.

 

s, z.

Il reste encores une race de letres dont les Grecz ont faict leur quarte conjugaison qui sont s, z: desquelles celle qui nous est la plus familiere en nostre langue, est la moins en usage en l'escriture. Car au lieu du z que nous prononçons souvent, nous escrivons une s, mesmement entre deux voyelles, comme en disons, faisons, & ainsi de tous les autres.

 

z final.

Au contraire aussi comme quasi pour recompense, nous escrivons un z, final, là ou souffiroit un s. Il est vray que ce n'est pas ung vice fort notable: car il semble que s, finale sonne en z, quant le vocable ensuyvant commence par voyelle, comme les amours, les avanturiers. Or quant à cela je n'y m'y arreste pas beaucop, attendu que la lecture n'en sauroit estre notablement vicieuse. Mais quant à la difference qu'on met en avant touchant le é, masculin des noms pluriers, & des secondes personnes du plurier des verbes, de sorte qu'on veut dire, que voluptez, dignitez, & autres semblables requierent une s: & allez, venez, tyrez, ung z, il me semble que soubz la reverence de ceux qui le mettent en avant, le z, n'a point plus de puissance que l's, d'estre mis es verbes qu'es noms. Et me semble qu'aymés, est aussi bien escrit par s, que dignités, & si z est plus aggreable, aussi bonne est l'escriture de dignitez par z, que celle d'aymez.